Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Shoemaker le 04 Aoû 2019, 19:41

Il a prévu, j'espère, un système de défense ultra performant... Parce que sa petite propriété autosuffisante sera la proie d'incessants raids de bandes errantes sauvages, de groupes de mutants psychos, peut-être même de zombies marcheurs... Je conseille donc un système de forteresse, de puit intérieur, de pièges mortels partout dans la propriété, d'armes diverses et variées, de lance flammes, etc. Avec aussi un tunnel débouchant 500 m plus loin, en cas d'invasion victorieuse.
On est foutu !
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Dervi le 04 Aoû 2019, 20:41

Il voit la fin du capitalisme un peu rapidement à mon avis.
En 2040, on gaspillera encore plus qu'aujourd'hui avec encore du temps devant nous.
Pour le nucléaire, on a du stock pour des siècles même si tous les pays s'y mettent.
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Shoemaker le 04 Aoû 2019, 21:02

Ah ben me voilà rassuré :D
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Tarod le 04 Aoû 2019, 22:27

Rainier a écrit:Et vous ? vous êtes prêts pour le grand changement et l'effondrement de notre société (vers 2035-2040) plus de pétrole, plus de nucléaire plus d'électricité ...?

J'aime bien la remarque sur TESLA.





Je crois pas vraiment à l'effondrement de notre société tel qu'il le décrit mais plutôt qu'à un moment donné on peut subir une crise grave ou plusieurs crises en même temps. En tout cas avec mon frère ces dernières années on a racheté pas mal de parcelles de terrain autour de chez nous qui sont en friche, repris la petite exploitation forestière du voisin décédé, planté des centaines d'arbres fruitiers, installé des apiculteurs, complètement rénové une ancienne grange pour qu'un voisin y fasse un restau de campagne... pas de cheval encore mais je me vois mal m'occuper de ça.

Pour la Tesla il a en partie raison, mais pour les gens qui habitent en ville et qui font beaucoup de petits trajets la voiture électrique c'est quand même idéal.
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Tarod le 04 Aoû 2019, 22:51

Shoemaker a écrit:Il a prévu, j'espère, un système de défense ultra performant... Parce que sa petite propriété autosuffisante sera la proie d'incessants raids de bandes errantes sauvages, de groupes de mutants psychos, peut-être même de zombies marcheurs... Je conseille donc un système de forteresse, de puit intérieur, de pièges mortels partout dans la propriété, d'armes diverses et variées, de lance flammes, etc. Avec aussi un tunnel débouchant 500 m plus loin, en cas d'invasion victorieuse.
On est foutu !


Il dit quand même que c'est important de bien s'entendre avec ses voisins, dans une autre interview il dit qu'il doit s'entendre avec le président de l'association de chasseurs de sa commune pourtant "très très à droite". Là dessus il a totalement raison, en cas de crise c'est indispensable de s'entendre avec voisins!
Même en dehors des crises c'est utile, par exemple à 3km de chez moi on a un camp de manouches qui existe depuis bien avant que je sois né, une fois quand mon frère était encore bébé (je devais avoir 2ans) ma mère voit 2 jeunes passer à pied devant chez nous alors qu'il pleuvait des trombes, ils étaient tombés en panne. Elle les remonte chez eux en voiture avec ma grand mère et les 2gamins avec (ma grand mère venait de Perpignan, et a une manouchophobie, donc elle voulait pas que ma mère y aille seule... et elle avait embarqué un couteau dans son sac :pasrond: ), bah après ça toutes les familles du campement nous ont toujours salué quand ils passaient devant la baraque et de temps en temps on leur filait des trucs à débarrasser, des vieilles mobylettes... Résultat jamais un vol ou un problème avec eux alors qu'on laissait des outils de jardinage en extérieur, les bagnoles ouverte et même la maison restait ouverte (jusqu'à ce que Sarkozy arrive :twisted: ).
Pareil on a beau ne pas aimer la chasse en général c'est toujours bien de s'entendre avec les chasseurs, on leur interdit de chasser chez nous mais on les laisse passer et se garer sur notre chemin plus loin. Souvent ils nous donnent de la viande, bah merci hein :P
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Shoemaker le 05 Aoû 2019, 10:16

Bon, voici la réponse de "Descartes", toujours très intéressant à lire. Une bonne mise au point, quant à cette écologie qui, au lieu d'être "sérieuse" (le sujet EST sérieux), devient de plus en plus caricaturale, et carrément sectariste, et en attendant, elle est le faux-nez, la complice, d'un capitalisme destructeur...

