La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ghinzani le 01 Nov 2018, 19:49

sheon a écrit:J'ai lu que c'était un remake d'un film espagnol, lui-même un remake d'un film italien :lol:

Et bien, ne va pas le voir. Problème réglé.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Stéphane le 01 Nov 2018, 19:50

Ghinzani a écrit:Le jeu. Film à la fois " frais" , sympa, plein de réalité de notre monde branché et une touche de sensibilité bien dosée.
Quand le jardin secret du virtuel est mis au grand jour...


Ca m'a fait rire, mon boss est allé le voir. Je lui ai posé plein de questions sur ce qu'il se passait dans le film (histoire de voir si j'allais pouvoir être un minimum surpris, vu le thème), j'ai assez facilement mis dans le mille.

Bref, je suis pas du tout motivé pour aller le voir. :lol:
Ouais_supère a écrit:Stef, t'es chiant
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Cortese le 01 Nov 2018, 19:50

Shoemaker a écrit:(il est franchement ridicule, le Gritche de l'illustration que tu as posté ! C'est clair que tel quel, il ne ferait pas un quart de pli, face à Dark Vador ! :lol: )

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Messagede sheon le 01 Nov 2018, 19:51

Ghinzani a écrit:
sheon a écrit:J'ai lu que c'était un remake d'un film espagnol, lui-même un remake d'un film italien :lol:

Et bien, ne va pas le voir. Problème réglé.

:??:
Je ne vois pas le rapport avec mon message. Je n'ai pas le droit de rire de ce besoin de faire des remakes au lieu de distribuer le film d'origine ?
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Messagede Cortese le 01 Nov 2018, 19:51

Shoemaker a écrit:(il est franchement ridicule, le Gritche de l'illustration que tu as posté ! C'est clair que tel quel, il ne ferait pas un quart de pli, face à Dark Vador ! :lol: )

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Messagede Shoemaker le 01 Nov 2018, 20:13

Mais qui t'a dit que le Gritche est un robot ?... :D
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Messagede Cortese le 01 Nov 2018, 20:37

Shoemaker a écrit:Mais qui t'a dit que le Gritche est un robot ?... :D


Wikipedia.


Le Gritche (nom original : The Shrike) est un monstre robotique et l'un des protagonistes du cycle Les Cantos d'Hypérion de l'écrivain Dan Simmons. Le Gritche empale ses victimes sur un gigantesque arbre métallique dont les branches sont constituées de grandes épines.

Sommaire
Caractéristiques Modifier
Dans l'univers présenté par Dan Simmons dans les Cantos d'Hypérion, l'Homme demeure la seule espèce véritablement intelligente de l'univers. La seule altérité susceptible de déstabiliser l'hégémonie humaine est le Gritche (the Shrike en anglais).

Étymologie Modifier
Le Shrike, est un homonyme[1] de pie-grièche, en français, qui est un oiseau de la famille des laniidae (la racine latine signifiant boucher) qui ont l'habitude d'empaler leurs proies sur des épines ou des branches pointues d'arbustes avant de les manger, exactement comme le monstre du roman.

Origine Modifier
L'origine du Gritche est expliquée par Énée dans L'Éveil d'Endymion[2]. C'est un assemblage physique conçu par la Faucheuse. La Faucheuse étant un programme destiné, à l'origine, à tuer les organismes IA de x-octets. Cette Faucheuse a évolué avec le TechnoCentre, et en fait intégralement partie.

Description physique Modifier
Le Gritche est décrit comme un être vaguement humanoïde, haut de trois mètres, doté de quatre bras. Sa peau ressemble à du mercure par ses irisations argentées toujours en mouvement. Son front est orné de lames de métal incurvé aiguisées comme des scalpels chromés. Des piquants argentés hérissent son cou, ses coudes, ses poignets, ses genoux. Ses deux yeux aux facettes taillées comme des rubis brillent d'un rouge intense.

