Alstom

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Messagede Silverwitch le 06 Mai 2014, 15:23

Waddle a écrit:Au delà de la volonté politique plus que douteuse de nos dirigeants sur ce dossier, "juridiquement", Bruxelles peut-il s'opposer à une nationalisation?


Non, qu'elle soit partielle ou totale.
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Messagede Waddle le 06 Mai 2014, 15:28

Silverwitch a écrit:
Waddle a écrit:Au delà de la volonté politique plus que douteuse de nos dirigeants sur ce dossier, "juridiquement", Bruxelles peut-il s'opposer à une nationalisation?


Non, qu'elle soit partielle ou totale.

Tiens. C'est pour quand qu'ils nous changent ça?
Tu me diras, vu que tous les dirigeants européens (ou presque) se sont convertis au libéralisme, ça n'aurait aucun intérêt en fait.
"La citoyenneté réduite au droit du sang consiste à dire que la République est génétique et non pas spirituelle", Waddle, 2013.

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Messagede Shoemaker le 06 Mai 2014, 15:39

Voilà.
Pourquoi s'encombrer d'une loi qui ne servirait à rien.
"c'est quoi le blues". Toujours les mêmes histoires, celles qui font vaciller les mondes et les empires.
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Messagede Silverwitch le 06 Mai 2014, 15:42

Waddle a écrit:Tiens. C'est pour quand qu'ils nous changent ça?
Tu me diras, vu que tous les dirigeants européens (ou presque) se sont convertis au libéralisme, ça n'aurait aucun intérêt en fait.


Ce n'est pas demain la veille. Le néo-libéralisme est une idéologie qui met l'État au service d'intérêts privés, plus généralement au profit exclusif des classes dominantes. Le libéralisme est une houppelande qui dissimule la profondeur des poches des plus riches.
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Messagede Shoemaker le 06 Mai 2014, 21:17

Il a fallu que j'aille voir dans Lexilogos la définition de ce mot, vaguement familier, mais dont je n'avais pas le moindre début d'explication ! :D
Houppelande :
Ample et long vêtement de dessus, ouvert par devant, pourvu de manches larges, parfois ouaté ou doublé de fourrure.
"c'est quoi le blues". Toujours les mêmes histoires, celles qui font vaciller les mondes et les empires.
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Messagede Cortese le 06 Mai 2014, 21:21

Shoemaker a écrit:Il a fallu que j'aille voir dans Lexilogos la définition de ce mot, vaguement familier, mais dont je n'avais pas le moindre début d'explication ! :D
Houppelande :
Ample et long vêtement de dessus, ouvert par devant, pourvu de manches larges, parfois ouaté ou doublé de fourrure.


Mais si tu connaissais, "de grands yeux noirs, brillants, et de long poils blancs qui lui faisaient une houppelande"
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Messagede Shoemaker le 06 Mai 2014, 21:58

chiottes !!!! je me disais bien que je connaissais ce mot ! Grrrr...; :lol:
"c'est quoi le blues". Toujours les mêmes histoires, celles qui font vaciller les mondes et les empires.
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Messagede Sylphus le 06 Mai 2014, 22:15

On se croirait sur le site du PCF qui mélange capitalisme et libéralisme. Quand on n'a pas de compétence en économie, on éteint son Apple made in USA et on se met au tricot.
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Messagede rozz le 07 Mai 2014, 11:06

Sylphus a écrit: Quand on n'a pas de compétence en économie, on éteint son Apple made in USA et on se met au tricot.

Apple "made in USA" ???? Cte bonne blague :lol:
Puisque tu n´y connais rien non plus en economie, tu devrais te mettre à quoi toi ? A la production des andouilles ?
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Messagede Hugues le 15 Mai 2014, 16:00

LeMonde.fr a écrit:Alstom : l'Etat signe un décret de « patriotisme économique »
Le Monde.fr | 14.05.2014 à 23h50 • Mis à jour le 15.05.2014 à 14h16 |
Par Cédric Pietralunga et David Revault d'Allonnes

C'’est « la fin du laisser-faire », explique le ministre de l'économie, Arnaud Montebourg. Manuel Valls, le premier ministre, a signé mercredi 14 mai un décret « relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable », qui devrait permettre à l’'Etat de s'’opposer à la prise de contrôle d'un très grand nombre d'entreprises françaises.
Concrètement, le gouvernement a décidé, sous l’'impulsion d’'Arnaud Montebourg, le ministre de l’'économie, d'’élargir à cinq nouveaux secteurs le décret, adopté le 30 décembre 2005 par Dominique de Villepin, qui soumet un certain nombre d’'investissements étrangers en France à l’'autorisation du gouvernement.

Jusqu’'ici cantonné à onze activités liées à la défense et à la sécurité, il s’'appliquera désormais aussi à « l'’approvisionnement en électricité, gaz, hydrocarbures ou autre source énergétique », à « l’'exploitation des réseaux et des services de transport », à « l’'approvisionnement en eau », aux « communications électroniques » et à la « protection de la santé publique ».

MONTEBOURG : « DU PATRIOTISME ÉCONOMIQUE »

« Le choix que nous avons fait, avec le premier ministre, est un choix de patriotisme économique. Ces mesures de protection des intérêts stratégiques de la France sont une reconquête de notre puissance, explique M. Montebourg au Monde. Nous pouvons désormais bloquer des cessions, exiger des contreparties. C'est un réarmement fondamental de la puissance publique. La France ne peut pas se contenter de discours quand les autres Etats agissent. »

En gestation depuis plusieurs mois, l'’adoption de ce décret a été brutalement accélérée avec la révélation, fin avril, des négociations entamées par l’'américain General Electric pour racheter les activités énergie d’'Alstom. « Nous nous sommes rendus compte qu'il serait très difficile de s’'opposer à cette opération en l’'état actuel de la réglementation, reconnaît-on à Bercy. Avec ce décret, nous aurons un droit de discussion car aucune entreprise n’'a intérêt à risquer un veto de l’'Etat. »

« DONNER UN SIGNAL POLITIQUE »

« Alstom entre dans le champ de ce décret comme d'autres entreprises stratégiques, estime M. Montebourg. Le pouvoir d'autorisation qu'il nous confère nous protège contre des formes indésirables de dépeçage et des risques de disparition. Il faut rappeler qu'Alstom est un maillon essentiel de notre indépendance énergétique. Avec ce décret, nous rééquilibrons le rapport de force entre les intérêts des entreprises multinationales et les intérêts des États, qui ne sont pas toujours alignés. »

Sur le plan politique, ce décret, à dix jours du scrutin européen, vise également à « donner un signal politique », indique un proche de M. Montebourg. Et, alors que la supposée impuissance de l'exécutif en matière économique et sociale lui coûte cher dans l'opinion, à prendre le contrepied de Lionel Jospin, qui, en 2000, expliquait que « l'Etat ne peut pas tout ».


C'est une bonne initiative, en général.

Mais dans le cas d'Alstom en particulier, ce à quoi vont servir ces nouveaux dispositifs du code monétaire et financier, c'est à dire favoriser une autre cession, n'est pas la solution, puisqu'aucune des deux solutions de cession, à General Electric ou Siemens ne règle le problème fondamental et aucune n'est la solution à adopter.
Et que probablement même, à long terme la solution Siemens sera plus catastrophique que celle de GE.

