Les "Panama Papers" et les "Paradise Papers" (Lewis Hamilton page 3)

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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Shoemaker le 05 Avr 2016, 21:13

En ce moment sur la deux, l'affaire est présentée et filmée comme une série américaine. Yeah !
Montage, cabotinage, musique, effets... Manque plus que des scènes gore et de cul ! :D
"c'est quoi le blues". Toujours les mêmes histoires, celles qui font vaciller les mondes et les empires.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Sylphus le 05 Avr 2016, 21:49

Message modéré

Pour toute personne qui se plonge en peu dans le sujet, on sait que plusieurs filières de blanchiment existent. Si les banques européennes se tournent vers le Panama, les banques américaines vont plutôt du côté des Caïmans. D'autre part, de cette révélation n'a jamais été développée l'idée que les USA étaient un pays propre et la Russie un pays pourri jusqu'à l'os. Certains, par nostalgie ou par paranoïa, veulent rejouer la guerre froide. Si il n'y a pas d'américains dans cette affaire, c'est qu'il n'y en a pas. Point. On en trouvera ailleurs.
Dernière édition par Silverwitch le 05 Avr 2016, 23:31, édité 1 fois.
Raison: Si ça recommence, ça va très vite s'arrêter.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Fatcap le 05 Avr 2016, 22:15

Sylphus a écrit:On en revient à ce que certains membres disaient dans la partie commentaires-suggestions. Quelque soit le sujet, il faut toujours que certains nous remettent sur la table le complot américano-sioniste. Il est impossible de disserter sérieusement sans tomber dans cette propagande soralienne insupportable.

Pour toute personne qui se plonge en peu dans le sujet, on sait que plusieurs filières de blanchiment existent. Si les banques européennes se tournent vers le Panama, les banques américaines vont plutôt du côté des Caïmans. D'autre part, de cette révélation n'a jamais été développée l'idée que les USA étaient un pays propre et la Russie un pays pourri jusqu'à l'os. Certains, par nostalgie ou par paranoïa, veulent rejouer la guerre froide. Si il n'y a pas d'américains dans cette affaire, c'est qu'il n'y en a pas. Point. On en trouvera ailleurs.


Peut-être. Mais quelque chose me dit qu'il faudra attendre longtemps avant de voir George Soros en une du Monde. Enfin, la vie est pleine de surprises.

En attendant, la citation des experts :

Les Etats-Unis sont "de facto le plus grand paradis fiscal au monde" - Andrew Penney, Rothschild & Co.
"Au commencement était l'émotion."
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Shoemaker le 06 Avr 2016, 08:22

Il faut mettre les USA sur la liste noire des pays voyous...
Nan, j'déconne...
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Ghinzani le 06 Avr 2016, 08:25

Shoemaker a écrit:Il faut mettre les USA sur la liste noire des pays voyous...
Nan, j'déconne...

Je n'en suis pas si sûr...
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Shoemaker le 06 Avr 2016, 09:00

Bien sûr que je déconne, puisque c'est impossible.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede meg le 06 Avr 2016, 14:50

Première conséquence de ce scandale savamment organisé, la chute du 1er ministre islandais... ça n'a pas traîné :
http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/islande-le-premier-ministre-demissionne-victime-des-panama-papers-562050.html

Sinon :


Les Panama Papers sont un moyen de chantage idéal
Par Moon of Alabama le 04 avril 2016
International

Une vraie fuite de données d’un cabinet d’avocats au Panama serait très intéressante. Beaucoup de gens riches et/ou des politiciens cachent de l’argent dans les sociétés fictives que ces firmes panaméennes fournissent. Mais les «fuites» actuelles de données, diffusées à grand renfort de publicité par plusieurs empires de presse qui soutiennent l’OTAN et par une «Organisation non gouvernementale» financée par le gouvernement américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités que l’empire américain n’aime pas. Elles offrent aussi une belle opportunité d’en faire chanter d’autres en promettant de ne pas publier des informations en échange d’une faveur pu d’une autre.

Il y a déjà 16 mois, Ken Silverstein a publié un reportage sur Vice à propos de Mossak Fonseca, un gros fournisseur véreux de sociétés fictives du Panama. (L’Intercept de Pierre Omidyar, pour lequel Silverstein travaillait alors, avait refusé de publier le reportage.) Yves Smith a publié plusieurs longs articles sur le business du blanchiment d’argent de Mossak Fonseca. Silverstein a également redit une chose bien connue, à savoir que Rami Makhlouf, un riche cousin du président syrien Assad, avait de l’argent caché dans des sociétés fictives de Mossak Fonseca. Il a écrit:

Pour pouvoir fonctionner, les sociétés fictives comme Drex ont besoin d’un agent agréé, parfois un homme de loi, qui dépose les documents d’enregistrement nécessaires et dont le bureau sert habituellement d’adresse à la société fictive. Cela crée un intermédiaire entre la société fictive et son propriétaire, surtout si l’entreprise fictive est enregistrée dans un paradis fiscal où l’information sur la propriété est protégée par un mur impénétrable de lois et de règlements. Dans le cas de Makhlouf – et, comme je l’ai découvert, dans le cas aussi d’hommes d’affaires véreux et de gangsters du monde entier – l’organisation internationale qui a permis d’enregistrer sa compagnie fictive et de la protéger contre la surveillance internationale était un cabinet d’avocats appelé Mossack Fonseca, qui a fait office d’agent agréé de Drex du 4 juillet 2000 à la fin de 2011.

L’année dernière, quelqu’un a fourni des tonnes de données de Mossak Fonseca à un journal allemand, le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien munichois est politiquement au centre droit et résolument pro-OTAN. Il coopère avec le Guardian, la BBC, Le Monde, le Consortium international des journalistes d’investigation et d’autres organes de presse qui sont tous des partisans avérés de l’Establishment.

Le Süddeutsche affirme que les données «fuitées» concernent quelques 214 000 sociétés fictives et 14 000 clients de Mossak Fonseca. Il y a sûrement beaucoup de boue cachée là-dedans. Combien de sénateurs des États-Unis sont-ils impliqués dans ces sociétés? Quels politiciens de l’Union européenne? Quelles sont les grandes banques de Wall Street et les fonds spéculatifs qui se cachent au Panama? Oh pardon. Le Süddeutsche et ses partenaires ne répondront pas à ces questions. Voici comment ils «analysent» les données:

Les journalistes ont réuni des listes de politiciens importants, de criminels internationaux, d’athlètes professionnels bien connus, etc. Le traitement numérique a permis de rechercher ensuite si des noms de ces listes figuraient dans les fuites. La liste «scandale des dons au parti» contenait 130 noms, et la liste des sanctions de l’ONU plus de 600. En quelques minutes, le puissant algorithme de recherche a comparé les listes avec les 11,5 millions de documents.

Pour chaque nom trouvé, un processus de recherche détaillé a été lancé au moyen des questions suivantes: quel est le rôle de cette personne dans le réseau des entreprises ? D’où vient l’argent ? Où va-t-il ? La structure est-elle légale ?

En d’autres termes, le Süddeutsche a pris des listes de criminels célèbres, de personnalités et d’organisations connues que les Étasuniens n’aiment pas et a vérifié s’ils étaient dans les données «fuitées». Les résultats obtenus ont ensuite été évalués. Comme résultat, il y a l’éternel retour annuel de la compagne de diffamation contre le président russe Vladimir Poutine, qui n’est pas même mentionné dans les données de Mossak Fonseca, des accusations contre diverses personnes de la fédération de football de la FIFA, fort détestée des États-Unis, et la mention de quelques autres mécréants de moindre importance.

Il n’y a rien sur aucun Étasunien, rien du tout, ni sur aucun politicien important de l’OTAN. La «victime» le plus politique est bizarrement, à ce jour, le Premier ministre de l’Islande, Sigmundur David Gunnlaugsson, qui possédait avec sa femme, une des sociétés fictives. Il n’y a aucune preuve que la propriété ou que l’argent détenu par cette société soient illégaux.

