Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede sheon le 05 Jan 2017, 11:20

:10:
D’abord, c’est celui qui le dit qui l’est. Et en plus, je bosse pas avec des cocos, moi.
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sheon
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Seb le 06 Jan 2017, 11:58

J'ai été voir Sully hier soir, c'était vraiment bien.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede sheon le 20 Jan 2017, 20:54

Comme tous les ans, l'exercice d'écrire un laïus sur un film vu il y a un an est un peu difficile (la vieillesse, tout ça).
(Comment ça j'ai que 28 ans ? :oops: )

On va commencer par les films sortis en salle en 2016 :

Accessits :
  • 10 Cloverfield Lane, Dan Trachtenberg. Censé être initialement un film indépendant scénaristiquement parlant, 10 Cloverfield Lane a été rattaché tardivement à l’univers de Cloverfield, ce qui a nécessité le tournage de scènes supplémentaires ; on s’en rend un peu compte en visionnant le film. Malgré tout, le résultat est plutôt impeccable, John Goodman absolument parfait dans son rôle de geôlier à la fois protecteur, paranoïaque et effrayant. Les cartes sont sans cesse brouillées, jusqu’à un final plutôt inattendu qui pose la question suivante : peut-on avoir raison à propos d’une menace mais tort dans la manière de s’en protéger ?
  • Dernier Train pour Busan, Sang-ho Yeon. Film de zombies se passant quasi-exclusivement à bord d'un train (à destination de Busan, aussi incroyable que cela puisse paraître :lol: ), Dernier Train pour Busan, s'il n'a pas une originalité folle, parvient à se montrer particulièrement ludique en plaçant ses personnages dans des situations de plus en plus inextricables, dont ils ne peuvent se sortir qu'au prix d'idées et de risques proportionnels à la menace. Très efficace et distrayant.
  • Elle, Paul Verhoeven. Le trublion néerlandais tourne désormais en France, après être devenu persona non grata aux États-Unis (qui ont fini par se rendre compte qu'il se foutait de leur gueule à chaque film). Cette fois-ci, il s'attaque à la bourgeoisie française, et il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Tout commence par un viol, et par une victime qui ne réagira pas du tout de la manière attendue... Isabelle Huppert, comme souvent, est absolument admirable dans son rôle.
  • Jodorowsky's Dune, Frank Pavich. Jodorowsky’s Dune est un documentaire décrivant la tentative d’Alejandro Jodorowsky d’adapter le roman Dune, de Frank Herbert, au cinéma. À travers les interventions des différents acteurs du projet et surtout de Jodorowsky en personne, ce film parsemé de dessins et d’animations nous met l’eau à la bouche devant l’un des plus célèbres projets cinématographiques avortés.
  • Le Monde de Dory, Andrew Stanton & Angus MacLane. Bonne surprise que cette suite au Monde de Nemo, puisque, loin de s'appuyer sur ses acquis, Pixar décide de nous prendre par surprise en proposant un film très différent du premier. S'il suit le schéma de la quête initiatique, c'est à la recherche de sa mémoire que part Dory, dans un maelström de rencontres toutes plus improbables les unes que les autres. Le résultat est peut-être même supérieur au précédent film.
  • Les Ardennes, Robin Pront. Un thriller violent et sans concession qui nous est venu de Flandre. Jusqu’au-boutiste dans sa représentation d'une frange sociale délaissée, livrée à elle-même, d'où les personnages semblent ne pas pouvoir s'extraire.
  • The Neon Demon, Nicolas Winding Refn. S'il a sans conteste un indéniable talent pour l'image, Winding Refn a un peu trop tendance à se regarder le nombril, et ça se voit. The Neon Demon montre l'ascension fulgurante d'une jeune fille dans l'univers du mannequinat, mais mélange très bonnes idées visuelles et branlette graphique. Pas déplaisant à regarder, mais pas non plus le film le plus subtil du réalisateur.

Allez, c'est parti pour les dix :

10 : The Witch, Robert Eggers.
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Situé à l'époque de la colonisation de l'ouest américain, The Witch suit une famille de mormons expulsés de leur communauté. Livrés à eux-mêmes pour bâtir leur maison et faire fructifier tant bien que mal leurs quelques possessions terrestres et animales, ils vont rapidement être confrontés à des phénomènes de nature à bouleverser leur foi et à faire voler en éclat leurs liens familiaux. Maladroitement catégorisé comme "film d'horreur" dans sa promotion, The Witch pourrait plutôt être désigné comme un film mélangeant fantastique et angoisse : rien de réellement effrayant, mais plutôt une ambiance de plus en plus pesante.

9 : Saint Amour, Benoît Delépine & Gustave Kervern.
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Dernier film en date du duo Delépine-Kervern, Saint Amour est une virée à travers la France d’un père éleveur et de son fils sur la route des vins, à bord d’un taxi conduit par Vincent Lacoste. Poelvoorde campe un alcoolique particulièrement peu à l’aise avec les femmes et Depardieu son père, qui tente ce qu’il peut pour se rapprocher de son fils et l’aider, en laissant régulièrement des messages sur le répondeur de son épouse décédée. Suivant le même principe que Mammuth, celui du voyage initiatique, le film nous entraîne d’une rencontre à l’autre, avançant de plus en plus loin dans l’absurdité touchante. Comme souvent avec Delépine et Kervern, Saint Amour ne se contente pas de faire rire, c’est aussi (surtout ?) une réflexion sociale à travers des personnages qui, bien qu’à peine esquissés, ont une profondeur que le spectateur capte au premier coup d’œil. Une vraie réussite.

8 : Comancheria, David Mackenzie.
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Pensé comme un western, Comancheria se déroule au fin fond du Texas, dans des petites villes à l’écart du temps, délaissées par les grandes mégapoles de l’est américain. Braquages de banques, poursuites, mais aussi calme plat et mortifère de ces espaces abandonnés, tout y est. Jeff Bridges, comme souvent, est excellent dans son rôle de texas ranger nonchalant qui vanne sans cesse son partenaire, Gil Birmingham, sur ses origines indiennes. Quelques séquences sont vraiment marquantes, faisant du film une petite réussite.

7 : Kubo et l’armure magique, Travel Knight.
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Très bonne surprise que ce film d’animation du studio Laika (Coraline, L’Etrange pouvoir de Norman, Les Boxtrolls) ! Réalisé en stop-motion, Kubo et l’armure magique est un petit exploit de mise en scène, tout en ne cédant pas un pouce de terrain à une excellente narration ne tombant jamais dans la facilité. L’animation est si fluide qu’il est quasiment impossible de repérer la stop-motion ! Très beau visuellement comme scénaristiquement, ce film est clairement un immanquable de 2016 pour les amateurs d’animation.

6 : Tu ne tueras point, Mel Gibson.
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Engagé volontaire lors de la 2nde Guerre Mondiale, Desmond Toss est également profondément croyant, et, à ce titre, il refuse de toucher à une arme. Néanmoins, voulant aider ses compatriotes, il devient infirmer militaire et va faire preuve d’un dévouement hors-pair pour sauver les siens. Inspiré d’une histoire vraie, Tu ne tueras point aurait pu être un film banal voire idiot sur la foi chrétienne, mais il n’en est rien : n’épargnant aucun détail de la brutalité du conflit au Pacifique, il n’impose à aucun moment un quelconque point de vue sur les faits. Toss est persuadé d’être aidé par son dieu, mais Gibson, bien que très croyant lui-même, ne fait que montrer ses actes avec une vision extérieure : Toss est habité et, quelle que soit sa motivation, elle le pousse jusqu’à l’épuisement. Très fort.