Hugues



Image

Image


Ce qui en consolidant le code en question (ce que Legifrance n'a pas encore fait) donne : (en rouge les passages modifiés)
Code monétaire et financier

Partie réglementaire
Livre Ier : La monnaie
Titre V : Les relations financières avec l'étranger.
Chapitre III : Investissements étrangers soumis à autorisation préalable.


Section 1 : Dispositions relatives aux investissements étrangers en provenance de pays tiers

Article R153-1

1° Soit d'acquérir le contrôle, au sens de l'article L. 233-3 du code de commerce, d'une entreprise dont le siège social est établi en France ;

2° Soit d'acquérir tout ou partie d'une branche d'activité d'une entreprise dont le siège social est établi en France ;

3° Soit de franchir le seuil de 33,33 % de détention du capital ou des droits de vote d'une entreprise dont le siège social est établi en France.

Article R153-2

Relèvent d'une procédure d'autorisation au sens du I de l'article L. 151-3 les investissements étrangers mentionnés à l'article R. 153-1 réalisés par une personne physique qui n'est pas ressortissante d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu une convention d'assistance administrative avec la France en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale, par une entreprise dont le siège social ne se situe pas dans l'un de ces mêmes Etats ou par une personne physique de nationalité française qui n'y est pas résidente, dans les activités suivantes :

1° Activités dans les secteurs des jeux d'argent à l'exception des casinos ;

2° Activités réglementées de sécurité privée ;

3° Activités de recherche, de développement ou de production relatives aux moyens destinés à faire face à l'utilisation illicite, dans le cadre d'activités terroristes, d'agents pathogènes ou toxiques et à prévenir les conséquences sanitaires d'une telle utilisation ;

4° Activités portant sur les matériels conçus pour l'interception des correspondances et la détection à distance des conversations, autorisés au titre de l'article 226-3 du code pénal ;

5° Activités de services dans le cadre de centres d'évaluation agréés dans les conditions prévues au décret n° 2002-535 du 18 avril 2002 relatif à l'évaluation et à la certification de la sécurité offerte par les produits et les systèmes des technologies de l'information ;

6° Activités de production de biens ou de prestation de services de sécurité dans le secteur de la sécurité des systèmes d'information d'une entreprise liée par contrat passé avec un opérateur public ou privé gérant des installations au sens des articles L. 1332-1 à L. 1332-7 du code de la défense ;

7° Activités relatives aux biens et technologies à double usage énumérés à l'annexe IV du règlement (CE) n° 428/2009 du Conseil du 5 mai 2009 instituant un régime communautaire de contrôle des exportations, des transferts, du courtage et du transit de biens à double usage ;

8° Activités relatives aux moyens de cryptologie et les prestations de cryptologie mentionnés aux paragraphes III, IV de l'article 30 et I de l'article 31 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique ;

9° Activités exercées par les entreprises dépositaires de secrets de la défense nationale notamment au titre des marchés classés de défense nationale ou à clauses de sécurité conformément aux articles R. 2311-1 et suivants du code de la défense relatifs à la protection du secret de la défense nationale ;

10° Activités de recherche, de production ou de commerce d'armes, de munitions, de poudres et substances explosives destinées à des fins militaires ou de matériels de guerre et assimilés réglementés par le titre III ou le titre V du livre III de la deuxième partie du code de la défense ;

11° Activités exercées par les entreprises ayant conclu un contrat d'étude ou de fourniture d'équipements au profit du ministère de la défense, soit directement, soit par sous-traitance, pour la réalisation d'un bien ou d'un service relevant d'un secteur mentionné aux points 7° à 10° ci-dessus.

12° Autres activités portant sur des matériels, des produits ou des prestations de services, y compris celles relatives à la sécurité et au bon fonctionnement des installations et équipements, essentielles à la garantie des intérêts du pays en matière d’ordre public, de sécurité publique ou de défense nationale énumérés ci-après :
a) Intégrité, sécurité et continuité de l’approvisionnement en électricité, gaz, hydrocarbures ou autre source énergétique ;
b) Intégrité, sécurité et continuité de l’approvisionnement en eau dans le respect des normes édictées dans l’intérêt de la santé publique ;
c) Intégrité, sécurité et continuité d’exploitation des réseaux et des services de transport ;
d) Intégrité, sécurité et continuité d’exploitation des réseaux et des services de communications électroniques ;
e) Intégrité, sécurité et continuité d’exploitation d’un établissement, d’une installation ou d’un ouvrage d’importance vitale au sens des articles L. 1332-1 et L. 1332-2 du code de la défense ;
f) Protection de la santé publique.


Section 2 : Dispositions relatives aux investissements en provenance des Etats membres de l'Union européenne

Article R153-3

Constitue un investissement au sens de la présente section le fait pour un investisseur :

1° Soit d'acquérir le contrôle, au sens de l'article L. 233-3 du code de commerce, d'une entreprise dont le siège social est établi en France.

2° Soit d'acquérir tout ou partie d'une branche d'activité d'une entreprise dont le siège social est établi en France.

Article R153-4

Sont soumis à une procédure d'autorisation au sens de l'article L. 151-3, s'ils relèvent de l'article R. 153-3, les investissements réalisés dans les activités énumérées du 8° au 12° de l'article R. 153-2 par une personne physique ressortissante d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu une convention d'assistance administrative avec la France en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale, par une entreprise dont le siège social se situe dans l'un de ces mêmes Etats ou par une personne physique de nationalité française qui y est résidente.

Article R153-5

Sont soumis à une procédure d'autorisation au sens de l'article L. 151-3, s'ils relèvent du 2° de l'article R. 153-3, les investissements réalisés par une personne physique ressortissante d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu une convention d'assistance administrative avec la France en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale, par une entreprise dont le siège social se situe dans l'un de ces mêmes Etats ou par une personne physique de nationalité française qui y est résidente, dans les activités suivantes :

1° (alinéa abrogé) ;

2° Activités de sécurité privée, au sens de la loi n° 83-629 du 12 juillet 1983 modifiée réglementant les activités privées de sécurité, lorsque les entreprises qui les exercent :

a) Fournissent une prestation à un opérateur public ou privé d'importance vitale, au sens de l'article L. 1332-1 du code de la défense ;

b) Ou participent directement et spécifiquement à des missions de sécurité définies aux articles L. 282-8 du code de l'aviation civile et L. 324-5 du code des ports maritimes ;

c) Ou interviennent dans les zones protégées ou réservées, au sens de l'article 413-7 du code pénal et des textes pris en application des articles R. 2311-1 et suivants du code de la défense relatifs à la protection du secret de la défense nationale ;

3° Activités de recherche, de développement ou de production, lorsqu'elles intéressent exclusivement :

a) Les agents pathogènes, les zoonoses, les toxines et leurs éléments génétiques ainsi que leurs produits de traduction mentionnés aux alinéas 1C351 et 1C352a. 2 de l'annexe I du règlement (CE) n° 428/2009 du Conseil du 5 mai 2009 instituant un régime communautaire de contrôle des exportations, des transferts, du courtage et du transit de biens à double usage ;

b) Les moyens de lutte contre les agents prohibés au titre de la convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et de leur destruction, faite à Paris le 13 janvier 1993,

et que le contrôle de l'investissement est exigé par les nécessités de la lutte contre le terrorisme et de la prévention des conséquences sanitaires de celui-ci ;