http://descartes-blog.fr/2019/08/04/pet ... kdTDBUGKew

Pétain, le premier écologiste de France
Publié le 4 août 2019 par Descartes
« Vive la mort, à bas l’intelligence » (Milan de Astray, général franquiste)

Le lieu ? Une salle de réunion à l’Assemblée nationale. La personne ? Une éminente députée, présidente d’une importante commission, ex-EELV devenue depuis fidèle macroniste. Sa position ? Il faut arrêter l’ensemble des installations nucléaires. Cette position n’a rien de surprenant, me direz-vous chers lecteurs. Et vous aurez raison. Ce qui est plus surprenant, par contre, c’est l’argument utilisé pour défendre cette position. Car ce que craint cette éminente représentante du peuple ce n’est pas le risque nucléaire aujourd’hui. Sa crainte est que lorsque notre civilisation s’effondrera dans quelques années, il n’y ait plus les structures et les connaissances nécessaires pour gérer et contrôler ces installations en toute sécurité.

Cette scène, qui pourrait être le début d’un film apocalyptique américain est, j’en suis témoin, rigoureusement réelle. Et pour avoir entendu le discours, je peux affirmer que pour la députée en question il ne s’agit pas d’un argument ad hoc. Il ne s’agit pas d’une énième tentative de faire peur au public avec un danger imaginaire mais qu’il semble utile à un moment donné de dénoncer pour alimenter le sentiment antinucléaire. Non, notre députée est vraiment convaincue que nous sommes à court terme menacés par l’effondrement de notre société, par un effondrement qui emportera avec lui les Etats, les infrastructures, la loi commune et qui retournera les hommes à l’état de nature ou presque.

Une telle perspective devrait terrifier n’importe qui d’intelligent, ou du moins n’importe qui d’intelligent qui aurait lu Hobbes et qui sait donc que dans l’état de nature la vie de l’homme est « solitaire, misérable, méchante, brutale et courte ». Pourtant, pas un gramme d’inquiétude chez cette dame, au contraire. L’effondrement de notre civilisation tuera peut-être beaucoup de monde, mais préparera l’avènement d’un homme meilleur et d’une société véritablement écologique et fraternelle. Comme pour les fanatiques du premier millénaire, l’Apocalypse loin d’être une tragédie serait pour cette dame le début du règne des justes.

Ce discours ne devrait pas nous surprendre. Après tout, d’autres ont défendu ces mêmes idées non pas en petit comité, mais publiquement. Une parfaite illustration de ces théories se trouve dans la tribune signée par Yves Cochet, Agnès Sinaï et Pablo Sevigne dans Le Monde du 23 juillet 2019 (1).

Dès le début, le chapeau de l’article annonce la couleur : « Trois membres de l’Institut Momentum appellent à assumer l’effondrement systémique global qui vient pour préparer l’avènement d’une société « résiliente » ». Notez bien la position : il ne s’agit pas de chercher à empêcher l’effondrement en question, mais à l’assumer. Et la raison est simple : l’effondrement est inévitable. Rien de ce que nous pouvons faire ne pourrait l’empêcher. Pour reprendre la formule des auteurs, « ce n’est plus une question de « si », c’est une question de « quand » ». Et ce n’est pas pour dans longtemps : « une ou deux décennies, tout au plus ».

On notera que messieurs et mesdames Cochet, Sinaï et Sevigne ne paraissent pas particulièrement angoissés par une catastrophe qui pourtant devrait se produire de leur vivant. C’est qu’ils ont la botte secrète qui leur permettra d’y survivre et même d’y vivre mieux que maintenant, et cette botte secrète s’appelle la « permaculture ». Pour ceux qui ne connaissent pas le jargon, il s’agit d’une approche antiscientifique de l’agronomie développée dans les années soixante-dix entre deux joints par deux australiens, Mollison et Holmgrem, et devenue depuis une sorte de religion holistique. Voici donc ce qui nous attend : « Ce qui veut dire mettre en œuvre immédiatement une nouvelle organisation sociale et culturelle, qui valorise la lenteur et enseigne les boucles de rétroactions, les liens de cause à effet, les mutualismes, la complexité. Dans la société permaculturelle, les réseaux ne sont plus invisibilisés, la frontière entre producteur et consommateur s’estompe dans un contexte de simplification progressive des mégasystèmes. Aussi bien par nécessité de résilience (dans la perspective d’un effondrement des sociétés industrielles) que par éthique des ressources, il s’agit de boucler les cycles, de passer d’une économie extractiviste de stocks à une économie renouvelable de flux. Le nouveau paysage permaculturel se veut directement comestible, au plus proche des habitants, qui eux-mêmes deviennent acteurs de ces nouveaux diagrammes alimentaires et énergétiques ».