Attribut Modifier
L'attribut du Gritche est un gigantesque arbre de métal, d'un diamètre évalué à plus de 300 m à sa base, hérissé de longues épines acérées. Cet arbre est appelé « Arbre de la Douleur » ou « Arbre Ultime » par les disciples de l'Église gritchtèque. C'est sur cet arbre que sont empalées vivantes les victimes sacrifiées au Gritche. Dans l'Éveil d'Endymion, il est expliqué que les IA du futur se sont basées sur les capacités physiques de Fedman Kassad pour concevoir le Gritche. Il évolue à rebours dans le temps, notre futur étant pour lui son passé. Il possède également des facultés soit de mimétisme soit de manipulation mentale, comme démontré avec Fehdman Kassad et Monéta.
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Messagede Shoemaker le 01 Nov 2018, 22:02

Un monstre robotique. Alors il peut être aussi musclé, si c'est un monstre. Et qui t'a dit qu'un robot ne peut pas être musclé ? T'as pas vu les "Transformers" ? Je sais bien que tu es allergique aux gars musclés, mais on en a un peu marre en ce moment, des LGTB frêles et malingres ! On veut du bon vieux gros muscles d'avant !... :D
Cela dit, on ne sait pas vraiment ce qu'est le Gritche ; le débat reste ouvert, à mon avis, et il se pourrait que Simmons lui-même ne le sache pas, dépassé par sa propre créature (c'est son Golem en quelque sorte :D ).
Ennée quant à elle : Je ne donne pas 20/20 à Hypérion-Endymion à cause d'elle : grave faute de casting de Simmons. Faut qu'il ré-écrive son œuvre, en mettant à la place quelqu'un de plus consistant, que cette pimbêche de m... avec toujours son abruti de copain à ses basques.
Grrrrrrrr.....itche ! :lol:
Dernière édition par Shoemaker le 01 Nov 2018, 22:10, édité 1 fois.
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Messagede Shoemaker le 01 Nov 2018, 22:09

Sinon, j'ai lu par-ci par-là que l'idée de porter le roman à l'écran est étudiée. Film, série... on ne sait pas encore. Ou rien...
Moi, je confierais la chose à l'équipe de GOT. C'est le minimum, pour ce chef d'œuvre (presque) absolu (salope d'Ennée ! :lol: )

Simmons est un admirateur de Vance. Il a donc, pour rester dans les pas du Maître, mis en scène une jeune et frêle jeune fille, dans un décor ultra violent et tout et tout. Mais n'est pas Vance qui veut : Lui seul est capable de rendre sympathique une jeune ado vaniteuse et crâneuse !
Madouc, ça c'est de l'ado à donf !
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Messagede Cortese le 01 Nov 2018, 22:22

Shoemaker a écrit:Sinon, j'ai lu par-ci par-là que l'idée de porter le roman à l'écran est étudiée. Film, série... on ne sait pas encore. Ou rien...
Moi, je confierais la chose à l'équipe de GOT. C'est le minimum, pour ce chef d'œuvre (presque) absolu (salope d'Ennée ! :lol: )

Simmons est un admirateur de Vance. Il a donc, pour rester dans les pas du Maître, mis en scène une jeune et frêle jeune fille, dans un décor ultra violent et tout et tout. Mais n'est pas Vance qui veut : Lui seul est capable de rendre sympathique une jeune ado vaniteuse et crâneuse !
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Messagede Shoemaker le 01 Nov 2018, 22:27

:good :good :good
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le 02 Nov 2018, 01:03

Cette nuit, un déluge de critique sont publiées sur De l'autre côté du vent outre-Atlantique..
Et le déluge est fort émouvant, car la plupart, c'est inattendu, le voient pour ce qu'il est: un immense film.

Je n'en citerai qu'une poignée (en commençant par la plus négative qui est pourtant aussi un compliment) :

  • "I can envision this as a future cult classic, but you may need the stamina of Huston's liver to get through it."
  • "Here, Welles can’t resist giving Hannaford some of his own genius, including what might be one of the greatest sex scenes in film. While much of Wind is intentionally fragmented, manic, and murky, the movie-within-the-movie sections are the high point of his collaboration with the cinematographer Gary Graver, who shot many of Welles’ troubled ’70s and ’80s personal projects while directing porn to make ends meet; they ooze color, texture, and unapologetic kinkiness. (If nothing else, viewers will walk away from this movie having learned more about the erotic imagination of a great American director than they ever cared to know.) Yet The Other Side Of The Wind is ultimately about an artist’s fear of seeing a reflection of his own sublimated desires—the way that art hides as much as it reveals about its maker. We’ll be debating it, defending it, reappraising it for a long time to come. "
  • "We'll never know if the movie they came up with is one that Welles would have approved of, but it certainly feels like he might be smiling from above."
  • "From the jump with Kane, he was interested in how unknowable a person really is, and how trying to sift through the evidence of their life will inevitably create an incomplete, contradictory portrait of them. You can see that explored again in [a few of his other works]; these traces people leave of themselves that others are tasked with hunting down, but which really don’t tell you much of anything. The Other Side of the Wind takes that proposition further than he ever had before, creating an impossible pseudo-doc that incorporates elements of his own life without resolutely equating the two men. Orson Welles has made another great film. Long live Orson Welles."