4° Activités de recherche, développement, production ou commercialisation portant sur les matériels conçus pour l'interception des correspondances et la détection à distance des conversations définis à l'article 226-3 du code pénal, dans la mesure où le contrôle de l'investissement est exigé par les nécessités de la lutte contre le terrorisme et la criminalité ;

5° Activités de services dans le cadre de centres d'évaluation agréés dans les conditions prévues au décret n° 2002-535 du 18 avril 2002 relatif à l'évaluation et à la certification de la sécurité offerte par les produits et les systèmes des technologies de l'information, lorsque les entreprises qui les exercent fournissent ces prestations au profit de services de l'Etat, dans la mesure où le contrôle de l'investissement est exigé par les nécessités de la lutte contre le terrorisme et la criminalité ;

6° Activités de production de biens ou de prestations de services dans le secteur de la sécurité des systèmes d'information exercées par une entreprise liée par un contrat passé avec un opérateur public ou privé d'installation d'importance vitale au sens des articles L. 1332-1 à L. 1332-7 du code de la défense pour protéger cette installation ;

7° Activités relatives aux biens et technologies à double usage énumérés à l'annexe IV du règlement du 5 mai 2009 précité exercées au profit d'entreprises intéressant la défense nationale.

Section 2 bis : Dispositions relatives aux investissements effectués par une entreprise de droit français

Article R153-5-1

Constitue un investissement au sens de la présente section le fait pour un investisseur d'acquérir tout ou partie d'une branche d'activité d'une entreprise dont le siège social est établi en France.

Article R153-5-2

Sont soumis à une procédure d'autorisation au sens de l'article L. 151-3, s'ils relèvent de l'article R. 153-5-1, les investissements réalisés par une entreprise de droit français contrôlée, au sens de l'article L. 233-3 du code de commerce, par une personne physique ressortissante d'un Etat autre que la France, par une entreprise dont le siège social se situe hors de France ou par une personne physique de nationalité française résidant hors de France, dans l'une des activités énumérées du 8° au 12° de l'article R. 153-2 et à l'article R. 153-5.

Section 3 : Dispositions communes

Article R153-6

I.-L'autorisation prévue au présent chapitre est réputée acquise lorsque l'investissement est réalisé entre des entreprises appartenant toutes au même groupe, c'est-à-dire étant détenues à plus de 50 % du capital ou des droits de vote, directement ou indirectement par le même actionnaire.

L'autorisation n'est toutefois pas réputée acquise lorsque l'investissement a pour objet de transférer à l'étranger tout ou partie d'une branche d'une des activités énumérées respectivement aux articles R. 153-2 et R. 153-4.

II.-Dans le cas des investissements mentionnés au 3° de l'article R. 153-1 et énumérés à l'article R. 153-2, l'autorisation est également acquise avec dispense de demande préalable lorsque l'investisseur qui franchit le seuil de 33,33 % de détention directe ou indirecte du capital ou des droits de vote d'une entreprise ayant son siège social en France a déjà été autorisé au titre du présent chapitre à acquérir le contrôle de celle-ci au sens de l'article L. 233-3 du code de commerce.

III.-Si une demande préalable d'autorisation a néanmoins été présentée dans les hypothèses prévues au présent article, l'accusé de réception qui en est délivré mentionne que la demande est sans objet.

Article R153-7

Avant la réalisation d'un investissement, l'investisseur peut saisir le ministre chargé de l'économie d'une demande écrite aux fins de savoir si cet investissement est soumis à une procédure d'autorisation. Le ministre répond dans un délai de deux mois. L'absence de réponse ne vaut pas dispense de demande d'autorisation.

Article R153-8

Le ministre chargé de l'économie se prononce dans un délai de deux mois à compter de la date de réception de la demande d'autorisation. A défaut, l'autorisation est réputée acquise.

Un arrêté du ministre chargé de l'économie fixe la composition du dossier de demande d'autorisation.

Article R153-9

Le ministre chargé de l'économie examine si la préservation des intérêts nationaux tels que définis par l'article L. 151-3 peut être obtenue en assortissant l'autorisation d'une ou plusieurs conditions.

Ces conditions portent principalement sur la préservation par l'investisseur de la pérennité des activités, des capacités industrielles, des capacités de recherche et de développement ou des savoir-faire associés, l’intégrité, la sécurité et de la continuité de l’approvisionnement, l’intégrité, la sécurité et la continuité de l’exploitation d’un établissement, d’une installation ou d’un ouvrage d’importance vitale au sens des articles L. 1332-1 et L. 1332-2 du code de la défense ou des réseaux et services de transport ou de communications électroniques, la protection de la santé publique ou l'exécution des obligations contractuelles de l'entreprise dont le siège social est établi en France, comme titulaire ou sous-traitant dans le cadre de marchés publics ou de contrats intéressant l’ordre public, la sécurité publique, les intérêts de la défense nationale ou la recherche, la production ou le commerce en matière d'armes, de munitions, de poudres ou de substances explosives.

Le ministre chargé de l’économie peut subordonner l’octroi de l’autorisation prévue à l’article L. 151-3 à la cession de toute activité énumérée aux articles R. 153-2 et R. 153-5 exercée par l’entreprise dont le siège social est situé en France à une entreprise indépendante de l’investisseur étranger.

Les conditions prévues au présent article sont fixées dans le respect du principe de proportionnalité.

Article R153-10

Le ministre chargé de l'économie refuse par décision motivée l'autorisation de l'investissement projeté, s'il estime, après examen de la demande :

1° Qu'il existe une présomption sérieuse que l'investisseur est susceptible de commettre l'une des infractions visées par les articles 222-34 à 222-39, 223-15-2, 225-5, 225-6, 225-10, 324-1, 421-1 à 421-2-2, 433-1, 450-1 du code pénal et par le premier alinéa de l'article 321-6 du même code ;

2° Ou que la mise en oeuvre des conditions mentionnées à l'article R. 153-9 ne suffit pas à elle seule à assurer la préservation des intérêts nationaux définis par l'article L. 151-3 dès lors que :

a) La pérennité des activités, des capacités industrielles, des capacités de recherche et développement et des savoir-faire associés ne serait pas préservée ;

b) Ou que l’intégrité, la sécurité et la continuité de l’approvisionnement, l’intégrité, la sécurité et la continuité de l’exploitation d’un établissement, d’une installation ou d’un ouvrage d’importance vitale au sens des articles L. 1332-1 et L. 1332-2 du code de la défense ou des réseaux et services de transport ou de communications électroniques ou la protection de la santé publique ne seraient pas garantis;

c) Ou que serait compromise l'exécution des obligations contractuelles de l'entreprise dont le siège social est établi en France comme titulaire ou sous-traitant dans le cadre de marchés publics ou de contrats intéressant l'ordre public, la sécurité publique, les intérêts de la défense nationale ou la recherche, la production ou le commerce en matière d'armes, de munitions, de poudres et substances explosives.

Article R153-11

Le délai imparti à l'investisseur pour rétablir la situation antérieure en application du III de l'article L. 151-3 est notifié par le ministre chargé de l'économie. Il ne peut excéder douze mois.