Alors, que faut-il déduire de tout ceci ?

Comme l’écrit l’ancien ambassadeur britannique, Craig Murray, pour comprendre le sens (s’il y en a un) de tout ça, il faut se pencher sur ce qui est caché par les organisations qui gèrent la «fuite»:

Le filtrage des informations de Mossack Fonseca par les médias est le reflet direct de l’agenda gouvernemental occidental. Bien qu’ils soient leurs principaux clients. aucune grande société occidentale, aucun milliardaire occidental n’est mentionné parmi ceux qui ont utilisé les services de Mossack Fonseca, Et le Guardian se dépêche de les rassurer en disant que «la plus grande partie des informations fuitées ne sera pas divulguée».

À quoi vous attendiez-vous ? La fuite est gérée par un organisme qui porte le nom grandiose, mais qui prête à rire quand on connait l’oiseau, de «Consortium international des journalistes d’investigation». Il est entièrement financé et géré par le Centre des États-Unis pour l’intégrité publique. Leurs bailleurs de fonds comprennent :

La fondation Ford
La fondation Carnegie
La fondation de la famille Rockefeller
La Fondation W K Kellogg
La Fondation pour une société ouverte (Soros)


Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) fait partie du Projet de rapport sur le crime organisé et la corruption (OCCRP) qui est financé par le gouvernement américain à travers l’USAID.

La «fuite» consiste en un ensemble de données sélectionnées par des organisations amies des États-Unis à partir d’une base de données, probablement obtenue par les services secrets américains, qui contient sans aucun doute beaucoup d’informations fort compromettantes sur des personnes et des organisations «occidentales».


La publication d’informations triées sur le volet à partir des données «fuitées» a deux objectifs:

Elle salit divers «ennemis de l’empire», même si c’est seulement par personne interposée, comme les présidents Poutine et Assad.

Elle prévient d’autres personnalités, celles qui figurent dans la base de données, mais dont les noms n’ont pas encore été révélés, que les États-Unis ou leurs «partenaires médiatiques» peuvent, à tout moment, exposer leur linge sale en public. C’est donc un moyen de chantage idéal.

La «fuite» des «Panama Papers» a été orchestrée par une petite coterie pour incriminer quelques personnes et quelques organisations qui ne plaisent pas aux États-Unis. Cela permet aussi de montrer les «instruments de torture» dont ils disposent aux personnes qui ont fait affaire avec Mossak Fonseca, mais dont les noms n’ont pas (encore) été publiés. Ces personnalités sont maintenant entre les mains de ceux qui contrôlent la base de données. Elles devront faire ce qu’on leur dit, sinon…

Moon of Alabama | 3 mars 1016
http://www.moonofalabama.org/2016/04/selected-leak-of-the-panamapapers-creates-huge-blackmail-potential.html

Traduction : Dominique Muselet
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 06 Avr 2016, 14:52

Shoemaker a écrit:En ce moment sur la deux, l'affaire est présentée et filmée comme une série américaine. Yeah !
Montage, cabotinage, musique, effets... Manque plus que des scènes gore et de cul ! :D


pour le cul c'est dommage...on avait la star nationale.

DSK...
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 06 Avr 2016, 15:00

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:lol:
déjà en 2012...
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 06 Avr 2016, 15:05

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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 06 Avr 2016, 15:20

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:lol: :lol:
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede meg le 06 Avr 2016, 16:12

Après Balkany, Platini et Cahuzac, voilà que débarque maintenant dans les Panama Papers l'ami DSK...

C'est ce qui s'appelle défoncer des portes ouvertes. :roll:
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 06 Avr 2016, 16:19

pour son cas,ça serait plutôt "Panama Sopalin".
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 06 Avr 2016, 17:11

"Le centre américain OCCRP sait bien travailler, mais le fait que le gouvernement américain a directement financé l'attaque #PanamaPapers contre Poutine mine sérieusement sa réputation", précise WikiLeaks.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede meg le 06 Avr 2016, 17:14

Toujours à propos du "très respecté" International Consortium of Investigative Journalists :

MAJOR INSTITUTIONAL FUNDERS
New and ongoing support of $20,000 and above in 2014


Adessium Foundation
Rita Allen Foundation
American Council of Learned Societies
Laura and John Arnold Foundation
Atlantic Philanthropies of New York
The California Endowment
Carnegie Corporation of New York
Annie E. Casey Foundation
Charina Endowment Fund
Craigslist Charitable Foundation
Deer Creek Foundation
Democracy Fund
Emmett Foundation
Everett Foundation, Inc.
Estate of Jane Bierdeman Fike
Ford Foundation
Foundation for National Progress
Foundation for the Carolinas
David B. Gold Foundation
Goldman-Sonnenfeldt Foundation
Grantham Foundation for the Protection of the Environment
Green Park Foundation
William and Flora Hewlett Foundation
W.K. Kellogg Foundation
John S. and James L. Knight Foundation
The Kresge Foundation
John D. & Catherine T. MacArthur Foundation
Robert R. McCormick Foundation
National Institute for Health Care Management Foundation
Omidyar Network
Open Society Foundations
The Park Foundation, Inc.
Piedmont Financial Trust
Ploughshares Fund
Public Welfare Foundation
Sigrid Rausing Trust
Rockefeller Brothers Fund
Rockefeller Family Fund
The Stanley Foundation
Vanguard Charitable Endowment Program
Wallace Genetic Foundation
Wyncote Foundation
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 07 Avr 2016, 16:17

bravo vladimir...voilà qui est dit.

Le président russe Vladimir Poutine a commenté jeudi le scandale provoqué par les révélations concernant les avoirs cachés dans des paradis fiscaux par des milliers de personnes parmi lesquelles figurent des dirigeants politiques en exercices dont des "proches du chef de l'Etat russe".

Les partenaires de la Russie préoccupés par l'unité du peuple russe cherchent à semer la discorde au sein de la société russe, a déclaré jeudi à Saint-Pétersbourg le président Vladimir Poutine lors du forum des médias régionaux et locaux russes "Vérité et équité".
"Nos partenaires sont habitués à détenir le monopole sur la scène internationale et ne veulent pas compter avec nous. Mais les récents événements en Syrie ont démontré que la Russie est capable de régler des problèmes tant dans son étranger proche que loin de ses frontières. Notre économie est devenue plus indépendante, le potentiel de nos Forces armées a considérablement augmenté. Mais nos partenaires sont préoccupés par l'unité des Russes, du peuple multiethnique de Russie. Ils essaient de saper notre société pour nous rendre plus dociles (…). Ils se sont notamment attaqués aux sociétés offshore. Je n'y figure pas, rien à faire. Mais ils ont retrouvé quelques uns de mes connaissances et amis et ont fabriqué quelque chose en mettant une photo de moi au premier plan", a indiqué M.Poutine.

"La méthode la plus facile consiste à semer (…) la discorde au sein de la société russe. Cela a déjà été fait pendant les années tragiques de la Première Guerre mondiale quand on a provoqué la dislocation de notre pays", a-t-il noté.

"Quand notre pays était dans une situation très difficile, en ruines, ces pays se plaisaient à nous envoyer des pommes de terre et à nous dicter leur volonté et à nous utiliser dans leurs intérêts. Les dirigeants des grandes puissances n'y prêtaient pas attention. Tout a commencé en Yougoslavie, lorsque les médias occidentaux se sont attaqués à Boris Eltsine qui avait critiqué les bombardements de Belgrade", a rappelé le président.

Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a publié dimanche sur Internet des révélations sur les avoirs cachés dans des paradis fiscaux par des milliers de personnes ou organisations, parmi lesquelles figurent des dirigeants politiques en exercice, des personnalités du sport et des organisations criminelles.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Damien le 07 Avr 2016, 19:40

c'est pas terrible la propagande quand ça se voit, et là ça se voit beaucoup

mais je m'en voudrais de vous empêcher de lui lécher le fondement, à chacun ses petits plaisirs :D
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Maverick le 07 Avr 2016, 20:27

Le mec qui lit le monde ou qui regarde BFM tv, il ne la voit pas trop la manipulation.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Damien le 07 Avr 2016, 20:39

c'est-à-dire ?
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 07 Avr 2016, 20:43

le patron de BFM/WC est impliqué dans l'évasion fiscale au Panama...mais ça,ceux qui regardent BFM/WC ne pouvaient pas le savoir,ils regardent BFM/WC.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Damien le 07 Avr 2016, 20:53

pourquoi diable ? ces personnes ne regarderaient ou n'écouteraient qu'un seul medium ?
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede meg le 07 Avr 2016, 20:54

Damien a écrit:c'est pas terrible la propagande quand ça se voit, et là ça se voit beaucoup

mais je m'en voudrais de vous empêcher de lui lécher le fondement, à chacun ses petits plaisirs :D


A chacun ses fondements... :roll:
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 07 Avr 2016, 21:12

Damien a écrit:pourquoi diable ? ces personnes ne regarderaient ou n'écouteraient qu'un seul medium ?


ben p'être parc'qu'ils aiment lui lécher le fondement...z'ont bien le droit d'avoir des petits plaisirs.

:D
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 07 Avr 2016, 21:29

sinon...mis à part ça,il faut savoir que la presse d'opposition papiers/télés en Russie est beaucoup plus virulente contre l'état russe que la presse française papiers/télés d'opposition envers l'état français.
il y a des débats télés politiques russes qui sont très acharnés en russie...et pourtant,dieu sait toutes les conneries qu'on peut dire sur ce pays.
c'est la Russie,un point c'est tout,on a pas à juger de ce qui est bon ou pas pour les russes et pour tous les autres pays du monde il en va de même.
d'ailleurs,des élections arrivent bientôt en Russie et bien on verra le résultat et je doute fort que ça plafonne à 18%...comme pour notre gros nul de président,lécheur de couilles...lui aussi à ses petits plaisirs,julie ne lui suffit pas.
d'ailleurs en France en existe t'il une presse d'opposition télés/papiers ?? j'en doute.
et plus le temps passe et plus j'en suis conforté.

nous sommes dans une gouvernance désastreuse...peut être qu'un jour,un "Poutine" français.
ne rêvons pas trop...arf.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Maverick le 07 Avr 2016, 23:10

Damien a écrit:c'est-à-dire ?
Que ce qu'on peut lire sur internet est de meilleure qualité.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Ghinzani le 08 Avr 2016, 06:47

Maverick a écrit:Le mec qui lit le monde ou qui regarde BFM tv, il ne la voit pas trop la manipulation.

Le monde est effectivement un grand spécialiste de la manipulation et ce depuis des décennies.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Shoemaker le 08 Avr 2016, 09:31

Un article écrit avant le grand déballage : 14 Mars.
On savait bien entendu qu'un déballage allait avoir lieu (sans en connaître aucunement les détails), mais n'empêche, on comprend peut-être mieux le sens des choses.
L'article montre bien le mécanisme de la manœuvre purement financière. On a compris qu'en plus, depuis le grand déballage, c'était aussi une manœuvre politique destinée à foutre la zizanie en Russie. Moi je dis : les USA ils sont forts ! Respect.

Raphaël H. Cohen
Université de Genève

D’après mon humble analyse, les Américains sont en train de déployer un plan diabolique qui va renflouer le trésor américain. La beauté du plan est que, sa finalité ne sautant pas aux yeux, la plupart des gens ne s’en méfient pas. De plus et surtout, il est presque imparable.
Rembobinons le film à la case départ pour voir à qui profite le crime, pour ensuite comprendre à qui il va encore plus profiter: Le premier acte a commencé avec Fatca, qui a conduit les «US persons» à ne plus trouver refuge pour leurs actifs non déclarés. Le premier effet évident est bien sûr de faire payer les impôts à ceux qui y ont échappé auparavant. Mais le deuxième effet est que ces détenteurs, n’étant plus bienvenus auprès des établissements étrangers, sont très tentés de rapatrier leurs fonds dans des banques américaines. Cela a bien sûr renforcé ces dernières en augmentant leur profitabilité tout en affaiblissant leurs concurrents étrangers. Ceux-ci ont, non seulement vu leur masse sous gestion fondre, mais ils ont, de plus, dépensé une fortune pour assurer la compliance à Fatca. Evidemment, et en l’absence de réciprocité, les banques américaines n’ayant aucune contrainte, elles ont largement pu profiter de ce cadeau.

Le deuxième acte se joue en tête à tête avec la Suisse, mais avec des retombées mondiales: c’est l’accord de non-poursuite que les Américains ont imposé à la Suisse et selon lequel les banques suisses qui hébergeaient depuis 2008 des actifs appartenant à des US persons doivent s’acquitter d’une pénalité comprise «seulement» entre 20 et 50% de ces actifs. Ici, les rentrées se chiffrent en milliard avec un coût dérisoire pour les Américains: juste quelques fonctionnaires pour taxer les «self-disclosures» qui se sont auto dénoncées et utiliser les documents auto incriminants reçus des banques suisses pour maximiser le montant des pénalités. Si certains n’ont pas hésité à qualifier cette manœuvre de racket, la seule chose qui est certaine est que le retour sur investissement de ce business model dépasse les phantasmes les plus audacieux. Comme toutes les banques étrangères ont évidemment compris que ce qui est arrivé aux banques suisses peut aussi leur tomber sur la tête, elles se débarrassent aussi de leurs US persons.

Le troisième acte s’est joué dans le cadre de l’OCDE. Ici aussi les Américains ont réussi un «coup-coût»: un coup magistral avec un coût nul. Tous les pays, sauf les Etats Unis, se sont engagés à mettre en œuvre la Norme d’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers en matière fiscale de l’OCDE (EAR). Cela a pour effet de faire fuir tous les actifs non déclarés et non déclarables vers les paradis fiscaux qui ne posent pas trop de questions et qui surtout ne transmettent pas d’informations sur les détenteurs étrangers. Comme presque tout le monde a signé l’EAR, il reste évidemment très peu de pays-refuge. Le hasard faisant bien les choses, le seul pays signataire de l’EAR qui bénéficie d’une exception au devoir de transmission est… les Etats Unis (ils sont vraiment très forts!!). Cela en fait la star des rares pays pouvant accueillir les actifs qui fuient les pays engagés à transmettre les informations dans le cadre de l’EAR. Comme les banques américaines ne doivent pas transmettre, qu’elles sont beaucoup moins pointilleuses sur l’origine des actifs qui arrivent chez elles et comme l’identité du bénéficiaire économique des sociétés écran n’est pas requise, cela permet d’assurer à tous ceux qui ne sont pas des US persons une discrétion fiscale comparable celle qui existait en Suisse avant la tempête. Un vrai coup de maître des négociateurs américains.

Résultat des courses, et c’est le quatrième acte, lorsque les banquiers suisses expliquent à leurs clients qu’ils doivent trouver un autre établissement pour accueillir leurs actifs non déclarés, ils s’affaiblissent doublement: d’abord en fâchant leurs clients renvoyés et ensuite en réduisant leur masse sous gestion. Mais les banques américaines faisant heureusement preuve d’une compassion sans limite, elles acceptent de manière tout à fait bienveillante ces clients éconduits avec leur actifs non déclarés. Dans les grandes épreuves de l’humanité, les Américains ne peuvent s’empêcher d’être des sauveurs. Malgré cet «altruisme» circonstanciel, ils y trouvent quand même leur compte du fait que le malheur des uns fait le bonheur des autres…

Il apparait donc que les Américains ont, jusqu’à présent, fait un parcours sans faute. Ce sont même les seuls à tirer leurs marrons du feu en profitant d’un transfert massif d’actifs vers leurs paradis fiscaux (Delaware, Nevada, Wyoming et autres) en profitant notamment du fait que leurs institutions ne sont pas soumises à l’obligation de transmettre les informations de l’EAR. Pendant ce temps, les banquiers suisses, bientôt suivis par leurs concurrents non-américains, se consument avec moins de revenus et des charges de compliance astronomiques, auxquelles les banques américaines échappent joyeusement.