5 : Les Huit Salopards, Quentin Tarantino.
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Pour son deuxième (et probablement dernier) western, Tarantino change totalement de sujet pour choisir un huis-clos lors d'une tempête de neige, où aucun personnage ne fait confiance aux autres. Très dialogué, bien plus proche du style d'un Reservoir Dogs que de Django Unchained, le récit n'en est pas moins captivant. L'influence de The Thing sur l'ambiance est palpable, puisqu'il s'agit d'un huis-clos où tous les personnages se soupçonnent les uns les autres (ce n'est pas un hasard si certains titres de la B.O. proviennent de pistes de The Thing inutilisées). Construit en deux parties (séparées par une entracte dans la version pellicule 70mm), le film est ainsi fracturé entre une première partie de mise en place, à l'atmosphère tendue, et une deuxième partie totalement folle et imprévisible. Du bon Tarantino.

4 : The Revenant, Alejandro González Iñárritu.
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Iñárritu situe son western au début du XIXe siècle en Alaska, une époque et un lieu assez peu traités dans le genre. Au milieu d’étendues enneigées, des trappeurs essaient d’échapper à une tribu indienne hostile. Blessé gravement suite à un corps-à-corps avec un ours, sommairement soigné mais finalement abandonné par ses pairs, Hugh Glass (Leonardo Di Caprio) doit aller au bout de lui-même pour survivre. À travers une quête initiatique le menant à une véritable renaissance, Glass veut pouvoir venger son fils, assassiné par John Fitzgerald (Tom Hardy), un trappeur sans scrupules. Une image magnifique, des plans-séquences virtuoses menés de main de maître par Emmanuel Lubezki (également directeur de la photographie de Malick et de Cuaron), The Revenant est une grosse claque en pleine gueule.

3 : The Tenants Downstairs, Adam Tsuei.
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Adam Tsuei est l’ancien directeur de Sony Music Entertainment en Chine, et producteur de chanteurs de pop chinois. Il a également été producteur de trois films de romance : You Are the Apple of My Eye, Tiny Times et Café. Waiting. Love. Bref, quand on connaît le CV du monsieur, et qu’on entend qu’il va réaliser son premier film, à quoi peut-on s’attendre ? Certainement pas à The Tenants Downstairs, en tous cas ! Cette histoire du propriétaire d’un immeuble qui espionne ses locataires grâce à un réseau de caméras part en effet très vite en vrille, lorsqu’il décide de bouleverser leur routine à leur insu. Le résultat est totalement inclassable, avec des scènes de comédie mais en virant parfois dans l’horreur ou le gore. Un film totalement fou, à un degré rarement vu.

2 : Demolition, Jean-Marc Vallée.
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Davis Mitchell (Jake Gyllenhaal) ne comprend pas la totale absence de tristesse qu’il éprouve devant le décès de son épouse. Totalement décalé face au monde qui l’entoure, et en particulier ses proches, il rencontre une mère célibataire (Naomi Watts) et son fils (Judah Lewis) et décide de tout démolir, en commençant par sa propre maison. Loin d’un facile tire-larmes, Demolition aborde le thème du deuil sous un angle intéressant et assez tabou, lui donnant un aspect exploratoire. Dans la construction du récit, d’autres thèmes sont également abordés de manière intelligente et efficace (l’homosexualité, notamment). Une vraie bonne surprise en ce qui me concerne.

1 : Premier Contact, Denis Villeneuve.
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Ca y est, les extra-terrestres sont arrivés sur Terre. Mais il s’agirait maintenant de pouvoir communiquer avec eux ! C’est sur cette intrigue d’apparence basique que démarre Premier Contact, avant de partir sur un terrain auquel on ne s’attendait pas. Visuellement magnifique, montage parfait, mise en scène travaillée, ce film est LA pépite de 2016 qu’il ne fallait pas rater. Il est bon, ce Denis Villeneuve.


Et maintenant, les films découverts cette année :
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Et si j'ai le courage, j'essaierai de faire un petit top 10 des nanars que j'ai vus cette année. :P
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Ouais_supère le 20 Jan 2017, 21:15

Cool, merci Sheon pour tes retours cinématographiques, c'est toujours intéressant !

Franchement, The Revenant, j'ai du mal à comprendre... Ce film m'a épuisé, mais épuisé énervé, en plus.
À la fin, j'arrêtais pas de me dire "putain, tout ça pour ça "
Autant j'ai pris du plaisir sur Birdman, au moins, autant là c'était une souffrance de A à Z.

Et je savais pas que 10 Cloverfield Lane n'était pas censé être en rapport avec Cloverfield, ça explique le n'importe quoi final !
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede sheon le 20 Jan 2017, 21:18

Ah, c'est marrant, moi j'ai trouvé The Revenant bien supérieur à Birdman, qui était un peu plus un exercice de style.
Pour 10 Cloverfield Lane, oui, la fin est surprenante voire en trop. J'aurais préféré que ça coupe plus tôt (et que, du coup, ça ne soit pas rattaché à Cloverfield).
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Ouais_supère le 20 Jan 2017, 21:27

J'admets, je l'ai pas compris, The Revenant.
Littéralement.
Je comprends pas ce qu'il veut me raconter.

Veinard, t'as découvert de super films en tout cas.
M le Maudit, on devrait le montrer dans les écoles.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede heow le 20 Jan 2017, 21:29

Super liste, ça me donne de quoi piocher dans ceux que j'ai pas encore vu. :good
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Cortese le 21 Jan 2017, 15:52

Ouais_supère a écrit:J'admets, je l'ai pas compris, The Revenant.
Littéralement.
Je comprends pas ce qu'il veut me raconter.

Veinard, t'as découvert de super films en tout cas.
M le Maudit, on devrait le montrer dans les écoles.


The Revenant c'est une histoire vraie. C'est l'incroyable acharnement à survivre d'un homme dans des conditions impossibles. Va lire l'histoire du mec sur wiki. Des trucs dingues, genre ramper sur des dizaines de km, avec les jambes brisées en s'orientant vers une montagne qu'il reconnaissait. Ce qui est décevant c'est que la vraie histoire est trois fois plus palpitante que la version du film bizarrement atténuée. Moi j'ai bien aimé. Le genre de truc qui me fait monter l'empathie autrement plus vite qu'une billionième histoire d'amour prévisible jusqu'à la caricature (sauf que les caricatures sont souvent drôles, alors que dans ce cas ci il ne reste qu'une sorte de lente agonie qu'on s'impose pour Dieu sait quelle raison, du genre salle d'attente chez le dentiste, avec juste des "Maisons et Jardins" sur la table basse).
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Ouais_supère le 21 Jan 2017, 19:07

C'est sans doute une formidable histoire vraie, mais je voulais voir un bon film, moi.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Cortese le 22 Jan 2017, 01:36

Ouais_supère a écrit:C'est sans doute une formidable histoire vraie, mais je voulais voir un bon film, moi.

En toute franchise, je ne vais plus au cinéma sauf exception, trop de mal au fesses d'ennui. Ma compagne n'est plus très interessée non plus, mais The Revenant sans être très bon m'a fait passer un bon moment. Echapper à l'affectivisme délirant qui semble nous cerner de partout sans avoir besoin d'aller chercher un film de 1947, c'était un soulagement. Mais qu'est ce qu'ils ont les gens ? Leur mère les forçait à manger du boudin quand ils étaient petits ou quoi ?
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 22 Jan 2017, 02:52

Je me lance enfin...