  • "Perhaps the asynchronous editing will take a moment to key into for the modern viewer. But go with Welles, and you will see wonders. [...] It can’t be stated heavily enough how exciting this all is. The royal prince, the master, the god of cinema (we don’t say that lightly), who’s been dead for decades, Orson Welles, has a new movie. And not just any old movie, not a B-side per se, but one of his most legendary ‘what happened?’ projects in an accessibly finalized form. This is better than ‘lost material’ from a famed musician, or the opening of Prince’s vault. This a capital-M Movie. By Orson Welles. In 2018. Gosh."
  • "The overt carnality of these scenes also underscores a pointed element of the film’s governing narrative. Hannaford’s party is rich in booze and cigars, and even women, but devoid of sex. Like Huston and Welles, Hannaford has a storied history of impressive conquests but seems to be most comfortable playing God to his mob of male admirers. [...] Hannaford’s ultimately a “man’s man,” who, through his art, indirectly plumbs his loneliness and propensity for cruelty. Like most Welles films, The Other Side of the Wind concerns an artist who specializes in barely transcending self-destruction. It isn’t a novelty item, but a work of anguished art that’s worthy of its creator."
  • "Whatever else it may be — a wrecked, towering monument to its own incompletion, a howl of rage at the industry that Welles helped build and forever define — “The Other Side of the Wind” increasingly comes to resemble a shattered cinematic hall of mirrors [...] its broken surfaces reflecting and signifying the fraught circumstances of its making. What would Welles have made of this posthumous assemblage? Would he have minded its undeniable lapses into tedium? How much of it are we meant to read as thinly veiled auto-critique versus a wickedly funny jape? Frankly, I’m not sure Welles drew much of a distinction: Every time you sense him veering toward the confessional, you can hear his cackle booming loudly right behind it. But the reverse is true as well. There is one scene in “The Other Side of the Wind” — Hannaford’s version — that must be seen to be believed, in which Kodar mounts Dale in the back seat of a Mustang, having her way with him as rain lashes the outer windows. It’s an absurd, luridly overheated sequence, yet Welles, never exactly hailed as one of the cinema’s great eroticists, shoots it with such crazy intensity and dynamism and wild bursts of color that it all but transcends its parodic function. It cuts to the heart of this extraordinary, cantankerous wreck of a movie, because it reminds us that even when faced with something he had every reason to despise — whether it was other movies, other people or the industry that spawned and broke him — Orson Welles couldn’t help but turn contempt into art."

Je passe sur les très longues et élogieuses critiques dans le New York Times et dans Rolling Stones Magazine. Quant au Los Angeles Times, il est cité plus haut.



Voilà, à 8h ce matin le film sera à vous, et va vivre et Welles à nouveau avec lui.

Si il y avait tout de même un dernier mot (en dehors de quelques mots en anglais que j'ai écrit et que je partagerai peut-être, traduit ou non, nous verrons) pour tout résumer:


C'est un film .... sur un grand réalisateur qui meurt à 70 ans avant d'avoir trouvé les ressources pour achever son dernier film, The Other Side of the Wind, film en lequel, alors qu'il revenait d'un semi-exil, il a mis tout son être pour montrer qu'il n'était pas dépassé, une vieille gloire, un hasbeen .... réalisé par un immense réalisateur qui meurt à 70 ans avant d'avoir trouvé les ressources pour achever son dernier film, The Other Side of the Wind, film en lequel, alors qu'il revenait d'un semi-exil, il a mis tout son être pour montrer qu'il n'était pas dépassé, une vieille gloire, un hasbeen...

Jusqu'au bout, Welles, aura inconsciemment et involontairement, tout fait pour que la mise en abyme soit absolue, au point que l'oeuvre d'art devient sa mort même.


"We'll have our own movie!
A real movie!"


"Well... here it is... If anybody wants to see it."



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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le 02 Nov 2018, 19:20

Chose intéressante:
A Final Cut for Orson: 40 Years in the Making (39 min consacré au travail de reconstruction du film) est accessible en tant que bande-annonce de De l'autre côté du vent,

et donc visible GRATUITEMENT.

Il se trouve en bas de la page consacrée au film si l'on est pas connecté/abonné au service:
https://www.netflix.com/fr/title/80085566

Si on est connecté l'interface est différente et il est donc accessible dans le bouton "Bande-annonces et plus", vers le haut de page.