Puisque la partie historique s’arrête là (pour l’instant!), j’ai pris la liberté d’imaginer la suite du scenario. Peut-être que les coups de ce subtil jeu de go ne seront pas tous mis en œuvre mais le dernier acte est presque inéluctable. Pourquoi un jeu de go? Parce que dans ce jeu, le perdant réalise trop tard qu’une série de manœuvres apparemment non liées aboutissent à son encerclement qu’il n’a pas vu venir. C’est là qu’il se tape le front ou éclate en sanglots en disant qu’il s’est bien fait avoir.

Le prochain round consistera pour les Américains à intensifier la pression pour faire en sorte que le seul refuge vraisemblable pour les actifs non déclarés soient les banques des paradis fiscaux américains (sauf pour les américains qui sont déjà faits comme des rats, du fait qu’ils sont déjà devenus persona non-grata presque partout). Pour bétonner leur attractivité, il suffira aux Américains de répliquer les méthodes mises au point avec les Suisses et peut-être même d’en inventer de nouvelles. La clé étant évidemment de décourager les titulaires d’actifs non déclarés de les laisser ailleurs qu’aux Etats Unis. La convention de l’OCDE agit ici comme un magnifique cheval de Troie: sauf si quelques grandes puissances dessaoulent, son application aboutira à faire fuir les actifs non déclarés vers les paradis fiscaux américains. A ce stade, il n’y aura plus d’autre alternative.

Quand l’étau se sera resserré autour de ceux qui ont encore des actifs non déclarés en dehors des Etats Unis et que l’essentiel de ces actifs seront hébergés aux USA, bien sûr dans des banques essentiellement américaines, l’heure sera venue pour le coup de grâce: faire en sorte que les détenteurs étrangers d’actifs hébergés aux USA deviennent des… sujets fiscaux américains. Ceci permettra évidemment de les taxer et de toucher le jackpot.

Les Suisses ont d’ailleurs déjà découvert à leurs dépens que les Américains peuvent faire preuve d’une créativité débordante pour faire évoluer, évidemment à leur avantage, les critères définissant une US person. L’assujettissement que je prédis ici est donc loin d’être impensable…

Pour ceux qui ont encore des doutes, je rappelle que l’étranger non-résident qui détient plus de USD 60’000 d’actifs domiciliés aux Etats unis** est actuellement d’office soumis à l’impôt successoral américain. Il suffirait de peu de choses pour que le détenteur d’une société off-shore américaine n’y échappe pas, et c’est peut-être même déjà le cas. Pour l’instant, cet assujettissement ne concerne que les droits de succession mais, avec un précédent pareil, il n’est pas impossible non plus d’étendre cet assujettissement à d’autres impôts.

Cette extension est d’autant plus facile qu’elle concerne des sujets fiscaux étrangers et qui ont, de surcroit, triché en ne déclarant pas leurs actifs dans leur pays de résidence. Comme les imposer ne serait que justice, personne, à part eux, ne s’en plaindra. Étant eux-mêmes en infraction, ils n’auront aucun recours face à une telle manœuvre et il leur restera juste les yeux pour pleurer.

A partir du moment où les détenteurs de ces actifs non déclarés dans leur pays deviendront des sujets fiscaux américains, ils seront taxables à souhait, d’autant plus qu’il ne leur sera plus possible de déménager leurs actifs hors des USA sans passer à la caisse. Cela se traduira par des entrées fiscales colossales qui permettront de combler une bonne partie du déficit américain. Comme aucun gouvernement au monde ne pourra s’offusquer du fait que ses propres sujets fiscaux-fraudeurs ont été pris la main dans le sac et que le déficit américain est réduit par la même occasion, les Américains ne devraient rencontrer aucune résistance sur leur chemin. Bref, que du bonheur pour tout le monde, sauf pour les dindons de la farce: les détenteurs d’actifs non déclarés.

Il apparait à la lumière de ce scenario très vraisemblable que la relocalisation d’actifs aux USA pour échapper à l’échange automatique d’informations est le piège pour se retrouver, dès que le reste du plan aura été mis en œuvre, tout simplement… «échec et mat». Pour leur éviter un réveil trop brutal avec une ponction douloureuse, il serait peut-être opportun de partager cette analyse avec les candidats qui envisagent de domicilier leurs actifs non déclarés dans des entités ou trusts américains.

La conclusion qui peut tenter certains est de domicilier leurs actifs non déclarés en Chine, un des seuls pays capables, pour conserver ses paradis fiscaux, de résister à la pression des Etats Unis. Le seul hic est qu’il encore plus facile pour les Chinois de faire exactement la même chose que ce que j’annonce pour les Américains. Ce serait échanger un cheval américain borgne contre un cheval aveugle chinois…

A moins d’un retournement de situation forçant les Etats Unis à faire preuve de la même transparence que celle imposée au reste du monde (mais je ne vois ni qui, ni comment), je crains qu’il n’y ait pas d’issue pour échapper au piège: les dés sont jetés, le vin est tiré et les pécheurs fiscaux vont le boire.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Bob Williams le 08 Avr 2016, 09:42

denim a écrit:le patron de BFM/WC est impliqué dans l'évasion fiscale au Panama...mais ça,ceux qui regardent BFM/WC ne pouvaient pas le savoir,ils regardent BFM/WC.


Tu radotes...

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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 08 Avr 2016, 13:19

je le savais que je l'avais déjà posté...mais il est toujours bon de le rappeler pour les auditeurs de BFM/WC. :haha:
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 08 Avr 2016, 15:46

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:o
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 08 Avr 2016, 15:51

Shoemaker a écrit:Un article écrit avant le grand déballage : 14 Mars.
On savait bien entendu qu'un déballage allait avoir lieu (sans en connaître aucunement les détails), mais n'empêche, on comprend peut-être mieux le sens des choses.
L'article montre bien le mécanisme de la manœuvre purement financière. On a compris qu'en plus, depuis le grand déballage, c'était aussi une manœuvre politique destinée à foutre la zizanie en Russie. Moi je dis : les USA ils sont forts ! Respect.

Raphaël H. Cohen
Université de Genève

D’après mon humble analyse, les Américains sont en train de déployer un plan diabolique qui va renflouer le trésor américain. La beauté du plan est que, sa finalité ne sautant pas aux yeux, la plupart des gens ne s’en méfient pas. De plus et surtout, il est presque imparable.
Rembobinons le film à la case départ pour voir à qui profite le crime, pour ensuite comprendre à qui il va encore plus profiter: Le premier acte a commencé avec Fatca, qui a conduit les «US persons» à ne plus trouver refuge pour leurs actifs non déclarés. Le premier effet évident est bien sûr de faire payer les impôts à ceux qui y ont échappé auparavant. Mais le deuxième effet est que ces détenteurs, n’étant plus bienvenus auprès des établissements étrangers, sont très tentés de rapatrier leurs fonds dans des banques américaines. Cela a bien sûr renforcé ces dernières en augmentant leur profitabilité tout en affaiblissant leurs concurrents étrangers. Ceux-ci ont, non seulement vu leur masse sous gestion fondre, mais ils ont, de plus, dépensé une fortune pour assurer la compliance à Fatca. Evidemment, et en l’absence de réciprocité, les banques américaines n’ayant aucune contrainte, elles ont largement pu profiter de ce cadeau.

Le deuxième acte se joue en tête à tête avec la Suisse, mais avec des retombées mondiales: c’est l’accord de non-poursuite que les Américains ont imposé à la Suisse et selon lequel les banques suisses qui hébergeaient depuis 2008 des actifs appartenant à des US persons doivent s’acquitter d’une pénalité comprise «seulement» entre 20 et 50% de ces actifs. Ici, les rentrées se chiffrent en milliard avec un coût dérisoire pour les Américains: juste quelques fonctionnaires pour taxer les «self-disclosures» qui se sont auto dénoncées et utiliser les documents auto incriminants reçus des banques suisses pour maximiser le montant des pénalités. Si certains n’ont pas hésité à qualifier cette manœuvre de racket, la seule chose qui est certaine est que le retour sur investissement de ce business model dépasse les phantasmes les plus audacieux. Comme toutes les banques étrangères ont évidemment compris que ce qui est arrivé aux banques suisses peut aussi leur tomber sur la tête, elles se débarrassent aussi de leurs US persons.