Difficile de se retrouver dans ce galimatias qui sent bon le jargon postmoderne. Par exemple, cela veut dire quoi « une organisation sociale qui valorise les liens de cause à effet » ? Ou bien, c’est quoi un « paysage qui se veut directement comestible » ? Comment tout cela se traduira en pratique ? Voyons la suite :

« Ces nouveaux territoires prennent le nom de « biorégions » et se substituent aux découpages administratifs actuels grâce à un changement général d’échelle et à une politique de décroissance. Les biorégions permettront, avant, pendant et peut-être après l’effondrement, d’organiser des systèmes économiques locaux territoriaux où les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération. La dynamique biorégionale stimulera le passage d’un système hyperefficient et centralisé à une organisation forgée par la diminution des besoins de mobilité, la coopération, le ralentissement, composée d’une multitude de dispositifs et de sources d’énergie. La civilisation automobile et l’agriculture intensive n’auront plus leur place dans cette nouvelle configuration. Les biorégions seront les territoires du ressaisissement. »

« La troisième voie de la résistance est celle d’un imaginaire social libéré des illusions de la croissance verte, du productivisme et de la vitesse, actionnées par les entreprises transnationales. La ville connectée, emblème d’une techno-euphorie totalement hors-sol, laissera la place à des bourgs et des quartiers off the grid (« hors réseau ») autoproducteurs d’énergie. Le nombre de véhicules sera réduit au strict minimum, les flottes seront administrées par les communes (libres !), tandis que les champs redessinés en polyculture pourront être traversés à pied. Des axes végétaux résorberont les infrastructures de la vitesse ainsi que les friches industrielles. Qui dit sociétés résilientes dit sociétés conviviales et de proximité. »

Sous une terminologie particulièrement pompeuse, le projet est clair : c’est le retour aux petites communautés autosuffisantes telles qu’on pouvait les connaître à la fin du moyen-âge. C’est l’apologie de la lenteur, objet de toutes les nostalgies de la part des auteurs réactionnaires.

Car on pourrait démontrer assez facilement que le retour aux communautés du moyen-âge nécessite un retour aux modes de vie du moyen-âge. Car comment ces bourgs « hors réseau », ces sociétés « conviviales et de proximité » arriveront à produire en autarcie des antibiotiques ou des vaccins, par exemple ? Ces « autoproducteurs d’énergie », où trouveront-ils des panneaux solaires ou des équipements pour bâtir des éoliennes ? Ceux qui proposent ce monde idyllique s’imaginent qu’on peut avoir les avantages de la société industrielle sans la concentration de moyens et d’intelligences que suppose l’industrie. On peut être à la rigueur « autoproducteur » d’énergie, mais il est très difficile « d’autoproduire » un panneau solaire. Et aucune « commune libre » n’arrivera à « autoproduire » des vaccins ou des antibiotiques, qui nécessitent pour être produits de façon économique et sûre des installations de recherche et de production de grande taille. L’utopie « communautaire » héritée de mai 1968 est inséparable de la société de consommation. A côté de la « commune libre » qui tire l’eau du puits et cultive ses tomates bio, il faut une société industrielle qui fournisse médicaments et vaccins, parce qu’autrement on crève rapidement comme on a toujours crevé de maladies infectieuses.

Mais ce qui est le plus étrange, c’est que la peinture que font Cochet et compagnie du monde de l’après effondrement est éminemment désirable. Qui n’aimerait pas vivre dans des communautés conviviales, où « les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération » (2). Et si le monde de l’après cataclysme est désirable, alors vive le cataclysme. Si l’effondrement doit nous amener un monde de bonheur et de liberté, pourquoi chercher à le retarder ? Imaginez un instant que ce monde aliéné au productivisme et à la vitesse trouvait un moyen de se perpétuer, d’éviter l’effondrement. Dans ce cas, le paradis que nous promettent Cochet et compagnie n’adviendrait jamais. Alors, pourquoi se battre pour sauver ce qui peut l’être ? Il faut au contraire l’avancer, pousser les feux. Plus vite le capitalisme aura consommé la dernière goutte de pétrole, plus vite le climat rendra impossible le fonctionnement de nos sociétés « hyper efficaces », et plus vite nous accéderons au paradis écologique. Ici, l’écologie renoue avec la tradition chrétienne millénariste, celle qui appelait de ses vœux l’Armageddon qui permettrait aux morts de ressusciter et aux justes d’aller au paradis. Il faut mourir vite pour pouvoir renaître. Le grand maître de l’Ordre du Temple Solaire ne disait pas autre chose…