Article R153-12

Les autorités administratives compétentes pour instruire l'autorisation prévue au présent chapitre peuvent recourir à la coopération internationale pour vérifier l'exactitude des informations qui leur sont fournies par les investisseurs étrangers, notamment celles relatives à l'origine des fonds.
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Re: L'actualité

Messagede DCP le 15 Mai 2014, 16:09

Sur le papier, oui, c'est une bonne initiative, à voir si le gouvernement osera appliquer cette nouvelle législation.
« Par exemple, le football, on y joue dans des endroits spéciaux. Il devrait y avoir des terrains de guerre pour ceux qui aiment mourir en plein air. Ailleurs on danserait et on rirait » (Roger Nimier)
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Re: Alstom

Messagede Hugues le 16 Mai 2014, 15:32

Comme visiblement les deux ventes sont liées...
Bouygues souhaitant récupérer son investissement dans Alstom pour financer Bouygues Telecom..

Maintenant que Bouygues Telecom est en phase de rachat par Orange (qui discute moins le prix que Free ne le faisait, sans doute sur ordre....), avec l'incitation notamment de l'Etat, qui possède des parts dans Orange, à le faire (et sans doute à ne pas mettre trop de barrières à ce rachat, côté autorité de la concurrence), la vente d'Alstom va peut-être subitement être moins urgente.. Ou Alstom être plus arrangeant avec les favoris du gouvernement Siemens (de toute façon avec le décret passé hier... il y avaient intérêt)

A noter que, comme le décret n'est entré en application que ce matin (le jour suivant sa publication le 15 mai dans le J.O.), Alstom et GE auraient pu y échapper en tentant de conclure la vente avant minuit ce matin.

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Re: Alstom

Messagede denim le 16 Mai 2014, 19:10

tout à l'heure y en a un qui m'a mis hors de moi...michel Barnier,commissaire Européen. :roll: :roll: :roll:

La Commission européenne a mis Paris en garde contre toute tentation protectionniste,(parlant d'Alstom) "L'objectif de protéger les intérêts essentiels stratégiques dans chaque Etat membre est essentiel dès qu'il s'agit de sécurité ou ordre public. C'est clairement prévu dans le traité. Mais nous devons vérifier si (cet objectif) est appliqué de manière proportionnée sinon cela reviendrait à du protectionnisme", a dit le commissaire chargé du Marché intérieur, le Français Michel Barnier.

c'est vrai quoi,monsieur Barnier...les autres pays n'en font pas du protectionnisme...surtout les américains. :roll:
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Re: Alstom

Messagede Hugues le 20 Juin 2014, 17:56

FranceTVInfo.fr a écrit:Alstom : Montebourg annonce une alliance avec General Electric et l'entrée de l'Etat dans le capital à hauteur de 20%

L'Etat entrera au capital d'Alstom à hauteur de 20%, a annoncé Arnaud Montebourg, vendredi 20 juin.

Par Francetv info
Mis à jour le 20/06/2014 | 17:41 , publié le 20/06/2014 | 17:38

L'Etat entrera au capital d'Alstom à hauteur de 20% et formera une alliance avec General Electric, a annoncé Arnaud Montebourg, vendredi 20 juin. Le conseil d'administration d'Alstom doit maintenant se réunir dans les jours qui viennent.

Deux offres s'opposaient, celle de l'Allemand Siemens et du Japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), et celle de l'Américain General Electric, chouchou de la direction d'Alstom et prétendant de longue date au pôle énergie du français. Siemens et Mitsubishi avaient annoncé une amélioration de leur offre, vendredi 20 juin.


De rachat de l'activité turbine, on est donc passé au transfert de ces activité dans une joint-venture (filiale commune) entre GE et Alstom.

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Re: Alstom

Messagede FrosT le 20 Juin 2014, 23:07

Un accord qui serait bon pour tout le monde.
Plutôt bien comme dénouement.
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Re: Alstom

Messagede denim le 21 Juin 2014, 10:17

:eek: :eek: :eek:

QUELLE HORREUR !!!

et puis quelle formidable corrélation entre la Boone qui va débarquer en Juillet...entre le TAFTA sodomisateur des peuples...y a aussi le TISA,dont personne ne parle,surtout pas nos "putassiers" de gouvernants,là aussi on va rire.
pauvre France...pauvre socialiste...pauvre gouvernement,vous êtes tous vraiment tombés bien bas.
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Re: Alstom

Messagede Hugues le 21 Juin 2014, 20:56

FranceTVInfo.fr a écrit:Alstom : un accord a été trouvé entre Bouygues et l'Etat pour le rachat d'une part du capital
18h58

C'est un feu vert. Un accord a été "trouvé" entre Bouygues et l'Etat, annonce une source proche à l'AFP samedi 21 juin. En annonçant qu'il favorisait l'offre de l'Américain General Electric pour le rachat de la branche énergie d'Alstom, l'Etat avait annoncé qu'il voulait entrer au capital du groupe français. Pour cela, il voulait racheter les parts que possède Bouygues. Il semble que ce dernier cherchait à faire monter les prix.


FranceTVInfo.fr a écrit:Alstom se prononce officiellement en faveur de l'offre de General Electric
Vendredi, le gouvernement s'était aussi prononcé en faveur de l'offre de l'Américain.

Par Francetv info
Mis à jour le 21/06/2014 | 20:38 , publié le 21/06/2014 | 18:58

Les choses se présentent bien pour General Electric dans le rachat d'Alstom. Le Conseil d'administration du groupe français a validé à l'unanimité le projet d'alliance avec General Electric sur ses activités énergie, a-t-il annoncé dans un communiqué samedi 21 juin.

"Le Conseil d'administration a unanimement décidé d'émettre un avis favorable à l'offre de GE" et l'entreprise engagera désormais "les procédures d'information et de consultation des instances représentatives du personnel d'Alstom", détaille-t-il. Alstom emboîte le pas au gouvernement qui privilégiait cette offre sur celle de Siemens, vendredi.

Négociations entre l'Etat et Bouygues

Le mariage n'est toutefois pas tout à fait acté. Des négociations sont encore en cours entre l'Etat et Bouygues. En annonçant qu'il privilégiait l'offre de l'Américain General Electric pour le rachat de la branche énergie d'Alstom, l'Etat avait précisé qu'il voulait entrer au capital du groupe français. Pour cela, il compte racheter les parts que possède Bouygues. A l'Élysée, une source proche de la présidence se disait samedi soir "optimiste sur un débouché rapide avant l'ouverture des marchés" lundi.

Car le temps presse. L'offre de l'américain expire lundi et son patron Jeff Immelt a déjà prévenu que la date "resterait intacte". Comprendre: il ne prolongera pas son offre.


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Re: Alstom

Messagede denim le 22 Juin 2014, 11:17

et surtout,quelle plaisir de se faire racheter des entreprises françaises par du PQ dollar...
pauvre France...
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Re: Alstom

Messagede Hugues le 22 Juin 2014, 21:06

LeFigaro.fr a écrit:Alstom: Montebourg annonce un accord entre l'État et Bouygues
HOME ECONOMIE FLASH ECO
Par Le Figaro.fr
Mis à jour le 22/06/2014 à 20:27 Publié le 22/06/2014 à 20:05

«Nous avons un accord avec Bouygues», a officialisé Arnaud Montebourg, dimanche invité du 20 heures de France 2.

Un accord a en effet été conclu avec Bouygues pour que l'Etat puisse entrer au conseil d'administration d'Alstom dès que l'alliance avec General Electric sera finalisée.