Par ailleurs pour rappel, l'autre documentaire, le documentaire principal (1h38), "Ils m'aimeront que je serai mort", consacré (en sus des prémices du film) aux 15 dernières années de vie et de bataille pour son film d'Orson Welles et à l'évolution de son point de vue sur son propre film alors que son film et le contrôle lui échappent (jusqu'à finalement considérer que discuter du film est peut-être plus intéressant que de pouvoir l'achever et qu'il devrait peut-être faire un film qui parlerait du film qui parlait d'un film), "Ils m'aimeront que je serai mort", est aussi disponible ce jour mais c'est un programme à part entière et donc réservé aux abonnés.

https://www.netflix.com/fr/title/80124722

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le 03 Nov 2018, 13:05

Quand Richard Brody, qui voit souvent avant tous les autres ce qui gagnera la postérité, ce qui sera réhabilité malgré les torrents de boue, qui pèse aussi chacun de ses mots et n'en use pas à la légère, écrit cela...

https://www.newyorker.com/culture/the-front-row/the-other-side-of-the-wind-reviewed-a-belated-orson-welles-masterpiece


(Un "bon film de Orson Welles", signifierait un chef d'oeuvre chez bien d'autre... Alors "un chef d'oeuvre de Orson Welles"...)

Orson Welles was too much for just one career, or for one life, and circumstances reduced him to less of both. A consummate Shakespearean, he never filmed “King Lear,” but he lived it, finding himself to be a king without a throne, prematurely aged. While still in the prime of his vitality, he endured a jolly celebrity that barely sustained him but dragged him ever further from the art that was his raison de vivre. [...]

[...]

Incompletion, frustration, desolation—the ruins of grand schemes and grand schemers—were his lifelong themes; they’re at the center of “The Other Side of the Wind,” and they nearly swallowed it up. The film places Welles, in the form of a dramatic surrogate, living up close to the business with his nose pressed against the window, trapped inside his own legend; it depicts a truncated career and an unfinished film, and life itself replicated the movie. “The Other Side of the Wind”is a settling of scores—with Hollywood, with the times, and, above all, with himself. It is a belated work of his colossal artistry, and one of the great last dramatic features by any director.

[...]

That relationship—between Jake and John—is at the core of “The Other Side of the Wind.” It’s something like the Rosebud that is both there and not there throughout the movie. (Several of the party guests allude to Jake’s barely repressed homosexuality.) That relationship torments Jake and threatens the completion of his film; it’s diagnosed (both by Julie, in her critical bravado, and by members of his entourage, in their awed regret) as both a canker and a motive of Jake’s entire career, only the latest in a series of destructive actions toward his actors—his handsome young male actors—that has cast his entire career into chaos. Jake’s resulting sense of loss pervades “The Other Side of the Wind” from beginning to end—a loss that Jake has done everything he could to provoke.

In dialogue of a painful and self-diagnostic frankness, Welles looks at Jake’s fusion of creation and destruction, suffering and cruelty, frustration and wrath. In its dramatization of the great director whose legend has outlived his career, he both reveals his own anguish and unveils his own greatest creation: namely, himself. It’s the role in which he found himself trapped, in a performance as a tragic hero that would, tragically, overwhelm and consume his authentic artistic heroism. And as the decades-long simmer and wrangle over the completion of “The Other Side of the Wind” and the new fervor that, forty years later, it’s stirring up, his creative power remains as forceful in its ghostly ruins as it was in his youth—not least because, from the very start, he understood and anticipated the wreckage of which his life and art would be built.


La semaine dernière, Brody avait fait une brève pour le film, qui aurait dit qu'il y aurait ce long texte...!

-=-=-=-

Et: oui, donc hier j'ai revu le film...

Et c'est fascinant, il y a des scènes que je n'avais je ne sais pourquoi jamais vue... D'autres que je n'avais pas vraiment comprises et qui se révèlent...
Comme revoir un nouveau film... (Et pourtant je ne l'avais pas vu qu'une fois)

Et cette nuance incroyable dans le jeu de Huston, qui est incontestablement à un sommet... Des attitudes face à ce qu'il fait semblant de ne pas entendre.. Le fardeau qu'il porte tout au long du film, sans que forcément on l'ait vu, compris à la première vision... Incroyable, incroyable.
Et mieux, il tire vers le haut Bogdanovich, la seconde moitié du film en la matière est incroyable..
(Quand j'aurai dit que sur certaines de ces scènes, puisque le tournage s'étala sur des années, dans des lieux très différents selon les disponibilités de chacun [censés être le même lieu, mais on fait avec des bouts de ficelle] il ne jouaient pas en face l'un de l'autre, mais en face de Welles lui même qui donnait la réplique.. ça dit aussi énormément de la direction d'acteur de Welles)

Je me disais parfois, que j'étais peut-être trop optimiste, à le mettre dans la poignée des meilleurs films depuis 20 ans... Encore plus quand débute le film qui à chaque fois instille le doute... Et puis cette seconde heure...
Mais là, maintenant, impossible de douter...