Le troisième acte s’est joué dans le cadre de l’OCDE. Ici aussi les Américains ont réussi un «coup-coût»: un coup magistral avec un coût nul. Tous les pays, sauf les Etats Unis, se sont engagés à mettre en œuvre la Norme d’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers en matière fiscale de l’OCDE (EAR). Cela a pour effet de faire fuir tous les actifs non déclarés et non déclarables vers les paradis fiscaux qui ne posent pas trop de questions et qui surtout ne transmettent pas d’informations sur les détenteurs étrangers. Comme presque tout le monde a signé l’EAR, il reste évidemment très peu de pays-refuge. Le hasard faisant bien les choses, le seul pays signataire de l’EAR qui bénéficie d’une exception au devoir de transmission est… les Etats Unis (ils sont vraiment très forts!!). Cela en fait la star des rares pays pouvant accueillir les actifs qui fuient les pays engagés à transmettre les informations dans le cadre de l’EAR. Comme les banques américaines ne doivent pas transmettre, qu’elles sont beaucoup moins pointilleuses sur l’origine des actifs qui arrivent chez elles et comme l’identité du bénéficiaire économique des sociétés écran n’est pas requise, cela permet d’assurer à tous ceux qui ne sont pas des US persons une discrétion fiscale comparable celle qui existait en Suisse avant la tempête. Un vrai coup de maître des négociateurs américains.

Résultat des courses, et c’est le quatrième acte, lorsque les banquiers suisses expliquent à leurs clients qu’ils doivent trouver un autre établissement pour accueillir leurs actifs non déclarés, ils s’affaiblissent doublement: d’abord en fâchant leurs clients renvoyés et ensuite en réduisant leur masse sous gestion. Mais les banques américaines faisant heureusement preuve d’une compassion sans limite, elles acceptent de manière tout à fait bienveillante ces clients éconduits avec leur actifs non déclarés. Dans les grandes épreuves de l’humanité, les Américains ne peuvent s’empêcher d’être des sauveurs. Malgré cet «altruisme» circonstanciel, ils y trouvent quand même leur compte du fait que le malheur des uns fait le bonheur des autres…

Il apparait donc que les Américains ont, jusqu’à présent, fait un parcours sans faute. Ce sont même les seuls à tirer leurs marrons du feu en profitant d’un transfert massif d’actifs vers leurs paradis fiscaux (Delaware, Nevada, Wyoming et autres) en profitant notamment du fait que leurs institutions ne sont pas soumises à l’obligation de transmettre les informations de l’EAR. Pendant ce temps, les banquiers suisses, bientôt suivis par leurs concurrents non-américains, se consument avec moins de revenus et des charges de compliance astronomiques, auxquelles les banques américaines échappent joyeusement.

Puisque la partie historique s’arrête là (pour l’instant!), j’ai pris la liberté d’imaginer la suite du scenario. Peut-être que les coups de ce subtil jeu de go ne seront pas tous mis en œuvre mais le dernier acte est presque inéluctable. Pourquoi un jeu de go? Parce que dans ce jeu, le perdant réalise trop tard qu’une série de manœuvres apparemment non liées aboutissent à son encerclement qu’il n’a pas vu venir. C’est là qu’il se tape le front ou éclate en sanglots en disant qu’il s’est bien fait avoir.

Le prochain round consistera pour les Américains à intensifier la pression pour faire en sorte que le seul refuge vraisemblable pour les actifs non déclarés soient les banques des paradis fiscaux américains (sauf pour les américains qui sont déjà faits comme des rats, du fait qu’ils sont déjà devenus persona non-grata presque partout). Pour bétonner leur attractivité, il suffira aux Américains de répliquer les méthodes mises au point avec les Suisses et peut-être même d’en inventer de nouvelles. La clé étant évidemment de décourager les titulaires d’actifs non déclarés de les laisser ailleurs qu’aux Etats Unis. La convention de l’OCDE agit ici comme un magnifique cheval de Troie: sauf si quelques grandes puissances dessaoulent, son application aboutira à faire fuir les actifs non déclarés vers les paradis fiscaux américains. A ce stade, il n’y aura plus d’autre alternative.

Quand l’étau se sera resserré autour de ceux qui ont encore des actifs non déclarés en dehors des Etats Unis et que l’essentiel de ces actifs seront hébergés aux USA, bien sûr dans des banques essentiellement américaines, l’heure sera venue pour le coup de grâce: faire en sorte que les détenteurs étrangers d’actifs hébergés aux USA deviennent des… sujets fiscaux américains. Ceci permettra évidemment de les taxer et de toucher le jackpot.

Les Suisses ont d’ailleurs déjà découvert à leurs dépens que les Américains peuvent faire preuve d’une créativité débordante pour faire évoluer, évidemment à leur avantage, les critères définissant une US person. L’assujettissement que je prédis ici est donc loin d’être impensable…

Pour ceux qui ont encore des doutes, je rappelle que l’étranger non-résident qui détient plus de USD 60’000 d’actifs domiciliés aux Etats unis** est actuellement d’office soumis à l’impôt successoral américain. Il suffirait de peu de choses pour que le détenteur d’une société off-shore américaine n’y échappe pas, et c’est peut-être même déjà le cas. Pour l’instant, cet assujettissement ne concerne que les droits de succession mais, avec un précédent pareil, il n’est pas impossible non plus d’étendre cet assujettissement à d’autres impôts.

Cette extension est d’autant plus facile qu’elle concerne des sujets fiscaux étrangers et qui ont, de surcroit, triché en ne déclarant pas leurs actifs dans leur pays de résidence. Comme les imposer ne serait que justice, personne, à part eux, ne s’en plaindra. Étant eux-mêmes en infraction, ils n’auront aucun recours face à une telle manœuvre et il leur restera juste les yeux pour pleurer.

A partir du moment où les détenteurs de ces actifs non déclarés dans leur pays deviendront des sujets fiscaux américains, ils seront taxables à souhait, d’autant plus qu’il ne leur sera plus possible de déménager leurs actifs hors des USA sans passer à la caisse. Cela se traduira par des entrées fiscales colossales qui permettront de combler une bonne partie du déficit américain. Comme aucun gouvernement au monde ne pourra s’offusquer du fait que ses propres sujets fiscaux-fraudeurs ont été pris la main dans le sac et que le déficit américain est réduit par la même occasion, les Américains ne devraient rencontrer aucune résistance sur leur chemin. Bref, que du bonheur pour tout le monde, sauf pour les dindons de la farce: les détenteurs d’actifs non déclarés.

Il apparait à la lumière de ce scenario très vraisemblable que la relocalisation d’actifs aux USA pour échapper à l’échange automatique d’informations est le piège pour se retrouver, dès que le reste du plan aura été mis en œuvre, tout simplement… «échec et mat». Pour leur éviter un réveil trop brutal avec une ponction douloureuse, il serait peut-être opportun de partager cette analyse avec les candidats qui envisagent de domicilier leurs actifs non déclarés dans des entités ou trusts américains.

La conclusion qui peut tenter certains est de domicilier leurs actifs non déclarés en Chine, un des seuls pays capables, pour conserver ses paradis fiscaux, de résister à la pression des Etats Unis. Le seul hic est qu’il encore plus facile pour les Chinois de faire exactement la même chose que ce que j’annonce pour les Américains. Ce serait échanger un cheval américain borgne contre un cheval aveugle chinois…

A moins d’un retournement de situation forçant les Etats Unis à faire preuve de la même transparence que celle imposée au reste du monde (mais je ne vois ni qui, ni comment), je crains qu’il n’y ait pas d’issue pour échapper au piège: les dés sont jetés, le vin est tiré et les pécheurs fiscaux vont le boire.


laisse tomber Shoemaker...ils n'y sont pour rien.