L'Etat s'est donné environ deux ans pour racheter les 20% du capital qu'il convoite, à Bouygues ou sur le marché, et devenir le principal actionnaire. Entretemps Bouygues lui cède ses droits de vote au conseil d'administration, précisent Bouygues et Bercy dans des communiqués séparés.

"Nous avons un accord qui a été conclu cet après-midi et qui permet à l'Etat de devenir le principal actionnaire d'Alstom, à hauteur de 20% comme prévu", a indiqué le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg.

Arnaud Montebourg a indiqué que l'État rachètera à Bouygues ses parts dans Alstom "quand l'État jugera le moment opportun", c'est-à-dire quand "le prix sera le plus bas possible car nous ne souhaitons pas dépenser inconsidérément le patrimoine des Français".


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Re: Alstom

Messagede DCP le 22 Juin 2014, 21:11

Et Bouygues a obtenu quoi en retour ? A part vendre au plus bas ?
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Re: Alstom

Messagede Hugues le 23 Juin 2014, 11:35

Des précisions (mais sans doute pas celles que tu attends):

LeMonde.fr a écrit:L'Etat deviendra le principal actionnaire d'Alstom
Le Monde.fr avec AFP | 22.06.2014 à 12h44 • Mis à jour le 23.06.2014 à 10h42

Les jeux sont faits dans le dossier Alstom. Après trois jours d'intenses tractations, le ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, a annoncé dimanche 22 juin sur France 2 que l'Etat et Bouygues étaient parvenus à un accord permettant à l'Etat de devenir le principal actionnaire d'Alstom, dès que l'alliance avec General Electric sera finalisée.

Selon les termes de cet accord, Bouygues propose gratuitement à l'Etat une option sur les 20 % de parts qu'il convoite pendant une période de vingt mois. L'Etat ne pourra exercer son option auprès de Bouygues que si le cours de Bourse est à ce moment là « supérieur ou égal » à 35 euros par action, moins une décote qui, a précisé Bouygues, sera comprise entre 2 % et 5 %.

Entretemps, Bouygues – actuellement premier actionnaire d'Alstom avec 29,4 % des parts – lui cède ses droits de vote au conseil d'administration, précisent Bouygues et Bercy dans des communiqués séparés.

Sur son compte Twitter, le ministre de l'économie s'est félicité de la tournure des événements.






BOUYGUES A LE DERNIER MOT SUR LE PRIX

Le principal point d'achoppement des négociations portait sur le prix. L'Etat avait en effet fait part de son souhait de racheter les parts du groupe au prix du cours actuel, soit 28 euros par action, selon la dernière cotation vendredi à la clôture de la Bourse de Paris. Mais Bouygues en demandait environ 35 euros, soit la valorisation que le groupe fait lui-même de sa participation dans ses comptes (3,07 milliards d'euros).

Il semblerait donc que sur ce point, c'est finalement Bouygues qui a obtenu le dernier mot. Selon le communiqué du groupe, « l'Etat dispose d'une option d'achat d'un maximum de 20 % (...) sous réserve que ce prix soit supérieur ou égal à l'équivalent d'un prix théorique de 35 euros ajusté ».

Dans le même temps, ce mécanisme d'option permet à Bouygues d'éviter de constater une nouvelle moins-value sur Alstom. En 2013, il lui en déjà coûté 1,4 milliard d'euros pour ramener à 34 euros la valeur de l'action Alstom dans ses comptes.

Arnaud Montebourg a indiqué pour sa part que l'Etat rachètera à Bouygues ses parts dans Alstom « quand l'Etat jugera le moment opportun », c'est-à-dire quand « le prix sera le plus bas possible car nous ne souhaitons pas dépenser inconsidérément le patrimoine des Français ».

Alors que l'Etat est engagé dans un plan de réduction des dépenses publiques, le ministre de l'économie avait assuré au Parisien samedi soir que cette opération « coûtera zéro euro aux contribuables » et sera financée par la vente de « certaines » participations de l'Etat dans des grands groupes français.

L'Etat a vendu ces derniers mois des actions qu'il détenait dans Safran, Airbus et Aéroports de Paris, ce qui lui permet de disposer « de 2,7 milliards d'euros en caisse ». Ces négociations sont décisives pour l'avenir du projet d'alliance d'Alstom avec General Electric sur ses activités énergie. « S'il n'y a pas d'entrée de l'Etat [au capital d'Alstom] parce que M. Bouygues ne veut pas vendre ses actions, l'opération avec GE ne se fera pas », a expliqué Arnaud Montebourg.

ALSTOM A VALIDÉ L'OFFRE DE GE

Vendredi, le gouvernement s'était prononcé en faveur du projet de l'américain face à celui du tandem germano-nippon Siemens et Mitsubishi Heavy Industries. Il avait annoncé, dans le même temps, qu'il comptait devenir l'actionnaire principal d'Alstom afin d'exercer sa « vigilance patriotique », selon les mots d'Arnaud Montebourg.

De son côté, réuni samedi, le conseil d'administration d'Alstom « a unanimement décidé d'émettre un avis favorable à l'offre de GE », pour la vente sous conditions de ses activités énergie, valorisée 12,35 milliards d'euros, mettant presque fin à un dossier qui défraie la chronique économique depuis avril. GE offre de créer trois coentreprises à parité (turbines à vapeur, réseaux et énergies renouvelables) avec Alstom et de lui céder son activité de signalisation ferroviaire.

Surtout, dans l'alliance à 50-50 dans les turbines à vapeur (qui équipent les réacteurs des centrales nucléaires d'EDF), l'Etat français aurait un droit de veto assorti de droits de gouvernance. L'accord prévoit également que GE s'engage à payer une pénalité de 50 000 euros pour chaque emploi non créé sur les 1 000 promis, a confirmé lundi Arnaud Montebourg.


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Re: Alstom

Messagede DCP le 23 Juin 2014, 12:48

Si, puisqu'on voit que Bouygues a trouvé un accord sur le prix, qui ne sera donc pas "le plus bas possible". :wink:

Pour le reste, j'espère que ce montage avec l'Etat servira l'intérêt des travailleurs en France.
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Re: Alstom

Messagede denim le 23 Juin 2014, 15:40

:lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
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Re: Alstom

Messagede Hugues le 28 Juin 2014, 21:32

Si vous avez quelques dizaines de minutes à accorder, je vous conseille l'audition d'Arnaud Montebourg mardi dernier (diffusée mercredi matin sur LCP) devant la commission des affaires économiques.
Un bon nombre de détails sur les négociations y sont données, ainsi sur les leviers et véto qu'à obtenu l'Etat sur Alstom et sur la joint venture. Et Montebourg y souligne le handicap qu'est l'Union Européenne, et en particulier ses lois sur la concurrence pour créer des géants en Europe. C'est vraiment intéressant.



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Re: Alstom

Messagede denim le 28 Juin 2014, 23:00

très bien oui...
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Re: Alstom

Messagede FrosT le 29 Juin 2014, 17:16

Intéressant en effet !

Néanmoins ne pas tomber dans l'hypocrisie: les gros groupes Français (CAC 40) sont, depuis 10 ans, beaucoup plus des prédateurs que des proies...
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Re: Alstom

Messagede Silverwitch le 06 Jan 2015, 11:25

Quelques mois après, à froid, les langues se délient:

Vente d'Alstom : le dessous des cartes

Pour Jean-Michel Quatrepoint, la vente d'Alstom est un «scandale d'État». Le journaliste et économiste révèle que le gouvernement a délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire.