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Hugues

PS: Il faudrait noter aussi la révélation qu'est la performance comique incroyable de Norman Foster ("We'll have our own movie. A real movie!!"), qui fut comme Welles réalisateur surtout et acteur, et fut un collègue et ami dès les années 30... Mais sans doute jamais acteur dans un rôle comme celui-ci. Je ne l'avais pas reconnu, je me suis demandé où il était aller chercher un tel amuseur si gauche.. Et c'était Norman Foster, âgé (qui d'ailleurs meurt avant que le film ne soit fini de tourner)
Le film offre un dernier rôle aussi à John Carroll (le fameux James de la Vega des séries cinéma Zorro - sorti exprès de sa retraite pour Welles , alors qu'il est déjà malade, et alors que le film est déjà en tournage depuis 5 ans), à Lilli Palmer, à Tonio Selwart.. Et même à des figures plus jeunes, mais disparues trop tôt comme Susan Strasberg. Et je ne parle même pas de Paul Stewart, ou de Mercedes McCambridge, et de tant d'autres.. Et tous dans des beaux rôles... Tous voient une nouvelle ligne à leur filmographie, et quelle ligne..
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2017

Messagede Porcaro56 le 04 Nov 2018, 16:07

Qui a vu le film sur Queen ?
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le 09 Nov 2018, 16:05

https://www.riverfronttimes.com/stlouis/orson-welles-lost-film-the-other-side-of-the-wind-is-as-great-as-he-promised/Content?oid=26882977

[...] And now, almost 50 years since production began, and 33 years since Welles' death, also premiering on Netflix is something called The Other Side of the Wind. The credits say it's an Orson Welles picture — the picture, the movie he shot from 1970 to 1976. But is it?

Of all the efforts to reconstruct or restore Welles' work since his death, this feels most like the real thing. It’s a 98 percent accurate approximation of a film that was meant to be seen as experimental and incomplete. And here's the real surprise: It's a great, crazy, unpredictable film, as innovative and provocative as Welles always said it would be.

[...]

There are some familiar Welles trademarks — shadowy settings and severe backlighting, the waves of conflicting voices and contradictory commentaries all circling around a powerful and not entirely savory personality. But there’s also a great deal that breaks away from anything Welles (or any filmmaker) had ever done before. [...] It's argumentative, aggressive, brutally bare and in some places — fireworks! dummy shooting ranges! — just plain crazy.

In the last fifteen years of his life, [...] Welles embraced the image of the magician, the man who juggles bits of film through a Moviola and produces images and dreams. Though he bridled at the obstacles that kept his film from completion, he also once said that the duty of an artist was to find the point of maximum discomfort, to search it out. Thirty-three years after his death, the old wizard has pulled off an amazing trick, turning a legendary failure into a brave, raw and inimitable work of genius.


Hugues

Edit 10 nov.:
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le 12 Nov 2018, 11:50

Vu Hostiles, de Scott Cooper, hier soir.

J'ai beaucoup aimé.
Au fur et à mesure du chemin qui les mène vers la mort du vieil Indien les personnages voient de plus en plus grand et de plus en plus clair, et finissent par se reconnaître mutuellement dans ce qu'ils ont de plus essentiel.

Je conseille.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede sheon le 12 Nov 2018, 12:07

Yep, c'était pas mal du tout.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 13 Nov 2018, 14:12

Ouais_supère a écrit:Vu Hostiles, de Scott Cooper, hier soir.

J'ai beaucoup aimé.
Au fur et à mesure du chemin qui les mène vers la mort du vieil Indien les personnages voient de plus en plus grand et de plus en plus clair, et finissent par se reconnaître mutuellement dans ce qu'ils ont de plus essentiel.

Je conseille.


:cry:
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Messagede Ouais_supère le 13 Nov 2018, 14:15

Ben oui mais voilà ce qui se passe quand tu laisses tomber tout le monde en REFUSANT de publier tes "Meilleurs films" annuels !
Les ombres gagnent du terrain sur la lumière...

Laisse pas trainer tes filssss, si tu veux pas qu'y glisssssss.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 13 Nov 2018, 14:30

Ouais_supère a écrit:Ben oui mais voilà ce qui se passe quand tu laisses tomber tout le monde en REFUSANT de publier tes "Meilleurs films" annuels !
Les ombres gagnent du terrain sur la lumière...