Il faut dire que je suis face à un brouillard un peu difficile à dissiper...
Je m'explique: j'ai vu des films en des circonstances bien différentes (oui comme tout le monde, mais je vais éclaircir ce que je veux dire..). Et j'ai du mal à les concilier.
Pour être plus clair. A plusieurs reprises dans l'année, certaines circonstances (par exemple des festivals) m'ont obligé à faire une hiérarchie des films vus en si peu de temps...
Et j'ai du mal rétrospectivement à concilier ces classements d'alors avec le classement annuel.
Ou pour être encore plus clair: j'ai d'un côté des films dont je n'ai que le souvenir (ceux vus au long de l'année)... et de l'autre des films où j'ai le souvenir et une place hiérarchique (qui peut corriger le souvenir un peu faussé ou passé)
Certes, les jugements à chaud ne sont pas les meilleurs et donc les souvenirs sont parfois meilleurs conseillers. Mais dans le même temps, la trace retrouvée d'un hiérarchie aussi erronée soit-elle est parfois bien utile quand le film s'est trop dissipé.

En somme je pense que pour certains films, je vais mettre la place en violet, afin d'indiquer que mon souvenir est flou et la place pas absolue, seulement héritée d'une déduction, mais qu'il n'y aurait aucun problème peut-être à mettre le film un peu plus haut ou plus bas.

C'est fini pour le préambule..


Pour mieux juger des omissions:

Je voulais les voir mais ne les ai pas vu, j'aurais bien voulu mais ils m'ont échappé:
- Moi, Daniel Blake (peut-être d'ici mardi, avec son retour en salle)
- Comancheria
- Un jour avec, un jour sans

Je ne voulais pas particulièrement les voir (à tort sans doute), donc je ne les ai pas vu non plus:
- Merci Patron
- La Loi de la Jungle


Pour le reste, si un film est omis, vous pouvez considérer que surement je l'ai vu mais qu'il ne mérite pas d'être cité. Ou bien que je ne l'ai pas vu car c'était inutile de le voir, d'avance il était dans les tréfonds.

Quelques mots pour:
- La femme qui est partie (Ang Babaeng Humayo) de Lav Diaz (Philippines, Allemagne, France)
Difficile de se faire une véritable idée de ce film au vu des circonstances de vision (grande fatigue, heure très tardive, longueur inattendue [toujours lire le programme! 3h46] et très longs plans fixes).
A priori, le film ne m'a pas semblé extraordinaire.
Mais en même temps difficile d'écarter définitivement un film dans lequel on sent quelques filiations avec Ozu et Renoir.. ou même d'Hou Hsiao Hsien (sans a priori que le film soit aux hauteurs de ces précités).
Difficile aussi (c'est le plus faible des arguments ici) d'écarter définitivement un film qui quelques heures plus tard a hérité du Lion d'Or vénitien (même si souvent, pour qui a vu tous les films les prix sont en dépit du bon sens, il y a toujours quelque chose à sauver dans un palmarès)
Bref, a priori, aujourd'hui, je ne mettrais sans doute pas le film de Lav Diaz dans les meilleurs films de l'année.
Mais sans doute mérite-t-il (un peu de courage et) une deuxième vision pour en être sûr. Ca tombe bien le film sort le 1er février. Enfin dans les salles assez folles pour lui accorder ces presque quatre heures.
Ceci donc pour qu'il éveille quand même votre curiosité, je suis peut-être passé à côté, qui sait.

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- Café Society de Woody Allen (États-Unis) et Love & Friendship de Will Stillman. A peu près les mêmes mots que Silverwitch. Deux grandes déceptions. Certes en lisant certains films ci-dessous, il y a de quoi se dire "vraiment, ils sont mieux que le Woody Allen?" (moi aussi j'entends ça ). Mais en même temps, quel film bâclé que celui d'Allen: où les digressions, apparaissent pour ce qu'elles sont, des digressions pour faire durer le film.. et où elles apparaissent parfois comme les parties parfois les plus intéressantes du film (ce qui est plutôt inquiétant pour le reste du film). Une mise en scène ni faite ni à faire, dont ces choix de contreplongée et de focales ne sont que la face immergée de l'iceberg. Et des acteurs qui n'ont rien à faire dans le film, comme Eisenberg extrêmement vide, désincarnéµ. Le regard mort. Et tout ça qui brouille ce que le film tentait de réaliser: une confrontation en miroir inversé entre rêve et réalité par la médiation du cinéaste en narrateur (et troisième angle du triangle)

- Jackie de Pablo Larrain (Chili, France, Etats-Unis). C'est un ratage . Mais en même temps pas une déception celui là était attendue. Dès le départ, on pouvait s'interroger sur ce que le cinéaste allait faire dans cette galère (enfin puisque le film a du succès, c'en est pas une de son point de vue certainement), d'un sujet ni fait ni à faire (sauf commercialement), sur lequel Larrain est hors sol (contrairement à Neruda), sur lequel il n'a aucun point de vue sinon des banalités (que JKB soit une femme de communication et construise intentionnellement sa propre légende et celle de son défunt, mais quelle découverte ! Sans compter que même si c'était pertinent, quelle importance à tout cela aucune). A cela s'ajoute un casting aberrant où seul importe visiblement le potentiel commercial de l'affiche: entre Portman qui singe une femme déjà à la limite de la folie, avant l'assassinat, visiblement elle ne connait rien jouer d'autre que la follette de Black Swann ou Gerwig, et quelques autres acteurs).
Sur Gerwig voilà que j'écrivais l'autre fois:
Comme l'horrible prochain ratage Jackie où on fait [de Gerwig] un faire valoir de Portman (et donc pour qu'on ait l'impression que Portman est une plus grande actrice, imaginez comment il faut saucissonner le plus possible les présences de Gerwig, la transformer en ombre et j'en passe... à se demander pourquoi elle a été castée dans le rôle en fait ... d'ailleurs le rôle est presque doublement ironique, comme on le voit dans la BA, c'est le chaperon qui apprend à Jacqueline Portman à figer son visage, comme si Portman avait besoin de leçon en la matière.. et comme si Gerwig était l'exemple d'un être figé.. :roll: :D )

Pourtant Larrain accumule les tours de force, mais du coup, puisque le film est si peu inspiré en ce qu'il exprime, ça devient plus du maniérisme et de la pose qu'autre chose.
Mais enfin, je suis peut-être sévère ou je n'étais pas dans un bon jour, donc pour la curiosité de la mise en scène, ne vous interdisez pas de la voir quand même. Qui sait... (bon en même temps Portman est quand même un mauvais signe)

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 22 Jan 2017, 02:52

Les choses sérieuses maintenant

(en plusieurs posts à venir, c'est que rien que le post précédent et celui là m'ont pris pas mal d'heures hein !)

15. Everybody wants some!!
Richard Linklater
(États-Unis)
(sortie française: 20 avril 2016)

Je vois déjà les froncements de sourcils.
Aussi je vais déroger au principe ordinaire implicite, qui est de trouver en quelques mots bien choisis d'essayer de saisir l'essence du film ou en tout cas, de laisser quelques mots qui donnent envie de le voir.

En postant les mots que j'avais commencé pour heow voilà 3 mois.

D'abord il faut situer le film: c'est un film assez simple... sans ambition affichée: ce sont en deux heures quatre jours sans événement extraordinaire ni tournant ... seulement les quatre jours avant la rentrée universitaire, qui séparent l'arrivée dans la pension du club sportif des premières heures de cours.
A aucun moment du film, il ne va y avoir quelque chose d'artificiel où le spectateur pourra se dire "c'est le tournant de leur vie" ou "c'est en fait ça qu'on attendait, un rebondissement, pourquoi ils ont fait le film".. Non ce sont des bribes de vie.