Extraits:

Vendredi 19 décembre, dans un complet silence médiatique, les actionnaires d'Alstom ont approuvé à la quasi-unanimité le passage sous pavillon américain du pôle énergie du fleuron industriel. 70% des activités d'Alstom sont donc vendues au conglomérat General Electric (GE). Que cela signifie-t-il concrètement?
Le protocole d'accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l'assemblée générale d'Alstom, le 19 décembre, est proprement hallucinant! tant il fait la part belle à Général Electric et ne correspond pas à ce qui avait été négocié et présenté au printemps dernier.
Au-delà des éléments de langage des communicants et de la défense de Patrick Kron, il s'agit, bel et bien de la vente - oserais-je dire, pour un plat de lentilles - d'un des derniers et des plus beaux fleurons de l'industrie française à General Electric.
Pour comprendre les enjeux, il faut rappeler quelques faits. Le marché mondial de la production d'électricité, des turbines, est dominé par quatre entreprises: Siemens, Mitsubishi, General Electric et Alstom. Le groupe français détient 20 % du parc mondial des turbines à vapeur. Il est numéro un pour les centrales à charbon et hydrauliques. Alstom Grid, spécialisé dans le transport de l'électricité, est également un des leaders mondiaux. Mais c'est dans le nucléaire qu'Alstom était devenu un acteur incontournable. Avec 178 turbines installées, il couvre 30 % du parc nucléaire mondial. Ses nouvelles turbines, Arabelle sont considérées comme les plus fiables du monde et assurent 60 ans de cycle de vie aux centrales nucléaires. Arabelle équipe les futurs EPR. Mais Alstom a également des contrats avec Rosatom en Russie et avec la Chine pour la livraison de quatre turbines de 1000 MW. Alstom, faut-il le rappeler, assure la maintenance de l'îlot nucléaire des 58 centrales françaises.


Quelles sont les conséquences sur l'industrie française, notamment sur la filière nucléaire?
On peut dire ce que l'on veut, mais c'est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ces turbines. C'est lui aussi qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français. La golden share que le gouvernement français aurait en matière de sécurité nucléaire n'est qu'un leurre. Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire…


Cela peut-il également avoir des conséquences diplomatiques et géopolitiques? Lesquelles?
Oui, et c'est peut-être le plus grave. Les Etats-Unis sont nos alliés, mais il peut arriver dans l'histoire que des alliés soient en désaccord ou n'aient pas la même approche des problèmes, notamment dans la diplomatie et les relations entre États. Est-on sûrs qu'en cas de fortes tensions entre nos deux pays, comme ce fut le cas sous le Général de Gaulle, la maintenance de nos centrales nucléaires, la fourniture des pièces détachées seront assurées avec célérité par la filiale de GE?
En outre, on a également oublié de dire qu'il donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l'ensemble de notre flotte de guerre. D'ores et déjà, le groupe américain fournit près de la moitié des turbines à vapeur de notre marine, à travers sa filiale Thermodyn du Creusot. Alstom produit le reste, notamment les turbines du Charles de Gaulle et de nos quatre sous-marins lanceurs d'engins. Demain, GE va donc avoir le monopole des livraisons pour la marine française. Que va dire la Commission de la concurrence? Monsieur Macron a-t-il étudié cet aspect du dossier?
Enfin, il est un autre secteur qu'apparemment on a oublié. Il s'agit d'une petite filiale d'Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite. Ces systèmes, installés dans plus de 70 pays, équipent, bien évidemment, nos armées, et des entreprises du secteur de la défense et de l'espace. C'est un domaine éminemment stratégique, car il concerne tous les échanges de données par satellite. General Electric récupère cette pépite. Quand on sait les liens qui existent entre la NSA, les grands groupes américains pour écouter, lire, accéder aux données des ennemis, mais aussi des concurrents, fussent-ils alliés, on voit l'erreur stratégique à long terme que le gouvernement vient de commettre. Le ministère de la Défense a t il donné son avis?

Peut-on aller jusqu'à parler de dépeçage?
Oui car, ne nous y trompons pas, l'histoire est écrite. Patrick Kron, actuel PDG, s'est félicité que les accords avec les Américains permettront à Alstom de vendre, d'ici à trois ou quatre ans, ses participations dans les trois sociétés communes, dans de bonnes conditions… pour les actionnaires. Ce qui restera d'Alstom, la partie ferroviaire qui aura bien du mal à survivre, reversera de 3 à 4 milliards d'euros aux actionnaires dont Bouygues qui détient 29% et qui souhaitait sortir. En fait on fait porter à Bouygues un chapeau trop grand pour lui. Ce n'est pas la raison principale de cette cession. Ni le fait que la branche énergie d'Alstom ne soit pas rentable ( seules les turbines à gaz depuis le rachat catastrophique de l'activité de ABB en 2000 posent problème ).


Que dit le cas Alstom de la désindustrialisation de la France?
Qu'il y a un lien direct entre la désindustrialisation de la France, son déficit abyssal du commerce extérieur, sa perte d'influence dans le monde, la lente attrition des emplois qualifiés et les désastres industriels à répétition que notre pays a connu depuis vingt ans. De Péchiney à Arcelor, en passant par Bull, Alcatel, la Générale de Radiologie et aujourd'hui Alstom, la liste est longue de nos fleurons industriels qui ont été purement et simplement liquidés par l'absence de vision stratégique de la classe politique et de la haute administration, par la cupidité et l'incompétence de certains dirigeants d'entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité. Oui, il y a bien une corrélation entre l'étrange défaite de 1940, qui vit en quelques semaines l'effondrement de notre pays et celle, plus insidieuse et plus longue, qui voit le délitement de notre appareil industriel.
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Re: Alstom

Messagede Ouais_supère le 06 Jan 2015, 11:28

Silverwitch a écrit:Pour Jean-Michel Quatrepoint




Vendredi 19 décembre, dans un complet silence médiatique, les actionnaires d'Alstom ont approuvé à la quasi-unanimité le passage sous pavillon américain du pôle énergie du fleuron industriel. 70% des activités d'Alstom sont donc vendues au conglomérat General Electric (GE). Que cela signifie-t-il concrètement?
Le protocole d'accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l'assemblée générale d'Alstom, le 19 décembre, est proprement hallucinant! tant il fait la part belle à Général Electric et ne correspond pas à ce qui avait été négocié et présenté au printemps dernier.
Au-delà des éléments de langage des communicants et de la défense de Patrick Kron, il s'agit, bel et bien de la vente - oserais-je dire, pour un plat de lentilles - d'un des derniers et des plus beaux fleurons de l'industrie française à General Electric.
Pour comprendre les enjeux, il faut rappeler quelques faits. Le marché mondial de la production d'électricité, des turbines, est dominé par quatre entreprises: Siemens, Mitsubishi, General Electric et Alstom. Le groupe français détient 20 % du parc mondial des turbines à vapeur. Il est numéro un pour les centrales à charbon et hydrauliques. Alstom Grid, spécialisé dans le transport de l'électricité, est également un des leaders mondiaux. Mais c'est dans le nucléaire qu'Alstom était devenu un acteur incontournable. Avec 178 turbines installées, il couvre 30 % du parc nucléaire mondial. Ses nouvelles turbines, Arabelle sont considérées comme les plus fiables du monde et assurent 60 ans de cycle de vie aux centrales nucléaires. Arabelle équipe les futurs EPR. Mais Alstom a également des contrats avec Rosatom en Russie et avec la Chine pour la livraison de quatre turbines de 1000 MW. Alstom, faut-il le rappeler, assure la maintenance de l'îlot nucléaire des 58 centrales françaises.