Le gouvernement américain n'est pas impliqué dans la fuite des soi-disant "documents de Panama" issus du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. La fuite a été organisée par des hackers européens, affirme l'un des fondateurs du cabinet.

Le porte-parole du Département d'Etat américain Mark Toner a rejeté, devant les journalistes, les assertions selon lesquelles les autorités américaines seraient impliquées d'une façon ou d'une autre dans la fuite de ces documents.

ça suffit de toujours accabler ce pauvre gouvernement américain de tous les maux.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Cortese le 08 Avr 2016, 20:16

L'Algérie a refusé le visa au journaliste du "Monde" qui devait accompagner la visite de Valls à Alger. La supercherie de ce journal odieux, néo-conservateur hypocrite finira par apparaitre au grand jour.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 08 Avr 2016, 20:44

j'ai lu ça oui cet après-midi.
très bonne idée de la part de l'Algérie.
à la limite,s'ils pouvaient lui faire un petit croche pattes à Valls en descendant de l'avion...hein...juste comme ça hein.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Ponpondu le 08 Avr 2016, 23:37

De toute façon, qu'y a-t-il de choquant à cacher son argent ? Vole-t-on l’État en cachant ce que l'on possède ? L'étatisme a tellement retourné les cerveaux que l'on finit par prendre pour des voleurs les gens qui veulent protéger leurs bien de l’État.
Je suis pour l'évasion fiscale, et j'en suis fier.
Quant au Monde, qu'il s'occupe de reconnaître son soutien à Pol Pot, c'est ça qui est grave, ce refus d'admettre sa faute. A part Jean Lacouture, je n'ai vu aucun journaleux de ce quotidien avoir admis sa partialité. Le Monde, torchon qui salirait même un étron si quelqu'un avait l'idée de s'essuyer avec, pensant faire œuvre de salubrité publique.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Ghinzani le 09 Avr 2016, 08:44

Ponpondu a écrit:De toute façon, qu'y a-t-il de choquant à cacher son argent ? Vole-t-on l’État en cachant ce que l'on possède ? L'étatisme a tellement retourné les cerveaux que l'on finit par prendre pour des voleurs les gens qui veulent protéger leurs bien de l’État.
Je suis pour l'évasion fiscale, et j'en suis fier.
Quant au Monde, qu'il s'occupe de reconnaître son soutien à Pol Pot, c'est ça qui est grave, ce refus d'admettre sa faute. A part Jean Lacouture, je n'ai vu aucun journaleux de ce quotidien avoir admis sa partialité. Le Monde, torchon qui salirait même un étron si quelqu'un avait l'idée de s'essuyer avec, pensant faire œuvre de salubrité publique.

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Re: Les "Panama Papers"

Messagede denim le 09 Avr 2016, 10:06

d'un autre côté,c'est quand même ennuyeux le fait que des journalistes du "monde" soit interdit de visas pour l'Algérie.
peut être qu'ils y allaient pour récupérer la facture sécu du président algérien.
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede meg le 17 Avr 2016, 15:15

Ben on entend plus trop parler des Panama Papers... ou alors, certains de ces "papers" seraient moins croustillants que les autres déjà révélés ?

Dommage, ça serait bien d'avoir des éclaircissements sur les pratiques de l'ex et de la future "POTUS" Clinton Connection.

http://dailycaller.com/2016/04/16/more-clinton-connections-emerge-in-panama-papers/

http://nypost.com/2016/04/17/the-clintons-connection-to-the-panama-papers/

http://www.mcclatchydc.com/news/politics-government/election/article72215012.html
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Re: Les "Panama Papers"

Messagede Cortese le 22 Avr 2016, 17:45

Une traduction éclairante par Mounadil Al Djazairi ("le militant algérien") :

Les Panama Papers, l’argent sale et le budget militaire des Etats Unis
avril 17, 2016

Je ne pensais pas publier quelque chose sur les Panama Papers et voilà que je m’y mets!

C’est que j’ai trouvé un article, une interview radiophonique en fait, vraiment intéressant.

En effet, si beaucoup de choses ont été dites sur les Panama Papers, on parle moins de la raison d’être des mécanismes financiers qu’ils mettent (une fois de plus) en lumière. Sauf pour nous dire qu’il faut trouver les moyens de mettre un terme à l’existence de paradis fiscaux. Même le G20 s’en est fâché, c’est dire!

Il n’empêche que le cabinet juridique Mossack Fonseca d’où proviennent les documents qui ont mis en émoi la planète ne fera pas l’objet de poursuites judiciaires… Au contraire, le parlement européen vient même d’adopter un texte législatif qui « permettrait à un « Mossack Fonseca » de poursuivre les journalistes qui publient ses documents ».

mossack-fonseca-1-e1459715218875.jpeg

Jurgen Mossack et Ramon Fonseca, dirigeants du cabinet juridique panaméen Mossack Fonseeca

Ce qu’explique Michael Hudson dans l’interview que je vous propose, c’est que loin d’être des anomalies, ces paradis fiscaux s’inscrivent dans un modèle de financement de l’économie américaine qui s’est mis en place à l’époque de la guerre du Vietnam afin que le pays puisse faire face aux dépenses induites par la guerre en Indochine et éviter l’effondrement du dollar, cette question des dépenses militaires restant aujourd’hui encore centrale aux Etats Unis.

Ce modèle de financement a de manière consciente ouvert la voie à des mécanismes qui permettent d’attirer dans le système bancaire des Etats Unis des capitaux en provenance du crime organisé ou de dictateurs, une criminalisation de la finance qui est d’abord la conséquence de sa militarisation.

Précisons que Michael Hudson n’est pas un gauchiste illuminé, mais un spécialiste de la finance qui a travaillé dans une grande banque américaine et est aujourd’hui enseignant-chercheur à l’université du Missouri. Sa fiche Wikipedia vous en dira plus sur son pedigree vraiment impressionnant.

hudsonbw.jpeg

Michael Hudson

Panama – un sanctuaire du blanchiment pour l’argent de la guerre

par Yves Smith, Naked Capitalism (USA) 15 avril 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dans ses posts sur Mossack Fonseca, Richard Smith a expliqué qu’un des tests qui permet de savoir si les journalistes ont exhumé tous les cadavres du placard consiste à observer s’ils discutent de la place des compagnies pétrolières et gazières dans le jeu de la finance à Panama. Michael Hudson donne un éclairage historique important sur les us et abus de Panama par les sociétés américaines dans cette interview sur Real News Network.

Sharmini Peries vous parle depuis Baltimore.

En l’espace d’une semaine, les 11 millions de documents publiés sous le nom de Panama Papers par l’International Consortium of Investigative Journalists sont devenus familiers à tous. Les documents proviennent du cabinet juridique panaméen Mossack Fonseca qui a participé à la création de comptes offshore pour des dirigeants parmi les plus riches et les plus puissants afin qu’ils puissent blanchir de l’argent et échapper au fisc.

Mardi, la police panaméenne a effectué une perquisition dans les locaux de Mossack Fonseca à la recherche d’autres documents attestant d’activités illicites. Mais que s’attendent-ils à trouver, étant donné que nous savons depuis un certain temps que les comptes offshore sont utilisés aux fils d’évasion fiscale par le secteur de la banque, essentiellement des escrocs en col blanc, dans des institutions comme le Crédit Suisse et autres? Mais qui est réellement derrière la création de ces mécanismes et ces brèches qui permettent l’évasion fiscale?

Notre nouvel invité, Michael Hudson, affirme qu’un paradis fiscal a été créé à cette fin au Panama par certains secteurs de notre économie. Michael Hudson est en ligne avec nous depuis New York. Michael est un chercheur et professeur de sciences économiques à l’université du Missouri à Kansas City, et il a été économiste chargé des bilans financiers à la Chase Manhattan Bank. Il est l’auteur de nombreux livres dont un des plus récents est « Killing the Host: How Financial Parasites and Debt Bondage Destroy the Global Economy » (Tuer l’hôte: comment les parasites financiers et le service de la dette détruisent l’économie mondiale). Merci d’être avec nous Michael.