Seulement, au fur et à mesure du film, il infuse quelque chose de plus profond que sa surface potache.
D'abord, comme chez John Hughes, l'on se trouve face à des êtres qui initialement cherchent sans cesse à se distinguer les uns des autres (et ce malgré le fait que le collectif domine les rapports sociaux, ils se déplacent même en meute) et qui vont à renoncer à cette originalité feinte et apprendre à accueillir l'autre en le considérant comme un autre eux-même, similaire, découvant que la véritable singularité est non dans cette singularité forcée, mais dans l'unicité avec la rencontre de l'autre (bon c'est bien moins réussi ici que chez Hughes).

Mais surtout, il infuse un double rapport au temps.
D'abord, derrière l'insouciance de chaque instant du film, peu à peu sous la surface, quelque chose pointe. Le goût que déjà tout est révolu, que ces moments ne vont plus revenir. Tout est déjà passé, tout est déjà ailleurs; peu à peu apparait, alors qu'ils demeurent ensemble, que pourtant chacun est déjà sur sa propre route. Nous sommes en 1980. Et quelque part aussi en 2016.*
Ensuite, cet instant sans importance, ces quatre jours, cet entre-deux sans importance, ce compte-à-rebours, est aussi le passage dans un présent éternel. D'une éternité.**
Dont les personnages sortent changé.
Arrivés sûrs d'eux, même, nous les quittons habités d'une confiance tranquille: celles de savoir qu'ils ne savent rien, ni de ce qu'ils sont, ni de ce que le temps leur réserve.

  • Tout le monde en veut!! Du sexe, du plaisir, de la musique, des amis, des filles ou garçons? Non, simplement: du temps.


*: Par deux fois par l'entremise cinéaste, qui fait renaître septembre 1980 comme un présent via une fenêtre et qui invisiblement nous traduit aussi que cette fenêtre est hors d'atteinte.
**: (L'un d'entre eux ne cache-t-il pas son 'grand' âge pour demeurer dans cette éternelle jeunesse)


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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 22 Jan 2017, 04:33

15. King of the Belgians
Jessica Woodworth, Peter Brosens
(Belgique, France, Pays-Bas, Bulgarie)
(sortie française: inconnue)
(sortie belge: 30 novembre 2016)


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Capté par un documentariste engagé initialement pour un documentaire censé le montrer plus proche du peuple, la fuite et le périple te imprévu entre Turquie et Bruxelles de Nicolas III (âme esseulée et roi des Belges à ses heures), et de sa suite, quand la Wallonie décide de façon impromptue de déclarer son indépendance, un jour où quelque volcan ou manifestation cosmique plaque tous les vols au sol, et que la Turquie cherche impérativement à le retenir sur son territoire, se sentant garante de sa sécurité.

  • Fable picaresque ambitieuse qui balaie tant l'infime et l'intime que le cosmique et le politique, le film met en parallèle la réalisation individuelle de ses personnages et principalement de la figure royale -- le génial Peter Van Den Begin --, c'est à dire leur recherche du bonheur, le retour vers soi, et le retour vers ce chez soi qui n'existe plus vraiment. C'est lors de cette Odyssée au sens propre, dans les Balkans -- comme les réfugiés --, que paradoxalement le puzzle balkan qu'a toujours été Nicolas III -- à l'image de cet état-non-nation sur lequel il est censé régner -- va trouver pour la première fois son unité et se révéler à lui-même. D'une certaine manière, un hymne à la souveraineté.

Le film n'était pas censé être à mon programme initialement, mais je l'avais ajouté par estime et confiance pour Woodworth et Brosens. Je ne l'ai pas regretté.
Lucie Debay (exceptionnellement rousse), et Bruno Georis sont eux aussi extraordinaires.


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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 22 Jan 2017, 13:59

14. Premier Contact / Arrival
Denis Villeneuve
(États-Unis)
(sortie française : 7 décembre 2016)


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"Now, I'm not sure I believe in endings and beginnings."
(Quelques uns des premiers mots du film)

Un film sur le temps retrouvé, la temporalité de l'être et sur la condition être-été de l'Homme.
Qui invite sortir de la
quotidienneté pour revoir pour un temps bref le présent comme une éternité.
Le film reste malheureusement un peu en surface et le peu de grâce du film, ne tient à l'intelligence de son scénario et très peu en fait à sa mise en scène ou sa réalisation sans singularité ni personnalité.
Mais le film a tout au moins le mérite de devenir un prétexte surprenant à plonger le spectateur dans ces questions.


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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 22 Jan 2017, 18:09

13. Paradis / Рай / Rai / Paradise
Andreï Kontchalovski
(Russie, Allemagne)
(sortie française: inconnue)
(sortie russe: 19 janvier 2017)


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Mais quelle mouche a donc piqué Andreï Kontchalovski? S'enfermant dans un dispositif de mise un peu absurde -- que je ne détaillerai ou n'expliciterai pas, ça fait partie de la découverte du film -- il étouffe son cinéma, pourtant toujours fougueux, comme son précédent film Les nuits blanches du facteur en avait témoigné.
Et tend malheureusement vers le pensum.
Pourtant si on veut oublier ces séquences critiquables qui constellent le film, il y a un beau film pas loin, même si pas si original.
Le film est sauvé par l'absolue sincérité qui en exhale, émanation de celle du maître russe et de sa troupe d'acteur face ce sujet (Julia Vysotskaya, Christian Clauss, et Philippe Duquesne, entre autres ainsi que deux jeunes enfants).
Choix un peu surprenant au vu de l'absurdité du dispositif, le film a été co-lauréat du Lion d'Argent de la Mise en Scène/Réalisation. Même si c'est quelque peu immérité, ça l'est toujours bien plus que le co-lauréat, le film vain, absurde et laid d'Amat Escalante.
Le film représente la Russie et est toujours en course pour le prochain Oscar du meilleur film étranger.

  • Le Bien comme le Mal, l'oeuvre de gens tout aussi aimables.
    Certains de faire pour le mieux.
    L'humanité entière, chaque individu comme une expérience séparée de la vie, à travers le courant de forces et logiques qui les dépassent et parfois (souvent?) les dominent et les emportent.

PS: La bande-annonce donne faussement l'impression d'un récit entièrement concentrationnaire. Ca n'est qu'un chapitre du récit.
PS2: Le film s'achève sur ces mots:
"In memory of the Russian emigrants and
the Resistance fighters against the Nazi occupation of France,
who sacrificed their lives to save the Jewish children."


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Messagede Hugues le 22 Jan 2017, 19:26

12. Le Christ Aveugle / El Cristo Ciego / La Parabola del Cristo Ciego / The Blind Christ
Christopher Murray Garcia
(Chili, France)
(sortie française: confirmée, à venir)

Image

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  • Partout est la lumière.
    Lumière divine, qui sait? Lumière humaine, assurément.

    Fou ou Christ véritable, un jeune homme habité de sa foi, porte la parole de villageois déshérités ou spoliés, leurs combats, leurs revendications et rappelle à tous l’existence de ces êtres humains invisibles relégués ordinaires à la marge, oubliés dans ce désert physique et social. Surtout, il leur redonne leur dignité et un peu de foi en l’avenir.
    Ce personnage miraculeux n’est pas sans conflit, et le cinéaste maintient jusqu'à la fin l'ambiguité: plus que jamais humain, tous les miracles ne lui sont pas possibles.