...:

En tout cas, il faut éviter les films de Scott Cooper, tous plus mauvais les uns que les autres.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le 13 Nov 2018, 14:32

Je n'en ai vu aucun autre mais je te trouve dure avec celui-ci.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 13 Nov 2018, 14:39

Ouais_supère a écrit:Je n'en ai vu aucun autre mais je te trouve dure avec celui-ci.


Un imaginaire ultra violent au service du sentimentalisme le plus anecdotique. Ce qui réunit deux personnages ou plutôt trois, hormis leur absente totale d'intérêt, c'est la violence, justifiée, redoublée et systématisée. Au spectateur de se laisser complaisamment piéger par son propre appétit pour la consolation.

Finalement, c'est commode, le héros est une brute sanguinaire et on a bien besoin d'une brute sanguinaire dans ce monde pas sympa avec les gentils. À condition d'avoir une conscience et des principes, la violence est non seulement possible mais elle venge le passé au présent. C'est la version premier degré d'un film de Tarantino, en quelque sorte. Les méchants seront punis, les Indiens et les colons se reconnaitront en égaux, en frères de sang.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le 13 Nov 2018, 14:42

Ouais_supère à Silverwitch:

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:oops:

Hugues (Bah oui y a déjà des gif memes .. et tant pis si je vous spoile ! )
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le 13 Nov 2018, 14:46

Silverwitch a écrit:
Ouais_supère a écrit:Je n'en ai vu aucun autre mais je te trouve dure avec celui-ci.


Un imaginaire ultra violent au service du sentimentalisme le plus anecdotique. Ce qui réunit deux personnages ou plutôt trois, hormis leur absente totale d'intérêt, c'est la violence, justifiée, redoublée et systématisée. Au spectateur de se laisser complaisamment piéger par son propre appétit pour la consolation.

Finalement, c'est commode, le héros est une brute sanguinaire et on a bien besoin d'une brute sanguinaire dans ce monde pas sympa avec les gentils.


C'est sans doute vrai.

Pourtant au visionnage j'ai trouvé au contraire qu'il y avait un glissement chez le héros mais pas seulement, que la violence délaisse petit à petit.

Son dernier meurtre m'a semblé le dépasser, comme une sorte de rechute dans un environnement qui finalement ramène sans cesse à la violence.

Mais en effet je ne sais pas au nom de quoi je le déresponsabilise de son geste.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le 13 Nov 2018, 14:58

Hugues a écrit:Ouais_supère à Silverwitch:

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:oops:

Hugues (Bah oui y a déjà des gif memes .. et tant pis si je vous spoile ! )


Tu sais, il ne faut pas le prendre mal, mais je suis un peu fatigué que l'on mette aussi régulièrement une intention derrière mon propos, une émotion, voire une névrose.
Même pour rire.
Je ne sais pas si c'est mon style qui veut ça, ou quoi, ou qu'est-ce, j'ai sans doute une part de responsabilité là-dedans.
Mais je ne parle au nom de quiconque, ni pour plaire ou me faire aimer, accepter de qui que ce soit, ni sous le coup de nulle émotion ni drame.

J'essaie juste de comprendre le monde qui m'entoure, et je me renseigne auprès de ceux qui savent.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le 13 Nov 2018, 15:08

M'enfin!

C'est juste parce que j'ai le gif sous la main qu'il m'a tenté..

Ca n'a rien à voir avec toi.. Je me suis juste dit que c'était une bonne occasion de le poster, mais n'y vois rien de plus voyons!

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 13 Nov 2018, 15:22

Ouais_supère a écrit:
Pourtant au visionnage j'ai trouvé au contraire qu'il y avait un glissement chez le héros mais pas seulement, que la violence délaisse petit à petit.

Son dernier meurtre m'a semblé le dépasser, comme une sorte de rechute dans un environnement qui finalement ramène sans cesse à la violence.

Mais en effet je ne sais pas au nom de quoi je le déresponsabilise de son geste.


Ce que tu décris est justement la conversion du spectateur, du regard du spectateur à la violence. La violence est insoutenable et justifiée, comme dans le sketch des Inconnus, il y a une bonne et une mauvaise violence, des bons soldats et des mauvais soldats, des bons Indiens et des mauvais Indiens. Ce qui les distingue ce n'est pas leur violence nous dit et nous montre le film, mais la morale.