Un.

Quelles sont les conséquences sur l'industrie française, notamment sur la filière nucléaire?
On peut dire ce que l'on veut, mais c'est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ces turbines. C'est lui aussi qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français. La golden share que le gouvernement français aurait en matière de sécurité nucléaire n'est qu'un leurre. Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire…


Deux.

Cela peut-il également avoir des conséquences diplomatiques et géopolitiques? Lesquelles?
Oui, et c'est peut-être le plus grave. Les Etats-Unis sont nos alliés, mais il peut arriver dans l'histoire que des alliés soient en désaccord ou n'aient pas la même approche des problèmes, notamment dans la diplomatie et les relations entre États. Est-on sûrs qu'en cas de fortes tensions entre nos deux pays, comme ce fut le cas sous le Général de Gaulle, la maintenance de nos centrales nucléaires, la fourniture des pièces détachées seront assurées avec célérité par la filiale de GE?
En outre, on a également oublié de dire qu'il donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l'ensemble de notre flotte de guerre. D'ores et déjà, le groupe américain fournit près de la moitié des turbines à vapeur de notre marine, à travers sa filiale Thermodyn du Creusot. Alstom produit le reste, notamment les turbines du Charles de Gaulle et de nos quatre sous-marins lanceurs d'engins. Demain, GE va donc avoir le monopole des livraisons pour la marine française. Que va dire la Commission de la concurrence? Monsieur Macron a-t-il étudié cet aspect du dossier?
Enfin, il est un autre secteur qu'apparemment on a oublié. Il s'agit d'une petite filiale d'Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite. Ces systèmes, installés dans plus de 70 pays, équipent, bien évidemment, nos armées, et des entreprises du secteur de la défense et de l'espace. C'est un domaine éminemment stratégique, car il concerne tous les échanges de données par satellite. General Electric récupère cette pépite. Quand on sait les liens qui existent entre la NSA, les grands groupes américains pour écouter, lire, accéder aux données des ennemis, mais aussi des concurrents, fussent-ils alliés, on voit l'erreur stratégique à long terme que le gouvernement vient de commettre. Le ministère de la Défense a t il donné son avis?

Peut-on aller jusqu'à parler de dépeçage?
Oui car, ne nous y trompons pas, l'histoire est écrite. Patrick Kron, actuel PDG, s'est félicité que les accords avec les Américains permettront à Alstom de vendre, d'ici à trois ou quatre ans, ses participations dans les trois sociétés communes, dans de bonnes conditions… pour les actionnaires. Ce qui restera d'Alstom, la partie ferroviaire qui aura bien du mal à survivre, reversera de 3 à 4 milliards d'euros aux actionnaires dont Bouygues qui détient 29% et qui souhaitait sortir. En fait on fait porter à Bouygues un chapeau trop grand pour lui. Ce n'est pas la raison principale de cette cession. Ni le fait que la branche énergie d'Alstom ne soit pas rentable ( seules les turbines à gaz depuis le rachat catastrophique de l'activité de ABB en 2000 posent problème ).


Trois.

Que dit le cas Alstom de la désindustrialisation de la France?
Qu'il y a un lien direct entre la désindustrialisation de la France, son déficit abyssal du commerce extérieur, sa perte d'influence dans le monde, la lente attrition des emplois qualifiés et les désastres industriels à répétition que notre pays a connu depuis vingt ans. De Péchiney à Arcelor, en passant par Bull, Alcatel, la Générale de Radiologie et aujourd'hui Alstom, la liste est longue de nos fleurons industriels qui ont été purement et simplement liquidés par l'absence de vision stratégique de la classe politique et de la haute administration, par la cupidité et l'incompétence de certains dirigeants d'entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité. Oui, il y a bien une corrélation entre l'étrange défaite de 1940, qui vit en quelques semaines l'effondrement de notre pays et celle, plus insidieuse et plus longue, qui voit le délitement de notre appareil industriel.


Et quatre.


Le compte est bon, Silverwitch, ton post est validé.


De rien.
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Re: Alstom

Messagede Silverwitch le 06 Jan 2015, 11:37

:roll:

:-D
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Re: Alstom

Messagede DCP le 06 Jan 2015, 11:46

C'est proprement hallucinant cette vente, une entreprise si stratégique et qui en plus n'est pas en situation économique difficile....
« Par exemple, le football, on y joue dans des endroits spéciaux. Il devrait y avoir des terrains de guerre pour ceux qui aiment mourir en plein air. Ailleurs on danserait et on rirait » (Roger Nimier)
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Re: Alstom

Messagede Silverwitch le 06 Jan 2015, 12:02

DCP a écrit:C'est proprement hallucinant cette vente, une entreprise si stratégique et qui en plus n'est pas en situation économique difficile....


C'est bel et bien un "scandale d'État" !
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Re: Alstom

Messagede Waddle le 06 Jan 2015, 14:36

Quelle horreur. Comment encore mieux se mettre sous tutelle américaine.
"La citoyenneté réduite au droit du sang consiste à dire que la République est génétique et non pas spirituelle", Waddle, 2013.

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Re: Alstom

Messagede Hugues le 23 Fév 2015, 18:34

Et si les turbines à gaz d'Alstom restaient françaises !

(Et tant pis si ça vient d'un horrible allié inattendu..)

AFP via FranceTVInfo.fr a écrit:Bruxelles ouvre une enquête approfondie sur le projet de vente du pôle énergie d'Alstom à General Electric

La Commission européenne estime que cette opération pourrait poser des problèmes de concurrence sur le marché des turbines à gaz de haute puissance.

Par Francetv info avec AFP

Mis à jour le 23/02/2015 | 17:19 , publié le 23/02/2015 | 17:12

La Commission européenne a ouvert, lundi 23 février, une enquête approfondie sur le projet de vente du pôle énergie d'Alstom à l'américain General Electric. Bruxelles estime que cette opération à 12 milliards d'euros pourrait poser des problèmes de concurrence sur le marché des turbines à gaz de haute puissance.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a donné son accord, mercredi 5 novembre 2014, pour le rachat des activités énergétiques d'Alstom par l'Américain General Electric.
Une transaction prévue mi-2015

La Commission avait fait savoir en janvier qu'elle se prononcerait d'ici le 23 février sur ce projet de cession. General Electric a dit coopérer avec l'exécutif européen. "Notre objectif est d'obtenir les autorisations réglementaires requises et de finaliser la transaction d'ici la mi-2015", a déclaré le groupe américain dans un courriel.

Des "problèmes de concurrence pourraient se poser sur le marché des turbines à gaz de haute puissance, principalement utilisées dans les centrales au gaz. L'opération réunirait les activités de GE et d'Alstom, évinçant ainsi de ce marché l'un des trois principaux concurrents de GE dans le monde", explique la Commission dans un communiqué.