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 22 Jan 2017, 20:30

(Celui qui suit j'en ai déjà parlé il y a quelques jours, sauf que maintenant... on a la bande-annonce française en plus !
Bon, j'ai un peu cédé à la facilité en reprenant le gros du propos. Désolé, du coup c'est un peu bavard)

11. Citoyen d'honneur / El Ciudadano Ilustre / The Distinguished Citizen
(Mariano Cohn, Gastón Duprat)
(Argentine, Espagne)
(sortie française: 8 mars 2017)


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C'est une comédie que j'aime beaucoup et le film qui a fait le plus d'entrées cette année en Argentine.
J'avais peur que personne n'ait l'intelligence de le montrer en France, mais si, cela sera bien le cas, et en plus avec un très bon distributeur.

L’Argentin Daniel Mantovani, lauréat du Prix Nobel de littérature, vit en Europe depuis plus de trente ans. Alors qu'il refuse systématiquement les multiples sollicitations dont il est l’objet, il décide d'accepter l'invitation reçue de sa petite ville natale qui souhaite le faire citoyen d'honneur. Mais est-ce vraiment une bonne idée de revenir à Salas dont les habitants sont devenus à leur insu les personnages de ses romans ?

Pour être un peu plus précis, en fait, Daniel Mantovani n'a plus écrit un livre depuis son Prix Nobel, en panne depuis 8 ou 9 ans, quand il reçoit cette invitation qu'ordinairement il refuse.

Le film vise tellement juste (à la limite on peut oublier que c'est une comédie, si il n'y avait quelques instants burlesques), le personnage de Daniel Mantovani est si bien cerné tant pas les cinéastes que par Oscar Martínez, l'acteur qui l'incarne que en repensant au film peu après l'avoir vu on a du mal à accepter que Daniel Mantovani n'existe pas. On voudrait presque que Martínez avoue "non en fait je suis Mantovani, c'est ma propre histoire qu'on a mis en scène".
Tant et si bien que le prix d'interprétation de la Coupe Volpi emporté en septembre à Venise ne pouvait que lui échoir, il n'avait pas de véritable concurrence.

D'ailleurs Daniel Mantovani est-il vraiment une fiction ? Après tout, il a sa page Wikipedia. Et n'a-t-il pas réussi à vaincre la page blanche tout récemment en publiant un nouveau roman sur laquelle l'éditeur ne rougit pas d'indiquer Prix Nobel de Littérature?

  • Une réflexion passionnante et intelligente sur la création artistique, sur l'inspiration, sur la célébrité, et sur les legs de la jeunesse dans une existence.
    Par ailleurs, outre une question très argentine, celle de soigner la blessure nationale de n'avoir jamais eu un Prix Nobel malgré sa très grande littérature et Jorge Luis Borges, c'est aussi un film aussi sur les racines d'une incompréhension et d'un rejet mutuel: rejet du cosmopolite et de ses critiques (pas forcément injustes) par ses compatriotes restés au pays, et certitude erronée du cosmopolite malgré l'empathie sincère et sans condescendance qu'il a pour eux de retrouver des gens qui par leur attachement à la tradition refusent l'idée du progrès.

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Messagede sheon le 22 Jan 2017, 22:30

Je suis très curieux, j'essaierai de voir ça en mars :good
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 23 Jan 2017, 01:57

10. Fais de beaux rêves / Fai Bei Sogni
Marco Bellocchio
(Italie, France)
(sortie française: 29 décembre 2016)
(sortie belge: 14 décembre 2016)
(sortie italienne: 10 novembre 2016)




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  • Entre deux danses et deux bienveillants voeux nocturnes: un non-dit, 35 ans et deux fantômes. Belphégor d'abord, exigeant et irrépressible inspirateur de l'oubli du deuil d'un enfant. Puis quand l'imaginaire de l'enfance s'évapore, un homme absent de son corps et de sa vie. Sans plus de repère.
    Tout en superposant avec délicatesse et subtilité présent et passé, Marco Bellocchio convoque aussi les motifs de son cinéma: son habituel baroque, les surimpressions, les juxtapositions, les ombres détourées à la lumière, la mère et l'enfant. Ou plus singulièrement sur les quelques derniers films: la neige, la fenêtre et l'ombre maternelle.
    Toujours le même et chaque fois différent, le réalisateur (après un film plus faible voilà quatre ans) nous rappelle qu'il est bien, avec les frères Taviani, loin devant tous les autres, le plus grand cinéaste italien vivant. Quel plaisir en outre, pour sceller cet ensemble que de retrouver ce délice oublié, les partitions singulières de Carlo Crivelli et leur baroque si complémentaire de l'esthétique du vieux cinéaste. Qui ensemble font surgir une délicate et étrange magie au sein de l'image animée.
    (Mais il y a aussi 'Colchiques dans les prés' par une interprète quelque peu singulière: Dorothée. Si si!)
    Enfin, le ticket pour le film est aussi un ticket pour tomber tout droit amoureux de cette maman si inoubliable et adorée: Barbara Ronchi.
    Ou à la rigueur (mais vraiment à la rigueur) de quelques autres jolis visages (mais certainement bien moins subtils) du cinéma transalpin (comme Linda Messerklinger ou Miriam Leone).

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 24 Jan 2017, 21:02

9. Aquarius
Kleber Mendonça Filho
(France, Brésil)
(sortie française: 28 septembre 2016)

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  • Les territoires imaginaires envahis par le cancer du réel.

Difficile de dire mieux que Silverwitch.

Silverwitch a écrit:Un film à la fois remarquable, original et agaçant. Après réflexion, je le signale car il a le mérite d'offrir une vision complexe et riche d'une femme autant que d'un pays.


Sinon pour préciser, que le film a quelques défauts: à plusieurs instants on entrevoit un autre film, meilleur encore, qu'il aurait pu être, mais il en manque l'occasion. C'est une des choses qui le rend agaçant. Cela est le plus patent dans les derniers instants. Le film semble tourner autour d'une sortie qu'on redoute qu'il emprunte. Et il la choisit: on sent qu'il cherche la punchline et le coup de poing et ils viennent. Presque ridicules. Au lieu de littéralement par quelque intrusion magique faire triompher l'imaginaire qu'il encense tout au long.
Et puis dommage peut-être d'avoir choisi en reine de son imaginaire un personnage peut-être trop aisé (s'exposant à la critique de
first world problems, problèmes de riches, ou en tout cas de la classe moyenne, alors que l'attachement à son lieu de vie de la si lettrée Clara, si enrichie de sa vie passée et ses souvenirs, est universel)

Mais après tout, on peut bien oublier tous ces défauts, si c'est pour comme Clara renvoyer à leurs études ou leurs retraites tous ces zélateurs, ces pangyristes du « réel », ces Valls-Macron-Giesbert-Fourest-Elkrief-Molinié-Nay.


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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 25 Jan 2017, 00:44

8. La Danza de la Realidad 2013 & Poesía Sin Fin 2016
Alejandro Jodorowsky
(France, Chili) & (France, Chili, Japon)
(sorties françaises: 4 septembre 2013 & 5 octobre 2016)

Image Image

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  • Ingérer l’ennemi, allier ce qui est irréconciliable et transformer l'éclosion d'une vocation et d'une nécessité irrépressible, la poésie, en deux fables, deux chansons de geste universelles.
    Plus exactement que ses souvenirs, Alejandro Jodorowsky réenchante et sublime les sensations, les couleurs, et les émotions de son enfance et de sa jeunesse en un testament mimétique.
    En quelque sorte à mi-chemin entre Federico Fellini et Miguel Gomes (et même peut-être d'une certaine façon le
    Sayat Nova de Paradjanov), sans jamais bien sûr voguer tout si haut que le 'Je me souviens' du maître italien, Jodorowsky nous fait cadeau de deux oeuvres émouvantes et foisonnantes d'inventivité, pourtant au soir de sa vie. Mais parce qu'au soir de sa vie.