Cette dimension thanatique, chaque fois plus perceptible dans le discours écologiste, est d’ailleurs assumée formellement par les auteurs de l’article : « Il faut un récit commun pour rester soudés. Certes, le récit de l’effondrement comporte des risques et des écueils, comme tout récit, mais il est puissant et a plusieurs mérites : il évite le catéchisme de la croissance, il réactive une vision cyclique des choses en appelant une renaissance, et surtout il dit que c’est maintenant ou jamais. Il nous rapproche de l’idée de la mort ». On ne saurait mieux dire…

Et ce point de vue n’est pas isolé. La tribune en question est publiée par Le Monde dans une série de six articles intitulée « Vivre avec la fin du monde ». Le même journal organise d’ailleurs une conférence intitulée « Comment vivre dans un monde effondré » avec la présence d’une figure écologiste du PG et de LFI, Corine Morel-Darleux. Il ne s’agit donc pas d’un point de vue isolé, mais bien d’un mouvement intellectuel apocalyptique dont le journal des élites se fait le porte-voix. Et je ne parle même pas des nombreuses références à des jeunes écologistes refusant d’amener des enfants au monde pour leur éviter de vivre l’effondrement qui vient…

En fait, il est saisissant de comparer ce discours à celui de la droite réactionnaire de l’entre-deux guerres, discours repris par la Révolution nationale de Vichy. Déjà à l’époque ces gens-là voyaient dans la modernité la cause de la corruption et de la chute de notre société. Et beaucoup ont salué dans l’effondrement de 1940 – la “divine surprise” de Maurras – l’espoir d’une renaissance fondée bien entendu sur un retour aux communautés qu’on n’appelait pas encore “bio-regions” – quoi que le vitalisme fut une idéologie bien ancrée à droite – mais dont la conception était grosso modo la même.

Il n’est pas inutile de rappeler que ceux qui au cours de l’histoire ont bâti leur action autour d’un « récit de l’effondrement » ont pratiquement toujours mal fini. La fascination par la décadence, l’effondrement et la mort conduisent invariablement au suicide collectif, à gauche comme à droite. Je mets mes lecteurs au défi de trouver une seule figure qui ait bâti quelque chose de bien à partir de ce type de doctrine. Tout progressisme est d’abord fondé sur une confiance sur la capacité des hommes de prendre les « bonnes décisions », de construire l’avenir non pas sur « l’effondrement » du passé, mais sur sa continuité. De Newton persuadé que si nous voyons plus loin que nos ancêtres c’est parce que nous sommes assis sur leurs épaules à Marx qui résume dans une formule – « un adulte ne peut redevenir enfant sans être puéril » – l’impossibilité de tout retour en arrière vers une forme de communisme primitif, les penseurs progressistes n’ont jamais appelé de leurs vœux une quelconque apocalypse. « Vive la mort, à bas l’intelligence » était hier le mot d’ordre des franquistes. Aujourd’hui, la reprise par les écologistes de ce discours révèle enfin le vrai visage de l’écologie politique : une idéologie réactionnaire, antihumaniste et antimoderne.

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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Rainier le 05 Aoû 2019, 11:59

Shoemaker a écrit:Bon, voici la réponse de "Descartes", toujours très intéressant à lire. Une bonne mise au point, quant à cette écologie qui, au lieu d'être "sérieuse" (le sujet EST sérieux), devient de plus en plus caricaturale, et carrément sectariste, et en attendant, elle est le faux-nez, la complice, d'un capitalisme destructeur...

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Mais ce qui est le plus étrange, c’est que la peinture que font Cochet et compagnie du monde de l’après effondrement est éminemment désirable.

messieurs et mesdames Cochet, Sinaï et Sevigne ne paraissent pas particulièrement angoissés par une catastrophe qui pourtant devrait se produire de leur vivant.