Le spectateur doit donc trouver la violence terrible et pourtant inéluctable et nécessaire. Finalement, la morale du film ne peut elle se résumer ainsi, si seulement colons et Indiens avaient essayé de se comprends, ils aurait pu trouver la paix entre égaux par les armes en éliminant les méchants ? En réalité, la violence systématique a pour objet d'effacer la compréhension du conflit intérieur aux personnages comme extérieur, les personnages sont tous des doubles, indifférenciés. En conclusion, impossible de sortir de la violence sinon par la violence, de la vengeance sinon par son accomplissement. La fraternité dans la vie ou dans la mort se fait par le meurtre. Voilà le propos du film qui offre ainsi aux spectateurs une vision consolée du génocide des Indiens d'Amérique. Le sang lave le sang.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le 13 Nov 2018, 15:31

Je n'avais évidemment pas vu les choses dans ce sens.


Silverwitch a écrit:Ce que tu décris est justement la conversion du spectateur, du regard du spectateur à la violence. La violence est insoutenable et justifiée


Ça me parle, ce que tu dis (ça me rappelle un truc que tu disais au sujet de la violence dans les jeux vidéos, et plus largement), et ça montre à quel point on ne peut dédouaner nul medium de la violence qu'il convoie au prétexte que chacun est capable de faire le tri entre fiction et réalité lorsque l'on constate à quel point ce que l'on voit/lit/entend oriente notre regard.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 13 Nov 2018, 16:29

Ouais_supère a écrit: ça montre à quel point on ne peut dédouaner nul medium de la violence qu'il convoie au prétexte que chacun est capable de faire le tri entre fiction et réalité lorsque l'on constate à quel point ce que l'on voit/lit/entend oriente notre regard.


:o

La représentation est un piège, c'est notre désir de justice ou de compassion qui nous piège, au moins autant que notre appétit plus ou moins avoué pour la violence représentée. C'est du cinéma, se dit-on. Le problème du cinéma, c'est sa facilité à naturaliser la violence, à la rendre visible, compréhensible, assimilable, consolante, moralisante, aimable pour tout dire. Si tu regardes à nouveau le film, prévenu, tu verras qu'il n'y a presque pas de vie, pas d'humour, pas de trivialité, pas de fantaisie. Une seule présence réelle: la violence répétitive.

Dans le même genre, je conseille absolument le sublime film de John Ford, Les Cheyennes au titre original si beau, "Cheyenne Autumn". Trop méconnu et mal considéré dans l'oeuvre du cinéaste, c'est pourtant un très grand film qui renvoie directement à la réalité de l'entreprise génocidaire, il ne console pas le spectateur, il montre l'humanité de l'homme, la présence silencieuse du monde et l'irréalité de la violence. Leçon incompréhensible aujourd'hui comme hier pour des cinéastes ou des spectateurs pour qui le monde est irréel et abstrait.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le 13 Nov 2018, 20:14

Plutôt qu'évoquer un triste remake sortant demain en France dont on ne citera pas le nom ######## pour lui éviter toute publicité (en plus d'être assez mauvais - je peux développer - sombre dans l'esthétique publicitaire [de toute façon tout l'ensemble n'est qu'une gigantesque opération publicitaire] en et dans un grand ridicule grand guignol), si ce n'est que son véritable nom aurait du être "Call me by the name of ########, even I don't deserve it, because, please, I need the name, without it nobody would watch me"...

-=-==-=-

Plutôt vaut mieux répéter une fois encore la grandeur du dernier film de Welles et d'Orson Welles lui-même:

Orson Welles’s Recovered Last Feature Is An Absolute Masterpiece

How a fabled film, long in the works, was ultimately released––and triumphed.
“Our works in stone, in paint, in print are spared, some of them for a few decades or a millennium or two, but everything must finally fall in war or wear away into the ultimate and universal ash. The triumphs and the frauds, the treasures and the fakes.”



[...]
But suddenly and seemingly impossibly, a resurrection has occurred. Long thought to be a lost film, “The Other Side of the Wind,” Welles’ last feature, was released [...]. It is astounding, a stunning echo and assault on “Citizen Kane,” a defiant statement of absolute artistic integrity thrown into the face of an industry that so often seems intent on destroying precisely that, an aesthetic triumph and a final work of devastating emotional power. It leaves the viewer shattered and somehow elevated by the experience.

[...]

Expectations are, of course, astronomical. In fact, before I finally clicked on the play icon I was almost trembling with both anticipation and fear [...] Such fears were unwarranted—“The Other Side of the Wind” is a masterpiece. But it is the best kind of masterpiece, one that achieves greatness by being utterly unlike anything we might have expected.