Hugues

NB: Quoiqu'intiment liés par des personnages et un univers communs, et en quelque sorte suite l'un de l'autre, sans l'être tout à fait, il n'est pas nécessaire d'avoir vu l'un pour voir l'autre.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 25 Jan 2017, 02:35

7. Le Teckel / Wiener-Dog
Todd Solondz
(Etats-Unis)
(sortie française: 19 octobre 2016)
(sortie américaine: 24 juin 2016)


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Ne vous fiez pas au numéro élevé en haut à gauche, il n'y a pas un monde entre ce film et ceux qui le précèdent, bien au contraire.
  • Quatre pattes, quatre temps de la vie, quatre peintures de quatre solitudes et de l'humanité, qui en moins d'une heure et demi qui parviennent chacune à en exprimer plus en 20 minutes que bien des films de 3h. Et à la fin arrive ce qui arrive toujours, et même l'exception charpentière! De là à dire que notre teckel est fils de...

    Toujours aussi misanthrope, Solondz, bon chien, a quand même quitté sa niche pour aboyer dans un humour noir et désespéré sa détresse mélancolique à n'importe quel méchant homme veut l'entendre .


En tout cas c'est pas n'importe quel teckel, on a chanté sa légende:

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J'essaierai de mettre les images qui vont avec prochainement (c'est qu'il y a un clip et des paroles, mais je diffère pour le moment parce que les images que j'avais sous la main divulgâchent quelque chose)

Hugues

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 25 Jan 2017, 19:31

Tous les films qui vont suivre sont sans doute d'immenses films. Pour ne pas dire des chefs d'oeuvres, ou des films qui s'en approchent de très près.

6. On The Milky Road / На млијечном путу / Na mliječnom putu
Emir Kusturica
(France, Royaume-Uni, Serbie, Etats-Unis)
(sortie française: inconnue)
(sortie portugaise: 29 décembre 2016)
(sortie russe: 12 janvier 2017)


Image Image
Image

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Si l'un des cinéastes précités est foisonnant, quels sont les adjectifs qui conviennent à Kusturica et son dernier film. Exhubérant, foisonnant, lui aussi, et foutraque sans doute.

Après avoir fait dialoguer son oeuvre parfois avec les autres arts, Kusturica revient aux origines: faire du cinéma, dans toute son instinctivité.
Et le cinéaste se retrouve, dans une renaissance émouvante et inespérée.

Qu'y a-t-il de commun entre un serpent protecteur avide de lait, un faucon danseur, un livreur à dos d'âne obsédé par son sacerdoce se moquant des obstacles et des dangers, un village séparé par les tranchées d'un conflit fraternel absurde, si absurde que les villageois s'en accomodent et vivent presque normalement au milieu des projectile, un général anglais jaloux, une oreille coupée qu'on peut recoudre aussi simplement qu'un tissu, une histoire d'amour inattendue entre deux presque mariés qui n'étaient pas destinés l'un à l'autre: tous éclosent de l'esprit de Kusturica, qui mêle anciennes fables et légendes, un peu de l'histoire de sa nation, et bien d'autres digressions en un seul récit initiatique.

Pourtant derrière la comédie, Kusturica présente un monde détraqué, telle la pendule géante d'un-e des protagonistes qui taillade les mains de tous les inconscients qui espèrent la réparer.
Cette violence dissimulée derrière le rire et la magie, retenue, va soudain, sans prévenir déborder, éclater, crue, nous surprendre au coeur du film dans toute sa tragédie, nous amenant à un déchirant et pourtant merveilleux épilogue.*

*: Epilogue qui de façon amusante, tient dans la seule phrase du synopsis de l'ancien titre du film, si par accident on le recherche.


  • Emir Kusturica nous livre une féerie à la fois tragique, et débordante d’enthousiasme. Et nous témoigne qu'il n'a rien perdu de son inventivité: son petit monde bouillonne encore.

Hugues

PS: La bande-annonce ne donne qu'une idée microscopique de la liberté et de l'effervescence du film. Elle ne rend pas compte non plus que cette rencontre Kusturica et Bellucci n'est qu'une petite part, un noyau, certes important, du film, mais au monde bien plus riche et immense. Ainsi Sloboda Mićalović et quelques autres, presque omis de cette bande-annonce sont tout aussi présents et centraux au film. J'en profite pour préciser que j'ai eu grand mal à vous dénicher une bande-annonce sous-titrée, et que j'ai du m'acharner la semaine passée après l'avoir déniché, pour la récupérer de façon irréprochable, sans que certaines parties trop mouvantes ne se figent depuis de cette source rare et de grande qualité.
Et on ne peut que souhaiter que ce film sorte un jour en France.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Cortese le 25 Jan 2017, 19:58

:good
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 25 Jan 2017, 23:34

5. Baccalauréat / Bacalaureat / Graduation
Cristian Mungiu
(France, Roumanie)
(sortie française: 7 décembre 2016)
(sortie roumaine: 20 mai 2016)


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  • Plus épurée, plus sobre encore que les précédents films du cinéaste, Mungiu nous fait cadeau d'une oeuvre d'une irréprochable maîtrise formelle pouvant se lire à de multiples niveaux, la chonique familiale, morale et sociale s'enchevêtrant, tout en ne portant jamais un jugement sur les protagonistes.
    Il s'agit chez Mungiu non d'asséner un coup de poing, visuel, ou émotionnel au spectateur, mais de le mettre au travail, d'insuffler en lui à travers un récit singulier des questions essentielles et universelles: l'ombre comme la lumière est une lutte intérieure. Perdue au dehors, la lueur peut continuer à brûler au fond de soi, il s'agit seulement de le vouloir, de ne pas renoncer.

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 26 Jan 2017, 01:39

Est-ce vraiment raisonnable de décréter une hiérarchie entre ces prochains trois films?
Je décrète que non.

Cela signifie-t-il qu'ils sont absolument comparables. Bien sûr non.

Mais y a t-il un monde entre les trois qui ferait que l'un ou l'autre mériterait d'être trop éloigné du sommet...
Non. En panne de microscope, je refuse de les départager.

2. The Assassin / 刺客聶隱娘 / Cìkè Niè Yǐnniáng / The Assassin Niè Yǐnniáng
Hou Hsiao-Hsien
(France, Hong Kong, Taïwan, Chine)
(sortie française: 9 mars 2016)
(sortie chinoise et hongkongaise: 27 août 2015)
(sortie taïwanaise: 28 août 2015)
(sortie américaine: 16 octobre 2015)


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Image Le roi de Kophen avait reçu un oiseau bleu en cadeau. Mais, au bout de trois ans, l’oiseau n'a jamais chanté.
Son épouse lui dit alors :
« Puisque les oiseaux chantent avec leurs semblables, suspendons un miroir auprès de lui. »
Le roi suit ce conseil.
Face à son image, l'oiseau bleu chante sa douleur; danse jour et nuit, et meurt au petit matin...
Image


  • Une peinture chinoise d'autrefois s'anime sous nos yeux. Une beauté, pure comme le conte moral, simple et minimaliste comme sa portée universelle.
    Oeuvre taoïste, le masque tombe déjà ; inutile que le combat dure, il a commencé il y a longtemps déjà, dans le moindre geste, la moindre respiration, le moindre pas, un mot, un regard. Un trésor. Une éternité.
    Pour l'éternité.