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Ce n'est pas vraiment ce que dit Cochet, notamment quand il prédit une hécatombe et qu'il parle d'effondrement catastrophique ("hélas, hélas, je le dis de manière émue et presque en tremblant").
Et il le dit lui même : ses mesures de précaution ne l'empêcheront sans doute pas de disparaître avant l'heure.

Ce "Descartes" parle de complice d'un capitalisme destructeur, il devrait plutôt parler de capitalisme auto destructeur s'il était vraiment complice.
Quel capitaliste rêve d'un Monde sans iphone, sans voiture mais avec de l'eau qu'il faut bouillir (avec le feu de bois, je suppose), avec des calèches tirées par de chevaux etc. ?
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Shoemaker le 05 Aoû 2019, 13:20

On est toujours complice, lorsqu'on ne fait rien pour arrêter la course folle du capitalisme, qui est une sorte de trip au LSD (il fait joliment planer, et on finit enfoncé dans le mur). La plupart des écologistes actuels, de toutes tendances, parlent de tout, sauf de changer de système économique A LA RACINE, autrement dit, à sortir du capitalisme : ils proposent des éoliennes et de l'énergie solaire à la place du pétrole, mais pas de briser radicalement le pouvoir extraordinaire des multinationales.
En l'occurrence, Cochet constate que c'est foutu, et il se prépare à l'après capitalisme, dans une démarche un peu hippie sur les bord, plutôt infantile, on le sait bien : la petite communauté heureuse et solidaire dans un monde de Hobbits post pétrole, nécessairement apocalyptique, c'est un rêve infantile new age... En cela, il est dangereusement optimiste).
Alors, oui, sortir du capitalisme, c'est facile à dire, mais c'est quasiment impossible à faire (une sorte de fatalité tragique). Même les pays émergents, tels que la Chine, la Russie (et d'autres) qui sont seuls capables de ne pas s'aplatir devant les USA (comme le fait l'UE), eux-mêmes ont choisi malheureusement la voie d'une course vers la croissance hyper capitaliste exactement identique à celle de l'Occident, autrement dit, une accélération tragique (fatale et sans retour) du merdier planétaire.
Oui, tous complices, et on n'y peut rien. Sans oublier ce syndrome instinctif, qui nous fait amoindrir la sensation du danger quand il est lointain (ou même du bonheur : comme l'enfant qui préfère un Kinder de suite, plutôt que deux, s'il faut attendre une heure...).
Tout cela dit, en vérité, personne ne connaît l'avenir. Il sera peut-être apocalyptique, il sera peut-être extraordinairement autre que ce que nous essayons de prédire... (mais il ne sera pas en tout cas comme le prévoit Cochet : un tas de chouettes copains gentlemen farmers... :D )
Marx avait prédit l'Internationale prolétarienne. Une chose est certaine, on a dores et déjà l'Internationale capitaliste. On y est ! Mais qui sait, en internationalisant le "mal", en faisant prendre de plus en plus conscience ce fait que, vu de Sirius, nous ne sommes qu'un unique "peuple", l'Humanité, vivant sur un unique territoire, la Terre, et sans planète de rechange (l'émigration vers les étoiles, c'est définitivement de la SF, sauf si Dieu en décide autrement), alors peut-être que les frontières vont tomber (le capitalisme les a déjà bien enfoncées), et qu'un gouvernement mondial (déjà embryonnaire avec Wall Street et autres places identiques) sérieux va s'instaurer, ne serait-ce que par instinct de survie : ça sera ça, ou le monde de Cochet, mais sans les petites communautés peace-and-love et "résiliantes", comme il dit...
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Feyd le 05 Aoû 2019, 13:30

Je ne crois pas vraiment à un effondrement brutal. Le réchauffement ou (dérèglement c'est selon) climatique n'est pas soudain. Ca fait des décennies qu'il s'accentue. Donc pour la société humaine, ce sera - si on ne fait rien - un lent déclin analogue à celui qui est présenté dans Interstellar. Cette vision de la fin de l'humanité m'avait marqué dans ce film. Une lente agonie presque sereine.
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Shoemaker le 05 Aoû 2019, 13:50

Feyd a écrit:Je ne crois pas vraiment à un effondrement brutal. Le réchauffement ou (dérèglement c'est selon) climatique n'est pas soudain. Ca fait des décennies qu'il s'accentue. Donc pour la société humaine, ce sera - si on ne fait rien - un lent déclin analogue à celui qui est présenté dans Interstellar. Cette vision de la fin de l'humanité m'avait marqué dans ce film. Une lente agonie presque sereine.