MICHAEL HUDSON: C’est un plaisir, Sharmini.

PERIES: Michael, commençons par une histoire rapide de la création du Panama et comment il a été acheté à la Colombie par les Etats Unis, et la pertinence de cette histoire vis-à-vis des Panama Papers.

HUDSON: Eh bien, Panama a pour l’essentiel été détaché de la Colombie pour y creuser un canal. Il a été créé d’une manière assez semblable au Liberia. Ce n’est pas vraiment un pays, au sens où un pays a sa propre monnaie et son propre système fiscal. Panama utilise le dollar américain, comme le fait le Liberia.

La vraie histoire n’est pas sortie des Panama Papers. Les journalistes se sont naturellement intéressés sur le blanchiment d’argent par des criminels. Mais Panama n’avait pas été conçu pour blanchir de l’argent. Il avait été conçu pour blanchir des bénéfices – principalement ceux des industries du pétrole, du gaz et des mines.

On a depuis longtemps observé que le Panama et le Libéria ont des « pavillons de complaisance »; Les navires pétroliers et minéraliers s’immatriculent sous les pavillons du Liberia et du Panama, ou de tel autre pays qui fonctionnent avec le dollar US et non leur propre monnaie.

Je me suis rendu compte de cela pour la première fois il y a environ 40 ans, alors que je faisais une étude des bilans financiers de l’industrie pétrolière. Je suis allé chez Standard Oil dont le trésorier m’avait présenté le rapport financier de son entreprise. Je lui avais dit que je n’arrivais pas à comprendre si la Standard Oil et les autres compagnies pétrolières faisaient leurs bénéfices dans l’amont avec la production de pétrole ou dans l’aval avec la raffinage et la distribution. Et il m’avait dit, « Nous vendons le pétrole que nous achetons en Arabie Saoudite ou au Proche Orient à des prix très bas à la compagnie de transport maritime pétrolier dont le siège social se trouve au Liberia ou au Panama. » Il n’y a pas de fiscalité sur le revenu dans ces pays parce que ce ne sont pas vraiment des pays. Les compagnies pétrolières vendent ensuite le pétrole brut aux distributeurs en aval en Europe ou aux Etats Unis – avec une marge bénéficiaire très très élevée.

La marge est si élevée qu’il n’y a pas de place pour faire quelque profit que ce soit avec les raffineries ou les stations-service qui vendent le pétrole. C’est pourquoi les compagnies pétrolières ne payent rien au fisc en Europe. Elles ne payent pas non plus d’impôt sur les bénéfices au gouvernement des Etats Unis. Tous leurs gains sont comptabilisés dans le secteur des navires pétroliers qui sont immatriculés dans des pays qui ne taxent pas les bénéfices.

Je lui avais dit que j’avais regardé les rapports financiers de la Réserve Fédérale et le Treasury Bulletin. J’ai vu ici l’Europe, ici l’Amérique Latine, ici l’Afrique et l’Asie. Je n’arrive pas à savoir où se trouvent les rapatriements de bénéfices.

Il m’avait dit de regarder la toute dernière ligne à droite dans les tables par pays. Elle est intitulée « International ». J’ai demandé que tous ces pays en Europe et ailleurs étaient ‘linternational. Il m’avait expliqué que « International » était une catégorie particulière pour ce qui en réalité faisait partie des Etats Unis à l’étranger. Ce sont les centres bancaires offshore – Panama, Liberia, etc.

J’ai donc compris que, à la base, Panama, et par conséquent les compagnies panaméennes, avaient été initialement mis en place pour immatriculer les bateaux pétroliers et minéraliers de sorte à faire apparaître que tous leurs profits venaient du transport du pétrole, ou du cuivre ou autres minéraux, en provenance de pays du tiers-monde à destination de l’Europe et des Etats Unis.

Les Etats Unis s’en sont accommodés. L’industrie pétrolière a ainsi été exonérée d’impôts depuis les années 1920. Quand l’impôt sur le revenu a été créé en 1913 ou 1914, il avait pour fonction de capture les rentes économiques. Mais les plus gros extracteurs de rente, pétrole, gaz et minerais, s’en sont tirés par l’évasion fiscale.

PERIES: Michael, vous avez indiqué dans un de vos articles que vous aviez été approché par un agent du Département d’Etat en 1967. Dites-nous en plus sur cette expérience.

HUDSON: C’était quelqu’un qui avait travaillé pour le Département d’Etat et était parti travailler pour la Chase Manhattan Bank. Le problème qu’avaient les Etats Unis dans les années 1960, c’était la guerre du Vietnam. Tout le déficit de la balance des paiements des Etats Unis dans les années 1950 et 1960 jusque au début des années 1970 était lié aux dépenses militaires à l’étranger. Soit le dollar baissait, soit les Etats Unis devaient vendre de l’or. C’est ce qui avait amené finalement Nixon à découpler le dollar de l’or en 1971, ce que les Etats Unis s’étaient efforcé d’éviter pendant des années.

Le Département d’Etat était donc venu à Chase pour dire qu’il fallait imaginer un moyen quelconque de trouver suffisamment de dollars pour éponger le déficit militaire. Il avait trouvé le moyen de le faire. C’était de faire des Etats Unis la nouvelle Suisse du monde. On m’avait demandé d’estimer le montant des capitaux criminels dans le monde. Combien gagnaient les trafiquants de drogue, combien gagnaient les criminels pris ensemble, combien d’argent les dictateurs avaient-ils planqué. Quelle partie de ces sommes vont en Suisse, et comment les banques américaines peuvent-elles faire venir cet argent aux Etats Unis?

Le résultat final a été que le gouvernement des Etats Unis est allé voir Chase et les autres banques pour leur demander d’agir en bons citoyens américains et de rendre l’Amérique sûre pour les criminels du monde entier, de mettre leur argent en sûreté et soutenir le dollar par la même occasion.

Auparavant, on avait demandé à Chase de créer une banque à Saigon pour que les soldats et d’autres personnes n’aient pas à utiliser les banques françaises qui transféraient l’argent en France pour que le Général de Gaulle l’échange contre de l’or. Chase avait répondu OK, nous allons participer à la mise en place de banques.

D’autres banques ont fait ça, pas pour échapper aux lois, pas pour enfreindre la loi au départ, mais pour agir en bons citoyens et attirer des capitaux douteux venus de partout dans le monde. La même chose s’est passée avec les Indes Occidentales Britanniques – les Iles Cayman. Elles avaient déclaré leur indépendance, pas pour devenir de vrais pays, mais pour attirer des capitaux en fuite vers l’Angleterre. Elles rejoignaient l’empire comme colonie qui pouvait servir d’intermédiaire pour le blanchiment d’argent. L’idée était de faire en sorte que tout cet argent aille aux Etats Unis ou chez leur allié britannique.

Tout ce contexte peut être aisément reconstitué. Si vous regardez l’argent qui va au Panama et dans d’autres centres bancaires de la Caraïbe, rien de cet argent ne reste sur place. Il devient un « passif des Etats Unis au Panama » ou dans d’autres centres bancaires – principalement dans des succursales de banques américaines dans ces régions.

PERIES: Michael, il y a une question que je voudrais vous poser. Ces derniers jours, beaucoup de questions ont été soulevées sur le fait que peu d’Américains ou même de Canadiens sont cités dans les documents rendus publics. Certains supposent que c’est parce que les Etats Unis n’ont pas besoin de paradis fiscal parce qu’ils en sont un. Des Etas comme le Wyoming, le Dakota du Sud et le Nevada sont considérés comme la nouvelle Suisse de l’évasion fiscale. Expliquez-nous comment ça marche, parce que tous est entremêlé.