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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Nicklaus le 26 Jan 2017, 13:34

Comment vous pouvez regarder des trucs pareil ? #spock
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Il va sûrement revenir...sûrement.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 26 Jan 2017, 14:13

Nicklaus a écrit:Comment vous pouvez regarder des trucs pareil ? #spock


Alors on prend le transport (si c'est un transport en commun il faut mettre un ticket dans la machine ou avoir une carte mensuelle ou hebdomadaire).
Ensuite on arrive à un lieu qui s'appelle un cinéma. A l'entrée, sauf si c'est automatisé, il y a une dame ou un monsieur, il faut lui demander un ticket.
Ensuite on marche on s'asseoit. On lit un truc ou on discute pour patienter. Il y a un écran devant soi. Mais au début ils ne passent que des trucs promotionnels (parait-il que ça s'appelle publicité ou bande-annonce)
Ensuite la salle s'éteint. Parce que oui j'ai pas précisé c'est une projection lumineuse. Et là il faut regarder (dans la bonne direction hein sinon tu ne vois que du noir).
Ensuite à la fin, il ne faut pas rester il faut sortir (sinon tu vas finir par mourir de faim sans doute).
Ensuite tu reprends ton transport. Et tu reprends une activité normale.

Sinon...

"De quoi donc qui te semble insurmontable et en quoi?",

demanda-t-il au fanatique de NCIS, Maigret et Derrick :oops:

Hugues (Mais la question est sérieuse)
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede sheon le 26 Jan 2017, 14:28

The Assassin, mes deux potes (cinéphiles) qui l'ont vu se sont emmerdés. Comme quoi :lol:
(pas vu pour ma part)
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Silverwitch le 26 Jan 2017, 14:36

sheon a écrit:The Assassin, mes deux potes (cinéphiles) qui l'ont vu se sont emmerdés. Comme quoi :lol:
(pas vu pour ma part)


Tes deux amis ont peut-être très mauvais goût, d'autant plus s'ils argumentent par l'ennui. Pardon de la remarque un rien provocatrice, en fait je vise d'abord Hugues qui ne classe pas vraiment ce film et dont je m'étonne qu'il ne soit pas classé comme son meilleur film vu en 2016. Hugues est peut-être un cinéphile qui s'ignore, va savoir !

:?

:oops:

Quant à toi, Sheon, tu devrais voir les films de Hou Hsiao Hsien, toutes affaires cessantes !
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 26 Jan 2017, 14:46

sheon a écrit:The Assassin, mes deux potes (cinéphiles) qui l'ont vu se sont emmerdés. Comme quoi :lol:
(pas vu pour ma part)


Avant même un film de wuxia, le film est avant tout une tragédie sur les vies impossibles. Chacun des personnages, si l'on regarde bien entrevoit son jumeau, son double ou son semblable et la vie qu'il aurait pu avoir si il n'était emporté par le destin et le devoir.

D'où l'allusion répétée au motif du miroir ou à la fable de l'oiseau bleu et du miroir, si connue en Chine, si part implicite de la culture chinoise, que les deux mots chinois sont devenu au fil des siècles des synonymes. Qu'on peut employer en chinois l'un à la place de l'autre indifféremment. C'est difficile de trouver dans la culture française un équivalent aussi fort.

Et pour cette raison, le film gagne beaucoup à une seconde vision, la première ayant pu être perturbée par des attentes déçues.
Même si à al deuxième vision, le contexte et l'intrigue politique (et historique) extrêmement compliquée n'est pas forcément plus claire pour un non-Chinois.

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede sheon le 26 Jan 2017, 14:46

Silverwitch a écrit:
sheon a écrit:The Assassin, mes deux potes (cinéphiles) qui l'ont vu se sont emmerdés. Comme quoi :lol:
(pas vu pour ma part)


Tes deux amis ont peut-être très mauvais goût, d'autant plus s'ils argumentent par l'ennui. Pardon de la remarque un rien provocatrice, en fait je vise d'abord Hugues qui ne classe pas vraiment ce film et dont je m'étonne qu'il ne soit pas classé comme son meilleur film vu en 2016. Hugues est peut-être un cinéphile qui s'ignore, va savoir !

:?

:oops:

Quant à toi, Sheon, tu devrais voir les films de Hou Hsiao Hsien, toutes affaires cessantes !

Ah non mais justement, ce sont deux potes très cinéphiles, qui ne sont pas du tout du genre "cinéma pop-corn boum pif paf". Mais bon, parfois, on n'est pas réceptif à un film.
Je verrai peut-être à l'occasion, mais j'ai déjà une liste de films à voir longue comme le casier judiciaire de Balkany, donc je ne te promets rien.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 26 Jan 2017, 14:51

Silverwitch a écrit:Tes deux amis ont peut-être très mauvais goût, d'autant plus s'ils argumentent par l'ennui. Pardon de la remarque un rien provocatrice, en fait je vise d'abord Hugues qui ne classe pas vraiment ce film et dont je m'étonne qu'il ne soit pas classé comme son meilleur film vu en 2016.


Tut, tut, vous ne savez point ce que j'ai vu madame. (Enfin si.. Mais disons que vous ne pouvez pas tout à fait juger ce que j'ai vu)
Et puis je ne tais le classement que pour mieux faire durer le suspense.

De toute façon je savais que je me ferais épingler. (J'ai mis un bon moment à sous-peser des élans contraires) Mais je pensais que ce serait une fois que j'aurais fait apparaître les places. #pendu

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Silverwitch le 26 Jan 2017, 14:52

sheon a écrit:Ah non mais justement, ce sont deux potes très cinéphiles, qui ne sont pas du tout du genre "cinéma pop-corn boum pif paf". Mais bon, parfois, on n'est pas réceptif à un film.


:o

Pour des raisons parfois indépendantes du film en question. D'une manière générale, se méfier des cinéphiles, des chauves-souris de cinémathèque. Il faut aimer les bons films, d'où qu'ils viennent. Les mettre en perspective entre eux (l'histoire des arts, microcosme) et en relation avec le monde (macrocosme). Le grand public oublie parfois que le cinéma est un art (dimension esthétique), et les cinéphiles oublient parfois que l'esthétique n'existe pas dans le vide, par et pour elle-même (le cinéma est destiné au monde).
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Silverwitch le 26 Jan 2017, 14:56

sheon a écrit:Je verrai peut-être à l'occasion, mais j'ai déjà une liste de films à voir longue comme le casier judiciaire de Balkany, donc je ne te promets rien.


Hou Hsiao-Hsien est l'un des plus grands cinéastes vivants. Dire que tu vois des films de Tarantino et pas ceux d'un trésor vivant.... Crois-moi, c'est l'un des seuls cinéastes qui te fera voir un autre monde. On les compte sur les doigts d'une main. Prends n'importe lequel de ses films au hasard.
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 26 Jan 2017, 21:29

2. Le Client / فروشنده / Forushande / The Salesman / Le commis-voyageur / Le vendeur
Asghar Farhadi
(France, Iran)
(sortie iranienne: 31 août 2016)
(sortie française: 9 novembre 2016)
(sortie américaine: 27 janvier 2017)
(sortie italienne: 5 janvier 2017)
(sortie allemande: 2 février 2017)
(sortie britannique: 31 mars 2017)


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  • Le théâtre de soi, l'engrenage culturel et la tempête de l'affection, des sentiments. Farhadi invite subversivement à un déplacement du point de vue, aussi providentiel qu'intelligemment suscité, en refusant obstinément de s’en tenir aux plus rassurantes évidences afin de mieux montrer à quel fin fil tient ou non le jugement envers autrui.