[...]

In a radical departure from Welles’ previous films, “The Other Side of the Wind” may also be one of the most erotic films ever made [... and] show Welles fearlessly moving into new territory at an age when lesser directors were more than content to rest on their laurels.

Welles’ greatness always lay in his willingness to make leaps of artistic faith, and here he does so again, embracing a subject his previous, mostly prudish films carefully avoided. It is a testimony to Welles’ continued vitality and aesthetic courage.

Welles: More Radical — and Gifted — Than We Knew

There is no doubt that, thanks to that vitality and courage, we will now have to make a major reassessment of Welles himself. We now have living proof of a filmmaker who, even as the twilight gathered, was still experimenting, still remaking the medium, still remaking himself.

We now know that in “The Other Side of the Wind,” Welles abandoned his stately, ornate style in favor of cinema verité montage, left behind his obsession with the past to engage completely with the present, threw out theatricality for naturalism, abandoned cinematic chastity for unabashed eroticism, and thus made a masterpiece both in keeping with his previous work and unlike any he had previously achieved. We must now assess a different Welles, even more radical and gifted than the one we had previously known.

What we are left with in the end, however, is not merely a triumph for Welles but a triumph for cinema. Somehow, in spite of all obstacles, a great work of art has survived all attempts to stymie and destroy it. The brutal economic realities of the movies, a system that made every possible attempt to decimate Welles and his work, and even the stark and relentless passage of time failed to dim “The Other Side of the Wind,” its director, and the stubborn admirers and collaborators who somehow helped the picture defy death itself.


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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le Hier, 11:22

Silverwitch a écrit:
Dans le même genre, je conseille absolument le sublime film de John Ford, Les Cheyennes au titre original si beau, "Cheyenne Autumn". Trop méconnu et mal considéré dans l'oeuvre du cinéaste, c'est pourtant un très grand film qui renvoie directement à la réalité de l'entreprise génocidaire, il ne console pas le spectateur, il montre l'humanité de l'homme, la présence silencieuse du monde et l'irréalité de la violence. Leçon incompréhensible aujourd'hui comme hier pour des cinéastes ou des spectateurs pour qui le monde est irréel et abstrait.


:o

Je ne le manquerai pas.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Hugues le Hier, 21:59

Ou comment l'histoire d'un "genre" est totalement réécrite...
Ou comment, par ailleurs, le film eut-il pu sortir en son époque, le "genre" aurait pu ne pas être confiné au "film de genre" ("genre", classification un peu imbécile tant de la part de ses défenseurs que ses contempteurs, puisque la seule chose qui importe n'est pas le genre [classification arbitraire après tout, aux frontières assez floues] mais que l'oeuvre ou non soit grande )

SHOT MISSING: 'The Other Side of the Wind' and the New History of Found Footage

Orson Welles invented a genre, and died before anyone found out.



Had it been released, as intended, in the 1970s, Orson Welles’ The Other Side of the Wind would have completely redefined the found footage genre. Well, “redefined” isn’t the right word. After all, found footage cinema didn’t exist during the film’s production. Welles was inventing it. So had it been released back then, it’s more accurate to say that The Other Side of the Wind would have defined the found footage genre in a way entirely different to our current understanding of it.

[...]

Another important aspect of found footage is that, obviously, the footage must be found. The use of the form implies a terrible fate for the people at the film’s center, usually spelled out in a Shakespearean prologue before we even see them. The finder of the footage is rarely relevant. They are typically unseen and unheard from, acting as invisible editors. Sometimes, as in Blair Witch Project, the implication is that the credited crew themselves are behind the assemblage of the footage. Most of the time, however, it’s simply a question left unanswered. We aren’t supposed to care about the person who found the footage and presented it to us. The motives behind their choice to present the film the way they have is, we’re told, irrelevant.

But what if the genre’s forefather had not been Cannibal Holocaust, but The Other Side of the Wind instead? It’s not a horror film, for one thing. Had it been released in the 70s, the entire concept of found footage would have been borne out of a drama with comedic elements. Would this have convinced filmmakers that the form was more elastic than it is commonly considered today? I think it would have. I also think found footage would be respected as the bold cinema experiment it is, rather than the cheap throwaway production style it’s so often perceived as today. Coming from Welles, it would have been appreciated as a brash step forward for the medium, if not in its time, then at least down the road.

But this isn’t the history we’re living. The Other Side of the Wind was released in 2018, following decades of other found footage releases. So let’s look at it in that context, in how it breaks some rules and follows others, and how it still manages to redefine the form.

[...]


Le reste ici...

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