HUDSON: On n’a normalement pas seulement un ou deux, mais trois ou quatre centres dans un circuit financier (veil of tiers). L’idée est de ne pas mettre l’argent directement aux Etats Unis. Imaginez que vous êtes un kleptocrate russe ou ukrainien, et que vous voulez prendre un milliard de dollars pour les mettre en lieu sûr. Vous n’allez pas directement les placer dans une société du Delaware ou du Wyoming. L’argent finira là-bas. Mais si vous l’y mettez directement, alors le gouvernement US et la banque vous diront, « Attendez une minute. Voilà qu’on a le président de l’Ukraine avec un milliard de dollars dans notre système bancaire. »

Alors ce que vous devez faire, c’est blanchir l’argent. Comme avec le cartel colombien de la drogue. Ils ne vont pas placer les bénéfices du cartel colombien de la drogue dans une banque du Delaware sous leur nom. Il doit passer par certaines étapes. L’argent sorti de Russie ou d’Ukraine va dans une banque lettonne, surtout par les banques de Riga. J’ai rencontré des personnes à Riga, des Américains dont l’activité consiste à mettre en place jusqu’à 30 sociétés pour le blanchisseur d’argent. Ils envoient ensuite l’argent, disons aux Iles Cayman. Des Iles Cayman, l’argent va au Panama. Et alors il quitte le Panama, son origine étant déjà masquée, pour finir en bout de chaîne dans une société au Delaware.

Si vous regardez les statistiques de balances des paiements, vous verrez des passifs dans les succursales des banques au Panama, dans Indes occidentales Britanniques ou ailleurs, qui sont dus à la maison mère aux Etats Unis. Vous pouvez aussi regarder et voir combien de valeurs boursières américaines, combien de bons du Trésor, combien de dépôts bancaires américains viennent de ces îles. Leur magnitude est si énorme que c’est elle qui a soutenu le dollar.

C’est le Congrès [les deux chambres parlementaires] qui est derrière tout ça. Dans les années 1960, il a reconnu que, à la base, les criminels sont les personnes les plus liquides au monde. Ils ne veulent pas attacher leur argent et leurs biens, parce que des biens peuvent se voir, c’est visible. La finance, dans les bilans comptables, est appelée « invisibles ». Si vous êtes un criminel, vous voulez que vos finances soient invisibles afin qu’elles soient en sécurité. Et l’investissement le plus sûr, ce sont les bons du Trésor américain.

Il y a alors eu une débat au Congrès dans les années 1960; Voulons-nous prélever 15 % de taxes sur les bons du Trésor, spécialement quand ils sont acquis par des étrangers? Il avait été relevé que la plupart des étrangers qui détiennent des bons du Trésor sont en fait des criminels. Alors le Congrès a dit que nous avions besoin de l’argent criminel. Nous ne prélèverons pas de taxes criminelles. Nous allons exonérer de taxes le crime. Nous allons taxer l’industrie américaine, nous allons taxer le travail américain, mais pas les criminels étrangers parce que nous avons besoin de leur argent. Alors nous n’allons pas taxer ce qu’ils détiennent via leurs comptes fiduciaires dans le Delaware, qui était le lieu principal à l’époque, à New York ou dans les succursales londoniennes des banques américaines. Les succursales des banques américaines à Londres ont été les principaux déposants uniques et sources de revenus et de croissance dans les années 1960 pour Chase, Citibank et d’autres. On appelait cet argent eurodollars. Les eurodollars qui affluaient dans ces succursales venaient en bonne partie du commerce de la drogue et d’armes ainsi que des dictateurs en Afrique et ailleurs.

Donc, sous la pression des Etats Unis, le système bancaire international a été organisé pour faciliter le blanchiment d’argent venu de la drogue. La raison pour laquelle les Américains et les Canadiens sont peu présents dans les registres de Mossack Fonseca est que son rôle était d’organiser le blanchiment d’argent pour des étrangers, pour cacher la façon dont ils obtiennent de l’argent. Mais l’industrie pétrolière ne se cache pas. L’industrie pétrolière déclare tous ses revenus, et l’industrie minière déclarent tous les revenus qu’elles tirent des compagnies de navigation libériennes ou panaméennes. Mais comme le Panama et le Liberia n’ont pas d’imposition sur le revenu, ces revenus ne sont pas assujettis à l’impôt. C’est du vol légal et sans bavure d’argent qui aurait dû aller au percepteur, exactement comme le sénateur de Californie Hayakawa avait dit le vol du Panama à la Colombie par les Etats Unis avait été légal et sans bavures.

PERIES: Wow: La grande question ici dans toutes ces discussions et fuites est de savoir quelles solutions à ce problème, et sont-elles réalisables?

HUDSON: Eh bien, la solution est de taxer les entreprises sur les bénéfices obtenus dans le monde entier. Si vous savez qu’une compagnie américaine comme Standard Oil, Exxon maintenant, fait X milliards de bénéfices, vous décidez simplement que peu importe si vous les déclarez aux Etats Unis ou au Panama. Nous allons traiter les revenus que vous déclarez pour vos compagnies maritimes panaméennes comme s’ils avaient été réalisés ays Etats Unis et nous allons les taxer selon les taux en vigueur aux Etats Unis.

Pourtant, voilà pourquoi il n’y aura pas de solution au blanchiment d’argent. Si on résolvait le problème du blanchiment d’argent et si on taxait les entreprises et leurs gains partout dans le monde, vous taxeriez Apple et tous les revenus qu’il domicilie en Irlande en tant que paradis fiscal où il est exempté d’impôts, vous attaqueriez les plus gros intérêts économiques aux Etats Unis – les monopoles du gaz et du pétrole.

Je ne pense pas qu’il y ait un seul politicien assez fort pour attirer des contributions de campagne [électorale] de la part de ces contributeurs importants [aux campagnes électorales] tout en agissant réellement pour qu’ils soient taxés. Ils vont s’attaquer au petit poisson qui essaye de passer à travers les brèches que l’industrie pétrolière a créées il y a un siècle. Mais il n’est pas facile d’attaquer le petit poisson et le petit fraudeur fiscal sans attraper le gros poisson. Et ce gros poisson, ce sont les plus grandes entreprises des Etats Unis.

C’est pour ça que le problème ne sera pas réglé. Il ne sera pas réglé en bonne partie parce que les Etats Unis veulent soutenir le dollar en attirant tout cet argent sale, exactement comme l’Angleterre veut soutenir la livre sterling en se faisant la capitale de la fuite des capitaux pour tous les grands criminels du monde entier, depuis les kleptocrates russes aux dictateurs africains et aux blanchisseurs d’argent asiatiques.

L’ensemble du système financier a été fondamentalement criminalisé dans le processus de sa militarisation, pour répondre aux besoins financiers de pays comme les Etats Unis et la Grande Bretagne qui ont de gros budgets militaires. C’est comme ça qu’ils financent leurs budgets militaires – avec le blanchiment d’argent par la classe criminelle mondiale. Le résultat annexe, c’est de laisser en fin de compte les plus grosses entreprises, d’Apple à Exxon, exemptes de taxes

PERIES: Il y a beaucoup de choses ici, Michael. Merci beaucoup de nous avoir rejoints aujourd’hui et nous espérons vous avoir à nouveau pour éclaircir certains points très importants dont vous avez parlé en termes de solutions, ainsi que comment attaquer juridiquement certaines des personnes impliquées dans la création de ces brèches et ces évasions fiscales. Je vous remercie beaucoup d’avoir été avec nous.

HUDSON: Merci beaucoup Charmini. C’était un plaisir.

L'original :
http://www.nakedcapitalism.com/2016/04/ ... dgets.html
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Re: Les "Panama Papers" et les "Paradise Papers" (Lewis Hamilton

Messagede Toma le 05 Nov 2017, 23:38

A l'epoque des Panama papers il avait été révélé que Rosberg touchait son salaire via une societe au Pana ou aux Bahamas.

Tant que les politiques subiront les lobbies des banques les lois ne changeront pas et ce cirque fiscale a la limite de la legalite, mais bien legal, continuera
"The thing about quotes on the internet is that you cannot confirm their validity."

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