Hugues
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Re: Alstom

Messagede Hugues le 14 Avr 2015, 22:56

Décidément les enfants de la CGE que sont Alcatel et Alstom (leur historique dans ce message du forum) ont un triste destin :?

Et chaque fois, hélas, avec l'assentiment ou la complicité du gouvernement.

FranceTVInfo.fr a écrit:Nokia-Alcatel : une fusion annoncée
Nokia et Alcatel pourraient annoncer dès mercredi 15 avril leur fusion.

Mis à jour le 14/04/2015 | 20:27 , publié le 14/04/2015 | 20:24

Les discussions ont commencé entre Nokia et Alcatel, ce mardi 14 avril. Elles sont en passe d'aboutir à la création d'un géant de la télécommunication. Les deux PDG étaient reçus à l'Élysée ce mardi. Entre les deux entreprises, les discussions ont été cordiales, mais la fusion sera inégale. En bourse, Nokia pèse aujourd'hui 30 milliards d'euros, presque trois fois plus qu'Alcatel (11 milliards). Il s'agit bien d'un rachat.

Une renaissance

Pour le Finlandais Nokia, c'est une renaissance, l'ex-star du portable a raté le virage du smartphone, mais depuis trois ans, il réussit sa mutation dans l'équipement de réseau. Le même secteur qu'Alcatel, en pleine crise, depuis sa fusion ratée avec l'Américain Lucent. 18 000 emplois ont été supprimés dans le monde en moins de dix ans.

Au bord de la faillite, Alcatel compte aujourd'hui sur cette nouvelle fusion pour devenir plus grand et plus compétitif. Le gouvernement promet que ce ne sera pas au prix de l'emploi. Les salariés inquiets ont demandé à être reçus au plus vite par le ministre de l'Économie


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Re: Alstom

Messagede Stéphane le 15 Avr 2015, 09:41

Effectivement, c'est pas du tout une fusion qui est annoncée.

Vous aurez droit à 0.55 actions Nokia pour une action Alcatel.
Ouais_supère a écrit:Stef, t'es chiant
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Re: Alstom

Messagede Silverwitch le 15 Avr 2015, 15:25

Remarquable tribune de Jean-Philippe Tanguy et Nicolas Dupont-Aignan publiée sur Le Figaro:

Alcatel-Lucent : l'autre suicide français

Extraits:

L'alternance socialiste n'a fait qu'allonger la litanie des champions industriels français bradés à l'étranger. Après l'acier d'Arcelor, l'aluminium de Pechiney, la chimie de Rhodia, c'est l'électricien Alstom, le cimentier Lafarge et maintenant le champion des télécoms Alcatel. Ce pillage systématique est aggravé par les pertes de contrôle de la France sur d'autres fleurons comme Peugeot ou par l'inaction suicidaire de l'État sur Areva dans la filière nucléaire.
En réalité rien n'a changé ici quand tout a changé ailleurs, notamment aux États-Unis. Par une ironie aussi tragique que révoltante, les projets de Nokia font suite au succès industriel atteint la semaine passée par le bourreau d'Alstom, l'américain General Electric: en seulement sept années, le conglomérat s'est débarrassé de toutes ses activités financières pour redevenir un géant d'une industrie de pointe relocalisée sur le sol national.


Le scénario est toujours le même. Une pépite française se remet juste des difficultés liées à la crise. Elle voit le bout du tunnel mais reste fragile. Une concurrente étrangère vient alors en prendre possession, généralement avec l'accord très intéressé du management, en prétendant la sauver. Le gouvernement socialiste commence alors sa comédie, exigeant des garanties sur la production et l'emploi qui n'ont pas plus de valeur que le communiqué de presse qui en fait acte. Parfois, on prétend former un futur champion européen, comme si une telle ambition se jouait spontanément à la corbeille des marchés financiers. La France se réveille finalement, dans les semaines, les mois, les années qui suivent avec la gueule de bois, le goût amer d'accords bafoués comme Alstom ou de sites rayés de la carte comme ArcelorMittal


Si le pillage Alstom marquait une rupture dans notre perte de souveraineté industrielle, sans doute celui d'Alcatel plombe définitivement tout espoir d'une reprise industrielle rapide. Littéralement dépouillée de ses bras armés industriels, la France ne pourra reprendre espoir qu'en récupérant purement et simplement ses actifs perdus. Il n'est plus temps de parler de désindustrialisation. La France s'est désindustrialisée, victime d'une mondialisation qui n'est que l'excuse des lâchetés et de la duplicité d'une certaine élite: une bien étrange défaite.
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Re: Alstom

Messagede Cortese le 15 Avr 2015, 15:35

On pourrait réponde que si les Américains relocalisent et reconstruisent une industrie nationale, c'est parce que le patronat a obtenu en 30 ans le retour aux conditions de travail des salariés de 1914.
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Re: Alstom

Messagede Silverwitch le 15 Avr 2015, 15:43

Cortese a écrit:On pourrait réponde que si les Américains relocalisent et reconstruisent une industrie nationale, c'est parce que le patronat a obtenu en 30 ans le retour aux conditions de travail des salariés de 1914.


Ne t'en fais pas, la France n'y échappera pas non plus, puisque c'est la loi d'airain de la "mondialisation" à laquelle il n'y a pas d'alternative, puisque on nous le dit sur tous les tons ! On y vient aussi, la désindustrialisation de la France, c'est simplement la cerise sur le gâteau.

« La France n’a pas réformé ces dix dernières années, explique dans un anglais parfait M. Macron. Nos entreprises perdent des parts de marché, leurs marges sont trop faibles, nos gains de productivité trop lents. » Pour le jeune homme de 37 ans, « le fait que la France soit l’un des pays qui protège le plus ses travailleurs est l’une des explications de son taux de chômage à 10 % ». « Protéger des salariés peut aussi tuer des opportunités pour les autres », poursuit-il, appelant à plus de « flexisécurité ». « Il faut accélérer les réformes parce que les Français veulent des jobs et une vie meilleure. »


Macron, un social-libéral désormais décomplexé
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Re: Alstom

Messagede Cortese le 15 Avr 2015, 15:46

La des-industrialisation c'est du chantage, ni plus ni moins.
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Re: Alstom

Messagede Shoemaker le 15 Avr 2015, 16:21

A moyen terme, c'est un défi perdu d'avance. Comment, en supposant même que la France se re-souverainise (si j'ose dire) (sortie de l'Euro et de la dictature de Bruxelles), comment lutter contre ce "monde globalisé" où on peut produire tout et n'importe quoi, à des SMIC de quelques dizaines d'Euros...
On sait bien que l'Allemagne par exemple, pour pas aller très loin, lorgne sur l'Ukraine avec rage, pour bénéficier d'une main d'œuvre juste à côté, avec un prolétariat ultra sous payé. On ne peut rien faire contre une telle dérive. Si David a pu battre Goliath, c'est que Dieu est intervenu. Sinon, je ne parierais pas un kopeck sur David !
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Re: Alstom

Messagede Silverwitch le 15 Avr 2015, 16:23

Shoemaker a écrit:A moyen terme, c'est un défi perdu d'avance. Comment, en supposant même que la France se re-souverainise (si j'ose dire) (sortie de l'Euro et de la dictature de Bruxelles), comment lutter contre ce "monde globalisé" où on peut produire tout et n'importe quoi, à des SMIC de quelques dizaines d'Euros...


Avec des droits de douane, pardi !
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