    Nous avons chacun de bonnes raisons d’agir de la manière dont nous le faisons, et pire encore, ces raisons sont très souvent inconscientes lors des actes, appartenant souvent à un intime passé.

    Ce qui pourrait être vu comme un mécanique impitoyable, aux fondations trop solide est en fait une pulsation fragile, un coeur léger rétif à toute caricature. Jusque dans sa fin ouverte.



    Silverwitch a écrit:Ouf, un chef-d'oeuvre ! Le meilleur film du cinéaste iranien, de loin, et ce n'est pas peu dire... Peut-être qu'un jour pour parler des explorateurs de l'âme humaine, on parlera des romans de Dostoïevski, Flaubert, et des films de Farhadi.


    Tout est dit!
    Voleuse de mots! :x



Le film est nommé à l'Oscar du meilleur film étranger. C'est le seul des nommés qui mérite de l'emporter.
Il a dépassé en son pays le million d'entrées.



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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Dervi le 26 Jan 2017, 21:36

J'ai vu quatre fims de Hou Hsiao-Hsien et je conseille également.
J'ai été particulièrement impressionné par Poussières dans le vent, j'ai aussi beaucoup aimé Millenium Mambo et Three Times. Dans mon souvenir, ces films interrogent simplement sur la vie, l'amour, le temps. Dès les premières images, ces films m'ont scotché. J'aimerai les revoir et découvrir d'autres films de ce réalisateur. J'ai par contre aussi eu du mal avec The Assassin, mais je l'ai vu dans de mauvaises conditions (trop fatigué).
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Silverwitch le 27 Jan 2017, 10:50

Dervi a écrit:J'ai vu quatre fims de Hou Hsiao-Hsien et je conseille également.


:good

Dervi a écrit:J'ai été particulièrement impressionné par Poussières dans le vent, j'ai aussi beaucoup aimé Millenium Mambo et Three Times. Dans mon souvenir, ces films interrogent simplement sur la vie, l'amour, le temps. Dès les premières images, ces films m'ont scotché. J'aimerai les revoir et découvrir d'autres films de ce réalisateur. J'ai par contre aussi eu du mal avec The Assassin, mais je l'ai vu dans de mauvaises conditions (trop fatigué).


Pas vu le premier cité. Et toi Dervi, quelques films de ou vus en 2016 à mettre à l'honneur ?
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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 27 Jan 2017, 21:36

2. Une vie
Stéphane Brizé
(France, Belgique)
(sortie belge: 16 novembre 2016)
(sortie française: 23 novembre 2016)
(sortie américaine: 2017)


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La Jeanne de Stéphane Brizé n'est pas la Jeanne Le Perthuis des Vauds de Maupassant. A l'être futil et naïf de Maupassant, sans volonté, simplette victime de sa propre bêtise, sa propre inadéquation au monde, Brizé fait l'insigne présent d'un merveilleux arrière-monde, d'une grande droiture, d'une grande pureté, d'une grande culture, et d'un rapport au monde, d'un être au monde admirable. Un arrière-monde qui n'est pas une entière trahison, il est vaguement sous-entendu chez Maupassant sans que ce dernier en fasse une circonstance atténuante et une qualité.

Ainsi Jeanne n'est plus idiote, naïve ou futile: c'est un être qui a une haute idée de l'être humain, si haute qu'elle est incapable de penser que la bienveillance qu'elle porte à chacun de ses semblables, n'existe pas chez eux. Ainsi l'entêtement devient tenacité, opiniâtreté, engagement, résistance.

Et
Une vie le chemin d’une femme pure, sacrifiée, tenace.

Tout le film est un hymne à cet arrière-monde que Brizé a offert au personnage.
Toute sa vie Jeanne revient à la terre au rythme des saisons. Et le film finalement donne inconsciemment sans doute, un sens au sous-titre maupassantien (qui quoi qu'on en dise ne fut jamais le titre ni du feuilleton, ni d'une des éditions) ajouté dès sa première édition afin d'en souligner son caractère naturaliste:
"ou l'humble vérité". Humus.
En un sens, en construisant son film tout entier autour de l'imaginaire de Jeanne, Brizé se fait presque plus naturaliste que ne l'était Maupassant en son roman, puisqu'il nous donne à comprendre en sus des pressions et conditions sociétales, les motivations intimes de cet être aimable.
Le film peut se comprendre en effet comme le flux d'une conscience au soir de sa vie, un flux de souvenir où la chronologie est parfois interrompue par la nostalgie des edens perdus, par des souvenirs dans le souvenir ou tout simplement par le présent. Par la grammaire de la mémoire en fait, qui chez tout un chacun fait dialoguer tout un vécu.

Et pour ce flux lui donner vie, le travail sur le montage, tant visuel que sonore est à ce titre, absolument admirable, une orfèvrerie et pourtant d'une absolue simplicité. Etonnamment, sans avoir jamais vu les récents films (chose que notre français est décidé à rattraper), de façon émouvante, les syncopes des souvenirs, le rythme des images et du son, les rimes de souvenir, ont une familiarité avec les recherches d'un autre grand artiste, Terrence Malick. Quoique la visée soit tout autre.
A vrai dire et en dépit même encore une fois, d'une recherche bien différente, là ne sont pas, si vous m'avez bien lu, les seuls point communs du film avec ceux du cinéaste américain.



  • Par une œuvre admirable aussi austère que bouleversante et fascinante, Stéphane Brizé se révèle comme l'un des tous meilleurs cinéastes mondiaux, atteignant des hauteurs à la fois insoupçonnées, inattendue et stupéfiantes, dont paradoxalement pourtant dont on l'espérait secrètement capable, sans le penser si haut.
    Et offre le plus bel écrin à l'explosion d'une actrice prodigieuse et d'une nature magnifique: la divinement douée Judith Chemla.



Image [...]
Quand l'homme doute et que tout lui paraît obscur,
Il a toujours à l'âme un rayon d'espérance ;
Car il reste toujours, même dans la souffrance,
Au plus désespéré, par le temps le plus noir,
Un peu d'azur au ciel, au coeur un peu d'espoir.
Image

— Guy de Maupassant, Le Dieu Créateur

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Hugues le 28 Jan 2017, 15:46



The Independent: Donald Trump Muslim ban will keep Oscar-nominated director Asghar Farhadi from 2017 ceremony

Edit 17:23: Le bureau d'Asghar Farhadi affirme qu'à leur connaissance, mais ils peuvent se tromper, il ne lui est pas interdit de voyager aux USA. Et qu'il prendra sa décision sous quelques jours. Dépêche de l'agence ISNA.

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Re: Les meilleurs films sortis ou découverts en 2016

Messagede Dervi le 29 Jan 2017, 17:20

Silverwitch a écrit:Et toi Dervi, quelques films de ou vus en 2016 à mettre à l'honneur ?


J'ai prévu d'y réfléchir. Je sais déjà que la première place est détenue par un film de 1962, un grand classique d'un immense réalisateur avec des acteurs inoubliables. Je ne sais pas pourquoi j'ai attendu aussi longtemps pour le découvrir. Merci à mon cinéma de quartier.
Je laisse le suspense... insoutenable ! :D
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