Une "lente agonie", en soi, serait une bonne chose, si j'ose dire ! Parce que dans la "lenteur", il y a nécessairement la possibilité donc, de se ressaisir, d'inventer de nouveaux paradigmes, etc.
En fait, le seul danger brutal et terrifiant, c'est la guerre nucléaire mondiale. Bon, on va continuer à parier sur le fait que les Hommes, au dernier moment, font passer leur instinct de survie avant la folie auto destructrice.
Je ne crois pas non plus à un effondrement brutal, en vérité. D'abord, il n'y a pas QUE le réchauffement. Il y a, plus que l'excès de pétrole, la crainte d'une grosse pénurie ! A contrario donc ! Tant qu'il y a du pétrole, ça signifie aussi qu'il y a de l'énergie super facile d'utilisation, donc AUSSI la possibilité de corriger les choses (on ne peut le faire, sans énergie, c'est aussi simple que ça).
Donc, la lente raréfaction du pétrole peut aider à un changement de logiciel planétaire. Ce n'est pas impossible. Encore une fois, la finance a bien réussi à s'internationaliser, alors pourquoi pas la "gestion de la planète"... Et dans le monde, il n'y a pas QUE des salauds. Il y a aussi des gens biens, des scientifiques conscients des choses, etc. Et quoi qu'on dise, de plus en plus, le pouvoir se concentre entre leurs mains : les traders ou les pilotes de drones hyper high tech, ne sont RIEN, sans les programmeurs derrières, sans les teknos qui conçoivent les engins, etc. Et un pouvoir, à force de se concentrer en UN endroit, il finit par s'y ... installer ! On verra bien. Et d'ailleurs, là aussi, il y a de plus en plus une "internationale" de la Science. La prix Nobel (l'équivalent) de maths a été dernièrement une Iranienne, formée en Iran, et installée aux States (décédée...), et la technologie des States se balade en Chine et en Inde, etc.
Je disais qu'il n'y a pas QUE le réchauffement. Il y a bien entendu la démographie, il y a les pollutions diverses hors pétrole, etc. C'est un tout.
Bon, on verra bien !
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Shoemaker le 14 Aoû 2019, 09:57

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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede sccc le 14 Aoû 2019, 13:04

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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Dervi le 14 Aoû 2019, 13:34



C'est moins bien résumé que ma réponse de l'autre jour :-D
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Cortese le 14 Aoû 2019, 13:49

:lol:

Sinon, hier on a regardé "Good bye Lenin" avec Niki Lauda, sur Arte.
On a adoré. Etonnamment, le film n'en fait pas des tonnes dans l'anti-communisme simplet comme c'est l'habitude, mais le plus surprenant c'est que la scène finale du film évoquant avec nostalgie la vie frugale et solidaire de l'ex-RDA, prend des accents étonnamment futuristes et pertinents, par les temps alarmistes à tous les étages que nous vivons aujourd'hui en 2019 alors que le film date de 2003 et que l'optimisme mercantiliste régnait sans partage.
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Shoemaker le 14 Aoû 2019, 18:10

Dervi a écrit:
C'est moins bien résumé que ma réponse de l'autre jour :-D

Tu as effectivement parfaitement bien résumé l'affaire. Cet article illustre justement ton propos, appliqué à un cas concret ; et quel cas, l'Allemagne ! :o
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Re: Topic Écologie (380$ le baril en 2015...)

Messagede Rainier le 14 Aoû 2019, 18:15

Cortese a écrit::lol:

Sinon, hier on a regardé "Good bye Lenin" avec Niki Lauda, sur Arte.
On a adoré. Etonnamment, le film n'en fait pas des tonnes dans l'anti-communisme simplet comme c'est l'habitude, mais le plus surprenant c'est que la scène finale du film évoquant avec nostalgie la vie frugale et solidaire de l'ex-RDA, prend des accents étonnamment futuristes et pertinents, par les temps alarmistes à tous les étages que nous vivons aujourd'hui en 2019 alors que le film date de 2003 et que l'optimisme mercantiliste régnait sans partage.


:D

J'ai revu pour la seconde fois ce film que j'aime beaucoup.
Même remarque pour Daniel Brühl, son rôle de Lauda l'a marqué à jamais (enfin pour moi) un peu comme Sean Connery avec James Bond.
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